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Medellin, une ville aux milles facettes

Et nous voilà à Medellin, cette ville immense de Colombie (3,5 millions d’habitants), capitale de la région d’Antioquia, terre historique du peuple Paisa. Construite tout en longueur le long d’une vaste vallée qui s’étire du nord au sud, hérissée de hautes tours, elle est encadrée par les montagnes à l’ouest et à l’est, dont les flancs sont progressivement recouverts par de nouveaux quartiers, comme si la ville grimpait peu à peu vers les sommets. Le rio Medellin coupe la ville dans toute sa longueur et la divise en deux rives ouest et est ; parallèles au rio, la ligne de métro aérien et la voie rapide, sont les deux axes de circulation principaux de la métropole. Bénéficiant d’un climat tempéré toute l’année, Medellin est surnommée « la ville du Printemps éternel » (surnom qu’elle partage notamment avec… Kunming en Chine ! Mais qui à copié sur qui ?  🙂 )

Ville à l’histoire complexe au cœur d’un pays à l’histoire récente encore plus complexe, Medellin a longtemps détenu la triste réputation de ville parmi les plus dangereuses au monde. Lorsque dans les années 1980 à 2000, groupes révolutionnaires, milices paramilitaires d’extrêmes droite, narcos et armée s’y livraient une lutte acharnée, Medellin vivait au rythme des bombes, des fusillades et des enlèvements. Mais ça, c’était avant : Medellin a changée, et ses habitants tiennent à le faire savoir. Aujourd’hui ce qu’on a découvert c’est une ville agréable, dynamique et globalement sûre (même si une prudence élémentaire s’impose et si certains quartiers sont à éviter absolument). On peut le dire, on a beaucoup aimé Medellin, où on a passé une dizaine de jours, histoire de prendre un peu de temps pour l’explorer vraiment et mieux la comprendre.

Allez, on vous fait un résumé de nos découvertes, quartier par quartier !

Le centro, quartier hyperactif

Notre première visite du centro, c’est dans le cadre d’un free walking tour de 4 heures qu’on l’a faite, ce qui nous a permis d’avoir plein d’explications sur l’histoire de la ville et sur ses habitants. Depuis 10 ans, le quartier autrefois dangereux s’est transformé, et on peut aujourd’hui y déambuler tranquillement sans aucun problème durant la journée (le soir par contre, les avis sont unanimes : le quartier craint et il est hors de question de s’y promener à pied. Mais de toute façon, une fois que les magasins ont fermé, vers 20h, il n’y a plus rien à y faire). Franchement on s’y promène comme dans n’importe quelle autre ville, en étant juste conscient qu’il peut y avoir des pickpockets, comme partout ; comme on dit ici, no dar la papaya, « ne tends pas la papaye », qu’on pourrait traduire par « ne tente pas le diable ».

Notre visite nous mène entre autre par les rues piétonnes du centre (la Calle Carabobo, la Calle Junin), par la place des statues de Botero (LE sculpteur colombien)…

… Par différents parcs, la Cathédrale (que les habitants de Medellin, apparemment assez fiers, considèrent comme la plus grande du monde).

Le quartier, commerçant, est très animé, avec ce mélange de modernité et de folklore sud-américain fait de débrouille et de dynamisme. La palme revient au Parc Berrio, bondé, lieu de rendez-vous pour des occupations diverses et variées : des gens qui dansent un petit vallenato juste pour le plaisir, à côté un prêcheur, bible en main, qui harangue assez agressivement ses quelques ouailles, des vendeurs de tout et de rien un peu partout, la section de vente des DVD porno juste devant l’Eglise (la plus vieille de la ville)…

Lors d’un deuxième passage dans le centro, on s’arrête Calle Junin pour manger une Bandeja Paisa, le plat typique de la région (viande, saucisses, avec riz, haricots rouges, avocat, œuf… Très léger !), avant de se rendre au Musée de la mémoire (Casa de la memoria). La visite est instructive, entre images d’archives, photos, cartes, mais aussi œuvres d’art, qui retracent l’histoire des dernières décennies, avec un petit côté thérapie collective.

On fait aussi un tour au marché Minorista, au Nord-Ouest du centro. On en est un peu déçus, c’est un marché comme il y en a beaucoup d’autres en Amérique latine mais en moins agréable, qui n’est pas incontournable si vous en avez déjà vu ailleurs. En tout cas si vous y allez, depuis le centro même si la distance est réduite il est impératif de prendre un taxi. Il vous coûtera juste les 5500 COP de prise en charge minimum et vous évitera de marcher dans un quartier bien craignos où vous n’avez vraiment pas envie de vous retrouver à pied… En gros on déconseille vivement toute la partie au nord de la calle 53 et à l’ouest de la ligne de métro (à partir des environs de la station Prado par exemple).

La Comuna 13, histoire d’une renaissance

C’est avec un autre free walking tour qu’on a visité la comuna 13, ce quartier à flanc de montagne dans l’ouest de Medellin à l’histoire si particulière et considéré comme un modèle de transformation et d’aménagement urbain.

