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Date de dernière mise à jour : le 11 octobre 2016 à 1 h 46 min

La douceur de vivre à Sucre

Après notre passage à Potosi, l’heure est venue de prendre la direction de la capitale bolivienne, Sucre (prononcer « Soucré »), située à 2500 mètres d’altitude entre l’altiplano et les plaines de l’est. Et c’est une belle découverte qui nous attend !

Sucre, la ciudad blanca

Sucre est une très jolie ville. Le centre ville, de taille raisonnable, est entouré par les montagnes et est composé de maisons aux toits de tuiles et aux façades blanches, qui ont valu à la ville son surnom de ciudad blanca. Comme à Potosi, balcons en fer forgé et bow-windows en bois agrémentent les façades, globalement beaucoup plus entretenues. La ville est assez moderne et très animée, en particulier autour de sa plaza 25 de Mayo, du parc bolivar, du Mercado central et de son homologue le Mercado Campesino (encore plus bordélique), où une foule hétéroclite se presse. Le seul bémol (mais léger) tient à la pollution qui se ressent beaucoup dans les rues du centre, où les véhicules (pourtant pas si nombreux) auraient pour la plupart bien du mal à obtenir la pastille verte… On en apprécie d’autant plus le quartier de la Recoleta, qui, à quelques encablures du centre, est bien plus calme, avec ses ruelles peu fréquentées, et qui, situé en hauteur, offre une belle vue sur la ville.

Dès notre arrivée, on se sent bien à Sucre, et on décide d’y rester une petite dizaine de jours. On en profite pour prendre des cours d’espagnol, histoire de se perfectionner et de structurer un peu notre apprentissage oral de tous les jours. 10h-12h30 chaque matin, le rythme est tranquille (« qui veut voyager loin ménage sa monture »), et l’ambiance est bonne avec notre super prof, Carla, qui a terminé ses études d’espagnol et apprend désormais le français, avec pour projet de venir en France l’année prochaine en tant qu’assistante d’espagnol dans un collège ou un lycée.

On prend nos habitudes ici, on vaque à nos petites occupations, on va en cours, on hante le marché, on goûte les spécialités locales (à commencer par l’incontournable chocolat de Sucre), et au final on aura plus le sentiment d’avoir « habité » à Sucre pendant 10 jours, que d’avoir seulement visité Sucre. On se dit que c’est une ville où on aurait pu apprécier de vivre (ce qui n’est pas si fréquent).

Sucre côté visites

On aura quand même visité pas mal de choses à Sucre durant notre séjour ! Il faut dire que la ville compte plusieurs monuments ou musées intéressants.

La casa de la libertad, située sur la plaza 25 de mayo, est un très beau palais colonial qui revêt une importance historique particulière pour la Bolivie, puisque c’est dans ses murs qu’a été proclamée l’indépendance en 1825, avant que le bâtiment ne devienne le siège du pouvoir législatif. La (rapide) visite guidée est instructive sur l’histoire de la Bolivie, son indépendance et ses difficultés avec les pays voisins.

Le couvent de la recoleta, qui domine la ville depuis les années 1600, est également une belle visite, même si malheureusement l’expéditive visite guidée est beaucoup plus axée sur la présentation des œuvres exposées dans les locaux, reconvertis en musée (art religieux dans tout son ennui : ça saigne, ça pleure, le christ a beaucoup souffert), que sur le bâtiment en lui-même avec son église attenante et ses jolis cloîtres fleuris. On a quand même réussi un peu à imposer notre style pour prendre quelques photos des cloîtres et pouvoir vous en faire profiter !

A deux pas du couvent, le musée de l’art indigène est un incontournable de la ville. Géré par une fondation qui a pour but de revitaliser l’art textile des peuples indiens et de le sauver de la disparition, il expose de magnifiques tissus (certains très anciens –jusqu’à 2000 ans-, d’autres contemporains) fabriqués par les différents peuples de la région, pour montrer « la complexité et la profondeur créatrice de la pensée ethnoculturelle ». On admire les œuvres des indiens Tinguipaya et llameros, dont les textiles évoquent « le monde d’en haut » (oiseaux, étoiles, soleil…) avec des formes très géométriques, et celles des indiens Jalq’a, qui, uniquement en noir et rouge, détaillent un monde souterrain fantastique sur le thème de l’obscurité et du chaos. Un seul tissu nécessite environ 4 mois de travail !


