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Kampot, Kep, Koh Tonsai : une virée sur la côte cambodgienne

Après avoir pris une dose de vie citadine à Phnom Penh, on prend la direction du sud Cambodgien. Première étape, la petite ville de Kampot, à 3-4h de bus de Phnom Penh.

Kampot et ses environs

Kampot, c’est une (toute) petite ville située légèrement en retrait de la mer, le long d’une rivière d’où, le soir, on peut voir partir l’armada des bateaux de pêche. C’est peu dire que l’atmosphère est paisible ; la ville a quelque chose d’endormie, avec ses quelques petites rues calmes bordées de maisons d’architecture coloniale un brin défraichie.

Arrivés à Kampot, on se met en quête d’une guesthouse où passer quelques jours. On tombe, devant l’office du tourisme, sur une pub pour un endroit un peu à l’écart de la ville, qui à l’air vraiment sympa (petites huttes et piscine naturelle pour pas cher). Ni une ni deux, on loue un scooter (à la nana de l’office du tourisme), et nous voilà partis avec les gros backpacks en équilibre sur le scoot, pour parcourir les quelques kilomètres (d’abord sur route, mais ensuite sur piste…) : c’est ce qu’on appelle une arrivée à la Cambodgienne !

On passe trois jours à Kampot ; en ville même, il n’y a vraiment pas grand-chose à faire, hormis se poser pour un petit café ou un petit mojito (tout dépend de l’heure, hein !). Par contre, les environs valent le coup d’œil.

L’une de nos balades nous emmène jusqu’au sommet du Bokor, une petite montagne (1000 mètres d’altitude) que l’on rejoint en 1 heure de scooter sur une très bonne route en lacets qui serpente à travers la jungle et offre de superbes points de vue sur la plaine et l’océan en contrebas.

En haut, l’ambiance est un peu spéciale : l’endroit abrite les vestiges d’une ancienne « station d’altitude » construite à l’époque coloniale pour les colons puis les riches cambodgiens, afin de les reposer de la chaleur de Phnom Penh, et abandonnée en 1950 puis en 1965 après une tentative de réhabilitation. Hôtels imposants, quelques villas, vestiges d’une église, d’une poste, le tout quasi désert : il règne une atmosphère de ville fantôme.

Mais l’ambiance devrait rapidement changer, puisqu’un projet de réouverture de la station est en cours, et lors de notre passage les travaux avaient commencé (et un hôtel semble avoir ouvert). Bizarre, vu que la station a déjà échoué deux fois à cause du climat : en fait le sommet est très souvent noyé dans le brouillard (d’ailleurs on n’a pas du tout pu profiter de la vue sur le golf de Thaïlande depuis là haut).

Notre visite est marquée par une petit péripétie : alors qu’on passe au niveau du petit lac artificiel du plateau, on se fait alpaguer par un mec qui nous propose de nous offrir un tour de pédalo ou de canoë, et qui nous explique qu’il travaille pour la chaîne de télé nationale du Cambodge (KTV) ; lui et son équipe réalisent un petit clip sur le Bokor, et bref, ça ferait mieux si il y avait deux – trois couillons sur le lac en train de faire semblant de s’amuser. Ca nous a fait marrer et donc on s’est empressés d’accepter. Bon, on a quand même sauvé un minimum de dignité : on a refusé le pédalo – cygne kitchissime à souhait et on s’est contentés du canoë. Et voilà comment on fait ses grands débuts à la télé nationale cambodgienne : Hollywood, nous voilà !!

Une incursion vers Kep

Une autre virée d’une journée nous mène vers la petite ville de Kep, situé à une trentaine de kilomètres plus à l’est. La route (toute neuve) qui relie Kampot à Kep traverse une plaine assez aride, parsemée de champs et de maisons isolées.

Quant à Kep, il s’agit d’une petite ville installée sur une langue de terre avancée sur l’océan. La ville est peu peuplée mais s’étend sur des kilomètres, le long de la côte, face à l’océan et autour d’une chaîne de collines luxuriantes à laquelle elle s’adosse. L’ambiance est sympa, les gens du coin s’installent un peu partout le long de la côte pour pique-niquer… et défendre leur repas contre les singes qui descendent des collines et tentent de se servir dans les plats, parfois de façon assez agressive !

La ville est connue pour son crabe, pêché en abondance et cuisiné de diverses façons mais avant tout avec une merveilleuse sauce au poivre de Kampot, cultivé dans les environs et considéré comme l’un des meilleurs poivres du monde.

C’est donc avant tout pour visiter le petit marché aux crabes, installé sur un ponton directement sur l’océan, et pour déguster un bon repas de fruits de mer, qu’on a décidé de faire une petite escale ici. Résultat des courses : mission accomplie ! Le marché aux crabes est sympa, et le repas, chez Kimly, (qu’on recommande mille fois !!) est un véritable festin : crabes, crevettes, calamars avec une sauce crémeuse au poivre vert…. Inoubliable !! On en garde un souvenir ému et on confirme que le poivre de Kampot… c’est délicieux !

Après ces réjouissances gastronomiques, on se remet en route pour aller visiter une plantation de poivre. On atterrit dans la plantation Sothy’s, pour une petite visite guidée très instructive ; maintenant on sait quelle est la différence entre les 4 couleurs de poivres ! Allez, pour ceux que ça intéresse, petite explication : le poivre pousse en grappes et est d’abord vert. Il peut être cueilli lorsqu’il est encore vert, c’est-à-dire avant d’être arrivé à maturité (c’est alors du poivre frais), et il doit être consommé rapidement, il ne se conserve pas bien. Le poivre rouge est récolté une fois par an, c’est le poivre qui a muri. Le poivre noir est du poivre qui a été cueilli vert mais qui a séché au soleil quelques jours. Enfin le poivre blanc est un poivre qui a été épluché : c’est l’intérieur du grain. Tous les grains d’une même grappe ne changent pas de couleur en même temps, et les grappes sont donc cueillies alors qu’elles comportent à la fois du poivre vert (qui sera mis à sécher pour devenir noir) et du poivre rouge. Alors, il vous plait notre petit cours sur le poivre ?