Notre guide, un gars du quartier qui le connaît, ainsi que son histoire, sur le bout des doigts, est super intéressant. Il raconte la création un peu « sauvage » du quartier, lorsque des gens qui n’avait pas les moyens d’aller ailleurs ont commencé à construire leurs cabanes ici, puis à les reconstruire inlassablement à chaque fois que la police venait les détruire, jusqu’à ce que ce quartier nouveau soit trop étendu pour que personne ne puisse plus rien y faire, et qu’il soit officiellement reconnu et devienne la 13ème comuna de Medellin. Le malheur à voulu que la comuna 13 occupe un axe stratégique sur la route du Pacifique, destination de tous les trafics. Le quartier a donc été l’un des principaux champs de bataille entre les différents groupes armés qui sévissaient en Colombie. En 2002, l’Etat a décidé de le « nettoyer » en employant la manière forte, sans hésiter à s’adjoindre des milices d’extrême droite pour faire le sale boulot, et sans être trop regardant sur les pertes civiles. C’est donc un quartier complètement traumatisé qui a ensuite commencé à être réhabilité. Pour désenclaver la comuna 13, constituée d’un dédale de ruelles et d’escaliers pentus dans lesquels les voitures ne passent pas, il a été décidé de construire de nouvelles voies à flancs de collines mais aussi… des escalators en plein air ! Ils ont permis de casser l’effet ghetto en permettant une circulation beaucoup plus rapide, et autour ont été créés des espaces publics : jardins, petits cafés et magasins, que les habitants ont investis et qui sont désormais d’agréables lieux de vie.

 

                    Les escalators qui ont permis de donner un nouveau souffle au quartier
                                   Vue des escalators qui traversent le quartier

Dans le même temps, il a été construit des écoles, des bibliothèques, des terrains de jeu, qui occupent les jeunes et contribuent à limiter la violence. Dans le même ordre d’idée, le street-art s’est développé : partout dans le quartier on trouve de superbes graffitis, dont la plupart racontent des épisodes de l’histoire du quartier et qui sont de vraies œuvres d’art.

Résultat, aujourd’hui la comuna 13 est un quartier populaire, vivant et totalement sûr. Ca n’est pas un quartier chic, loin de là, les maisons sont (très) modestes, mais les choses s’améliorent et la balade dans ses rues colorées vaut vraiment le déplacement.

El Poblado, le barrio de la vie nocturne

El Poblado est le quartier où se concentrent un grand nombre des hôtels et auberges de jeunesse de Medellin. Il n’a pas beaucoup d’intérêt dans la journée, mais le soir venu c’est LE quartier de la fête. Il y a dans ce coin une densité impressionnante de bars, restau et boîtes, et le weekend on a l’impression que tout Medellin s’y retrouve !

C’est en bordure de Poblado qu’on s’installe pour nos 10 jours à Medellin, dans un appart’ en airbnb aux allures de coloc. On y rencontre notamment un couple de taïwanais, Fred et Stacey (leurs prénoms anglais), en voyage pendant… 2,5 ans ! On a du coup pas mal de choses à se raconter (d’ailleurs ils tiennent aussi un blog, en anglais : Cyaontheroad) !

C’est avec eux qu’on va passer le vendredi soir dans le quartier, et on peut constater par nous même que sa réputation n’est pas exagérée : il y a un monde fou dans les rues et dans les bars, et de la musique à fond partout. En gros autour des carreras 35-36 il y a une succession de bars et de terrasses, et au niveau des carreras 37-38 il y a tous les clubs. On fait la tournée de quelques bars (El Social, Le Park 37, on les recommande !), avant d’atterrir dans un bar – boite où c’est la folie la plus complète. Côté musique, ça alterne entre du gros reggaeton et des classiques de la musique populaire colombienne, que tout le monde reprend en cœur. Il n’y a pas une personne dans le bar qui ne soit pas en train de danser, y compris sur les tables. Sur place on rencontre un groupe de colombien avec qui on sympathise, on s’offre mutuellement des coups, et tout ça se finit très tard… Et un peu fatigués… Du coup le lendemain, c’est day off !

Laureles et le cerro Nutibara, le Medellin paisible

Aux antipodes de l’ambiance nocturne déchainée de El Poblado, Laureles est un quartier résidentiel sympa à l’ouest du rio. On y trouve des petites maisons et immeubles modernes, des trottoirs agrémentés d’une multitude de fleurs et de plantes diverses, des petits café et restau tranquilles. Rien d’exceptionnel, mais le quartier est cool, et certainement agréable à vivre. Pour ceux qui ont un peu de temps à Medellin, il vaut le coup d’y faire un petit tour.

Pas loin de Laureles, on peut aussi aller en haut du Cerro Nutibara, cette colline en bordure du rio. Là haut, on trouve un petit musée (avec une grande maquette de la ville), la reconstitution d’un village typique de la région d’Antioquia (intérêt limité, mais c’est vrai que ça évoque des villages comme Salento ou Guatapé), mais surtout on a une belle vue d’ensemble sur la ville, dans toutes les directions.

