Kikisbackpackingtour  –  Blog voyages

Colombie – Côte Caraïbes (1/4) : Capurgana et Sapzurro, paradis sauvages

Au cœur de l’Amérique latine et pourtant tellement isolés du monde… Les minuscules villages de Sapzurro et Capurgana (à peine quelques centaines d’habitants chacun) sont perdus à l’extrême sud-ouest de la côte caraïbe de la Colombie, tout au bord de la frontière avec le Panama. Connus des colombiens et des guides de tourisme, ils sont encore très peu fréquentés, car y accéder n’est pas vraiment facile. Dans cette région qui forme une sorte de goulot d’étranglement entre l’Amérique centrale et du sud, une jungle épaisse (la jungle du Darien) barre toute possibilité de circulation, tant vers le Panama que vers le reste de la Colombie. Pas de route ici (c’est le seul endroit entre l’Alaska et la Patagonie où la Panaméricaine s’interrompt !), on circule en bateau, ou à pied à travers la forêt. Pour venir, il faut soit prendre un avion qui atterrit deux fois par semaine sur la petite piste de Capurgana, soit se rendre dans les villages de Turbo ou de Necocli, de l’autre côté du golfe d’Uraba (9h30 de bus depuis Medellin, quand même), d’où on peut prendre le lendemain matin un bateau qui rejoint Capurgana en 1h30 à 2h30 (qui peut être assez éprouvant vu la vitesse…Pour nous le trajet retour à été un calvaire : 1h30 à pleine vitesse à se prendre en permanence les vagues en pleine face vu qu’il n’y a pas de bâches sur les côtés… L’expérience doit être assez proche de celle qu’on vit si on s’enferme dans une machine à laver !). Disons qu’il faut le vouloir !

Alors pourquoi venir dans ce coin si isolé ? Première raison : un cadre naturel exceptionnel ! Face au village, la mer turquoise des caraïbes, précédée de ses plages de sable blanc ponctuées de cocotiers. Derrière, les collines recouvertes de jungle. Pas mal, non ?

Quand on arrive à Capurgana un samedi matin on est quand même une centaine de personnes à arriver avec les deux bateaux qui assurent la liaison (dont quelques étrangers à peine, et beaucoup de touristes colombiens qui viennent pour le weekend). Du coup, Capurgana nous fait l’impression d’être envahi, et contrairement à nos projets initiaux, on décide de s’évacuer et de se rendre tout de suite à Sapzurro, le village voisin. On saute dans une barque à moteur, et c’est parti. 10 minutes plus tard, on arrive dans une version miniature de Capurgana, beaucoup plus tranquille : aucun touriste à l’horizon, ou quasiment !

A peine descendus du bateau, on engage la conversation avec une grand-mère qui vend des glaces et qui prend le frais sous un arbre sur la place du village. On lui dit qu’on est à la recherche d’un logement, elle nous conseille de parler avec la dame qui tient la mini tienda juste à côté. C’est ainsi qu’on fait la connaissance de Doña Guille, qui se trouve être la propriétaire d’une petite casita 100 mètres plus loin, qu’elle nous propose de nous louer pour un prix très raisonnable. Elle envoie son frère nous faire visiter et on tombe tout de suite sous le charme de cette petite maison toute simple mais incroyablement bien située, face à la mer, avec un bout de plage juste devant le jardin ! A nos yeux c’est franchement LE paradis, et on s’y installe avec plaisir.

                                                         Notre casita pour 5 jours !

                                                       Vue de chez nous !

On écrivait plus haut que le cadre de ouf était la première raison de venir ici. La deuxième, c’est la douceur de vivre qui règne ici, comme peu d’endroit en réservent. A Sapzurro la vie s’écoule tranquillement, sans stress. Doucement le matin, pas trop vite l’après midi… Les gamins jouent dehors, les anciens prennent l’air devant leur maison, on papote sous le cocotier de la place, et surtout, surtout on ne se prend pas la tête ! Pas de voiture, bien sûr, dans les petites allées du village on se déplace à vélo ou à pied (très nonchalamment : le pas traînant est une marque de fabrique du village !), le calme règne, pas de pollution ni sonore ni olfactive. On a l’impression que tout se déroule au ralenti, et c’est ultra reposant ! Quelques jours sur places suffisent pour qu’on soit identifiés comme les gringos du village qui vivent chez Doña Guille et de fil en aiguille on a l’impression de connaître presque tout le monde : les voisins, le vendeur de glaces, le coiffeur dont le salon résonne au son du reggaeton, la petite nana qui fait les pédicures à toutes les femmes du villages (et devinez qui a craqué… ?)… D’ailleurs quand on prend l’apéro devant notre casita, il y a toujours quelqu’un pour s’arrêter et tchatcher avec nous.

Ah, au fait, on ne vous a pas dit mais depuis notre départ de Medellin on n’est plus seulement tous les deux, on voyage avec notre pote Aurélia, qu’on avait rencontrée au Cambodge il y a deux ans pendant notre tour du monde et qui vient de nous rejoindre pour deux semaines ! Elle avait découvert la Colombie il y a dix ans et rêvait d’y retourner, on y était… L’occasion de voyager ensemble était trop belle ! C’est donc tous les trois que pendant cinq jours on se laisse vivre au rythme paisible de Sapzurro !