Au passage, on signale un bon plan wwoofing au Cambodge : la plantation Sothy’s accueille des volontaires qui sont chargés, après une petite formation, de mener les visites guidées. C’est d’ailleurs un wwoofer français, Laurent, qui nous a fait visiter les lieux. Apparemment, les mails de candidature ne reçoivent pas souvent de réponse mais il suffit de se pointer sur place. Avis aux amateurs !

On aura apprécié notre passage à Kampot et Kep, mais le moment qu’on attendait surtout, c’est celui de se rendre sur Koh Tonsai, autrement nommée « l’île aux lapins ». Et c’est au bout de trois jours que ce grand moment arrive.

Koh Tonsai, un petit paradis sur terre

C’est depuis Kep qu’on embarque pour se rendre sur Koh Tonsai. Après une traversée d’une vingtaine de minutes, on arrive sur l’île. L’endroit est vraiment magnifique et depuis le bateau, la vue sur la plage de sable bordée de cocotiers et sur les collines verdoyantes en arrière plan est vraiment superbe.

L’île est toute petite, et n’est habitée que par quelques familles, qui pour la plupart vivent côté ouest, au bord de la plage d’environ 300 mètres de long. Ces habitants ont construit quelques cabanes en bois autour de celles qu’ils habitent, qu’ils proposent aux voyageurs. Confort minimum, électricité seulement pendant 2 heures le soir, des hamacs sous les cocotiers : ambiance robinson assurée !

L’environnement est calme et préservé, pas une goutte de béton ne vient dénaturer l’endroit, et la fréquentation est raisonnable (en tout cas en avril) : quelques dizaines (maxi !) de visiteurs se rendent sur l’île pour la journée, et le soir, après leur départ, les voyageurs restant sur l’île se comptent sur les doigts de 2-3 mains ! Au final, les habitants restent plus nombreux que les visiteurs, et comme vous vous en doutez, c’est super agréable !

Pas de doute, on va être bien ici pendant trois jours !

Le programme est chargé : une petite baignade, une sieste dans un hamac, un repas de délicieux poissons grillés et fruits de mer les pieds dans le sable à l’ombre d’un cocotier à quelques mètres de la mer, un petit massage, et puis un bon dodo dans notre petite cabane, bercés par le bruit des vagues…

On a quand même eu des velléités d’activité physique, et le 2e jour, on se lance dans un tour de l’île, en 2h de marche. Bon, on aurait pu s’abstenir, il n’y a rien à voir et les paysages ne sont pas exceptionnels (hormis une assez belle plage à 10 minutes de marche), le plus beau coin reste vraiment celui où sont installés les guesthouses. Ca nous apprendra à sortir du hamac !

Sur l’île, on a par ailleurs la surprise de retrouver deux voyageurs qu’on avait rapidement croisés au Laos sur le plateau des Bolavens, Aurélia et Samade ; ils restent quelques jours à Koh Tonsai également, ce qui nous permet de mieux faire connaissance et de partager de bons moments, notamment autour de quelques mojitos sur la plage en admirant le coucher de soleil !

En conclusion, on ne peut que recommander de venir passer quelques jours sur Koh Tonsaï, ce magnifique havre de paix…. Et mieux vaut le faire assez rapidement, car malheureusement ce petit paradis est gravement menacé par un projet de construction d’un resort et d’une marina, qui devraient voir le jour d’ici quelques années….Alors, vite, à Koh Tonsaï pendant qu’il est encore temps !

Infos pratiques

– Bus Phnom Penh – Kampot : 18000 ryels par personne avec Capitol Tour, 4 h de route
– Guesthouse à Kampot : Bohemiaz Guesthouse (près de Kampot) : petite hutte très sympa avec sdb négociée à 10$ par nuit. La GH est à quelques kilomètres de la ville, prévoir un scooter
– Location de scooter à l’office du tourisme : 5$ par jour
– Bus Kampot – Kep : 3$ par personne, ou tuktuk 8$
– Bateau pour Koh Tonsaï : quand on reste dormir sur l’île, le billet est plus cher, en principe à 10$ (négociable à 9$)
– Guesthouses sur Koh Tonsaï : il y en a 6 ou 7, elles se valent toutes, et la nuit est partout à 8$ (négociable à 7$ si on reste plusieurs nuits)
– Sur l’île, malgré l’isolement les tarifs de la nourriture et des boissons restent raisonnables (mais évidemment, rien pour faire des courses)

4 reflexions sur “Kampot, Kep, Koh Tonsai : une virée sur la côte cambodgienne

  1. trille-houssin

    oui, votre cours sur le poivre est très instructif !!! Nous serons incollables sur le poivre vert, noir, rouge et blanc !! merci !!
    je me demande bien pourquoi vous avez été attirés par l’île aux » lapins » ????( j’ai quand même ma petite idée !!)

  2. Yoda

    Avons cherché KTV mais n’avons pas encore vu le reportage des Kikis en plein effort dans le Kayak. Sur le poivre, fort instructif est votre reportage.
    Les Mojitos, c’est un avant gout pour l’Amérique du sud ?
    Yoda

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