Enfin, on fait un passage par la fac de droit de Sucre. Non pas qu’on soit nostalgique de nos années étudiantes ni qu’on fasse la tournée des facs de droit dans chaque pays, mais celle là est symbolique. Comptant parmi les plus importantes du continent, elle est connue comme étant à la pointe de la réflexion sur les droits sociaux et pour les idées contestataires qui s’y développent. Parmi les hauts faits d’armes des étudiants de Sucre : avoir, en 1992, interdit l’accès des locaux au roi et à la reine d’Espagne, en visite officielle ! Comme quoi une fac de droit n’est pas nécessairement un foyer réactionnaire !

Le Marché de Tarabuco : plongée dans un autre monde

Chaque dimanche se tient un important marché dans le village de Tarabuco, à 60 kilomètres de Sucre, pour lequel on vient de loin. Habitants de Sucre, indiens yampara et  tarabucos, affluent de toute la région.

On délaisse le « bus touriste » et on prend le bus régulier. C’est l’occasion de contacts avec les passagers boliviens. On est placé au centre de l’attention lorsqu’une grand-mère monte dans le bus, qui est plein, et que Célia lui laisse sa place. La grand-mère s’exclame, haut et fort (et en espagnol bien sur) : « he bein maintenant il faut que ça soit les américains qui se lèvent ! ». On lui précise tout de suite, évidemment, qu’on n’est pas du tout américains. Mamita en prend bonne note et se lance dans une leçon de morale à destination des petits jeunes du bus. En gros : « Les européens sont bien élevés eux, ils sont respectueux, c’est pas les boliviens qui se lèveraient pour mamita, y’a un problème d’éducation ici », etc, etc. Tout le monde se marre pendant qu’elle rumine et qu’on se fait discrets, un peu gênés de la scène ; un peu plus tard elle bousculera tout le monde (jeunes comme vieux) pour descendre la première…

Quand on arrive au marché, qui s’étend à travers tout le village de Tarabuco, c’est un autre monde. Les indiens venus des montagnes avoisinantes arborent leurs tenues traditionnelles, différentes pour chaque peuple : capes colorées (rouges et orange, violet et noir…), chapeaux atypiques (dont la Montera, en forme de casques de conquistador, ou la Joq’ullu, chapeau coloré en laine), différents selon le village d’origine. La « République plurinationale de Bolivie » est ici représentée dans toute sa diversité, ou presque.

On vient acheter ses légumes, des vêtements et du matériel divers, on en charge son awayos (ce tissu carré de toutes les couleurs qui sert à transporter un bébé ou des courses dans le dos), son camion ou son âne avant de repartir dans les montagnes.

Quant à nous, on se mêle à la foule assez timidement. Les gens sont assez fermés, il est difficile d’échanger un regard et, plus encore, un sourire. Les choses s’améliorent à partir du moment  où on a fait nos courses et où on se trimballe notre petit sac de légumes… Là, on nous interpelle à plusieurs reprises pour nous demander ce qu’on a acheté et ce qu’on va cuisiner. Le touriste, à Tarabuco, n’a pas trop la cote !

Bref, Sucre et sa région nous ont enthousiasmés, et si vous passez par la Bolivie, on conseille vraiment de venir ici et d’y consacrer un peu de temps !

Infos pratiques

Bus Potosi – Sucre : 3h de route négocié à 35 bolivianos pour 2.

Hostal Dolce Vita : chambre double SDB partagée 100 bolivianos parce qu’on est resté plus de 5 nuits. Un des meilleurs hostal que l’on ait vu. Super confortable et propre, très bien située et très calme.

Sucre – Aéroport Alcantari (nouveau en service depuis mai 2016) : mini-bus réguliers direct aéroport, 8 bolivianos par personne. Les mini-bus se prennent Avenida Gregorio Donoso et Calle Camargo.

Vol Sucre – La Paz :  280 bolivianos par personne, en prenant les billets une semaine avant pour un lundi matin.

6 reflexions sur “La douceur de vivre à Sucre

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