Le Parque Arvi, pour prendre de la hauteur

Le Parque Arvi est le plus grand parc de Medellin, situé à l’extérieur de la ville au nord-ouest, en haut des montagnes. On s’y rend en téléphérique (lignes K et L à partir de la station Acevedo). Le tour en téléphérique vaut déjà le coup en lui-même pour la vue sur la ville et le survol de quartiers à flancs de montagnes, qu’on voit progressivement se transformer au fil de l’ascension : très denses au départ, de plus en plus aérés, puis franchement ruraux avec des fermes et des champs.

Quant au parc, il est immense, il ne faut pas s’imaginer une sorte de jardin public, c’est plutôt une forêt, avec beaucoup de possibilités de balades et même de randos. On peut facilement prévoir une demi -journée ou une journée complète, et le dimanche il y a pas mal de familles.

Un match de foot dans l’ambiance de Medellin

Autre activité de notre séjour : on se rend au stade de Medellin pour y voir un match de foot. Ca se passe le dimanche en fin d’après midi et c’est le Deportivo Independiente de Medellin (l’un des deux clubs de la ville) qui reçoit le club de Barranquilla. Autant prévenir tout de suite les puristes, le niveau de jeu est complètement nul (en termes de passes directement en touche on a dû battre un record), mais l’ambiance dans les tribunes vaut à elle seule le déplacement. Les chants, repris par tout le stade, n’arrêtent pas une seconde (il y a même une fanfare dans le virage !) malgré la défaite (1-2) de Medellin. Même Célia qui n’est vraiment (vraiment, vraiment !) pas fan de foot a apprécié, c’est dire qu’on recommande l’expérience !

Et voilà pour le récit de notre découverte de Medellin ! A nos yeux c’est une ville qui gagne vraiment à être connue, et on vous encourage à aller y faire un tour dès que possible !

                                                         Infos pratiques

Transports : se déplacer à Medellin

Pour les arrivées et départs de Medellin, il y a deux gares routières : la sud et la nord. La nord est connectée au métro (ligne A, station Caribe), la sud est un peu excentrée par rapport à la station Poblado.

En ville, outre les innombrables lignes de bus, il ydeux lignes de métro : la A qui traverse la ville du sud au nord (le long du rio) et la B qui va vers l’ouest à partir du centro (connexion à la station San Antonio). Le métro est ultra moderne et très pratique. Le trajet coûte 2200 COP, quel que soit le nombre de stations parcourues, correspondances incluses. Il faut demander une carte magnétique (qui peut être utilisée par plusieurs personnes) et charger de l’argent dessus. Attention, il y a souvent des files d’attente TRES longue aux guichets, il faut saisir l’occasion à chaque fois que possible de charger des trajets d’avance.

Le métro est connecté à plusieurs lignes de téléphérique (le « Métrocable »), également inclus dans le tarif, sauf la L pour le parque Arvi (5500 COP en plus).

Il existe une appli gratuite avec le plan du métro : « Movilixa Medellin »

Les taxis sont nombreux et fiables, ils fonctionnent au compteur, avec une prise en charge de 3200 COP et un tarif minimum de 5500.

Logement à Medellin

On recommande le airbnb où on a logé : il y a deux appart’ de 4 et 5 chambres, avec cuisine, salon, terrasse, bien situés en bordure de El Poblado (à 5 minutes à pied du métro. Tarif 60.000 COP pour une chambre double avec SDB partagée.  Les liens vers les annonces : ici

Hostal El Alternativo : AJ sympa, belle cuisine, partie commune top, lit en dortoir (35.000 COP)

Visites et activités à Medellin

Free Walking Tour de la comuna 13 : avec Zippy tour, 3 heures, guide super, paiement au pourboire.

Free Walking Tour du centro :  4 heures, là encore guide super, paiement au pourboire.

Parque Arvi : accès gratuit (téléphérique 5500 COP l’aller par personne).

Museo Casa de la Memoria : accès gratuit, visite environ 1 heure.

Cerro Nutibara : accès gratuit pour le cerro, 1000 COP pour le petit musée.

Match de foot : nos billets valaient 46.000 COP, on les a achetés (un peu plus chers) à des revendeurs devant le stade juste avant le début du match (impossible de trouver la billetterie du stade !), mais il y a aussi des points de vente officiels (notamment un dans le centro à côté de la station San Antonio). Les billets sont peut-être un peu plus chers pour les matchs de l’autre club de Medellin, l’Atletico Nacional.

2 reflexions sur “Medellin, une ville aux milles facettes

  1. le monstre et tritrille ...

    l’histoire de la comuna 13 et son street-art nous ont particulièrement intéressées … grâce à vos nombreuses photos et vos commentaires, on a l’impression de connaître Madellin !!
    par contre, on ne savait pas que vous étiez fans de foot au point de pouvoir juger de la qualité des passes !!

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