Le village de Sapzurro compte plusieurs petites plages très agréables avec sable blanc, cocotiers et mer très calme (car le village est installé au fond d’une vaste baie), où on passe la plupart de nos journées.

Pour varier les plaisirs, on décide aussi d’aller faire un tour du côté de la plage de La Miel, qui se trouve à 20-30 minutes de marche de Sapzurro. Il suffit de grimper la colline à laquelle est adossé le village, et de redescendre de l’autre côté. La particularité, c’est qu’on passe alors la frontière et qu’on se retrouve au Panama ! A priori c’est la frontière la plus cool qu’on ait jamais eu à franchir ! Du coup il faut prendre son passeport car il y a un petit poste frontière à passer en haut de la colline. « Prends ton passeport, on va à la plage ! », ça nous a quand même fait marrer ! En réalité, quand on est passés le poste frontière était désert, les douaniers avaient apparemment eu la flemme de venir… On est donc passés sans autre formalité, justes un peu déçus de l’occasion ratée d’ajouter un tampon à notre passeport (ah, le côté collectionneurs… J )

La plage de La Miel, après le minuscule village du même nom, est effectivement très belle, dans un superbe cadre sauvage. Dommage, quand même, qu’elle soit par endroit très sale… Du coup, et même si la découverte vaut le coup, pour les jours suivants on ne rééditera pas l’expédition et on restera sur les plages de Sapzurro.

On retourne aussi une fois à Capurgana, à pied. Là encore, il faut grimper puis redescendre une colline à travers la jungle. La balade est l’occasion d’avoir une belle vue d’en haut sur la baie de Sapzurro puis celle de Capurgana.

Une fois arrivée, par comparaison avec Sapzurro, Capurgana nous fait l’impression d’un gros village agité. Bon, tout est relatif, mais indéniablement on ne retrouve pas la même atmosphère totalement paisible. On profite de notre passage pour se réapprovisionner (il n’y a vraiment pas grand-chose dans les tienda de Sapzurro), pour se connecter un peu au wifi pour organiser la suite de notre voyage (à Sapzurro il n’y a pas de wifi, sauf dans la salle informatique de l’école mais qui n’est ouverte que de temps en temps et en réalité il ne marche pas vraiment), et aussi (et surtout) pour aller manger chez Joséphina, un restau installé dans une petite cabane sur la plage où on peut manger d’excellents fruits de mer. L’endroit est super, on choisit l’un des crabes que Joséphina nous présente, tellement énorme qu’il suffira à préparer un repas complet pour trois : la chair des pinces va servir à préparer un ceviche pour l’entrée, qui arrive dans des petites coupelles en beignets de bananes, puis en plat principal c’est le crabe lui-même qui est servi dans une délicieuse sauce fumée, accompagné de riz coco… Bref, c’est bien contents et repus qu’on repart (en bateau, faut pas trop exagérer sur les efforts non plus) !

Bref, même si le temps semble s’écouler lentement à Sapzurro, finalement 5 jours, ça passe vite ! C’est à regret qu’on quitte le village, mais notre voyage touche à sa fin et le temps commence à nous être compté… Or, il reste tellement à découvrir sur la côte Caraïbe colombienne !

Prochaine étape : Cartagena, « la perle des Caraïbes » !

Infos pratiques

Bus Medellin – Necocli : Trois compagnies assurent la liaison au départ de la gare routière Nord de Medellin. Trajet 9h30, tarif 70.000 COP

Hostal à Necocli : on a dormi au Palma Real, basique mais correct, 30.000 COP par personne en chambre simple ou double avec SDB.

Bateau Necocli – Capurgana : les départ se font le matin à 8h. Mieux vaut s’être inscrit la veille (notre hostal l’a fait gratuitement pour nous), et arriver vers 7h30. Le tarif (non négociable) est de 70.000 COP par personne, plus la taxe portuaire de 2600 COP, et une surcharge bagage de 1.000 COP par kilo au-delà de 10 kilos (pour les gros sacs ; les petits sacs à dos et bagages à mains n’ont pas été pesés).

Bateau Capurgana – Sapzurro : on trouve facilement une barque à moteur au niveau du ponton, trajet 10 minutes, tarif 10.000 COP

Logement à Sapzurro : il y a plusieurs maisons qui font hospedaje ainsi que deux hôtels dans le village. Pour la maison qu’on a loué (deux chambres, salon, cuisine, face à la mer), s’adresser à Doña Guille, à la tienda juste à droite au bout du ponton. Tarif par personne et par nuit : 35.000 puis 30.000 COP (à partir de la 3e nuit).

Ravitaillement à Sapzurro : quelques mini tienda avec le strict minimum, quelques petits restau. On peut faire des courses à Necocli avant le départ.

Restau Capurgana Josephinas : il y a le choix entre plusieurs plats de poisson et fruits de mer, mais le crabe est vraiment incroyable ! Il coute entre 100.000 et 120.000 COP selon la taille (accompagnements compris), et est tout à fait suffisant pour trois.

4 reflexions sur “Colombie – Côte Caraïbes (1/4) : Capurgana et Sapzurro, paradis sauvages

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *