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Une incursion au cœur du Wadi Rum, le désert rouge de Jordanie

Après Amman puis Petra la suite de notre programme en Jordanie, c’est la découverte du désert du Wadi Rum, tout au sud du pays, à la lisière de l’Arabie Saoudite. Pour y aller depuis Petra, il faut se lever tôt… l’unique bus quotidien passe à 6 heures du matin… Il faut ensuite résister aux tentatives d’arnaque du chauffeur (les prix viennent de passer de 5 à 7 JD par personne, et quand on arrive dans le bus, on nous annonce « entre 7 et 10 selon le nombre de passagers qu’il y aura »… L’intervention d’un employé de l’hôtel ramène le prix à 7, et c’est parti !). Passent ensuite deux petites heures de route, et c’est l’arrivée à Wadi Rum village, le (tout petit) village à l’entrée du désert. On est alors aux portes d’un désert d’exception !

Le Wadi Rum, un désert d’exception

Le Wadi Rum est vraiment surprenant car il ne correspond pas à l’image que l’on avoir en tête d’un désert. Il ne se résume pas à une étendue de sable à perte de vue, ce qui frappe avant tout quand on arrive, c’est la diversité des couleurs qu’on a devant nous. Les dunes rouges surplombent des étendues qui passent du jaune au doré, du orange au rose, toute la palette de couleurs y passe et c’est vraiment superbe ! Ce sable multicolore enserre des massifs rocheux, traversés par des petits canyons où pousse un peu de végétation.

Le désert est habité depuis des millénaires, comme en témoignent les inscriptions anciennes gravées par endroit dans la roche, qui indiquent des points d’eau ou encore le chemin de la Mecque. Aujourd’hui des bédouins vivent toujours ici, ils ont conservé leur mode de vie nomade, élèvent des chèvres et des chameaux (mais circulent en général en vieux pick-up) et installent leurs tentes où bon leur semble selon les saisons. Les plus jeunes, souvent, se sont installés à Wadi Rum village (le village situé à l’entrée du désert qui compte environ 200 habitants), mais tous restent très attachés au désert et aux modes de vie qui y prévalent. L’un des guides qu’on a rencontré venait par exemple tout juste rentrer de trois semaines de vacances qu’il avait passé… dans le désert, avec des potes !

Deux jours et une nuit de découverte

En ce qui nous concerne, on consacre deux jours et une nuit à la découverte du Wadi Rum. Arrivés au village, on est accueillis par Abdallah, qu’on avait eu au téléphone quelques jours avant quand on avait organisé ce trip désert. Lui et plusieurs de ses frères et cousins gèrent une petite association qui propose des visites du désert dans une optique de « tourisme durable » (on reparle plus bas de cette question). Après quelques explications et une présentation du désert carte à l’appui, on part avec notre guide Salam (et finalement, personne d’autre dans le groupe), à bord d’un pick-up déglingué qui sera notre destrier pendant ces deux jours.

Le premier jour on se rend dans différents coins du désert, dans la partie la plus proche du village. On escalade des dunes (dur dur pour les cuisses !), on grimpe des massifs rocheux pour d’imprenables points de vue sur le désert, on traverse des canyons… dur comme programme ! D’un point à un autre, on circule en voiture, parfois sur le toit pour prendre un peu l’air, et on s’arrête régulièrement à droite à gauche.

Après une bonne matinée de balade, on fait une pause le midi chez les parents d’Abdallah, qui vivent dans le désert. Repas sous la tente, en compagnie d’une famille de bretons rencontrés à Petra et de leur guide Matib, quelques litres de thé et bien évidement sieste pour tout le monde ! La vie de bédouins ça rigole pas ! 😉

L’après midi c’est reparti à travers le désert. On s’entend très bien avec Salam qui a le même rythme que nous : on va voir plein de trucs un peu partout, on marche, on grimpe, on explore, mais on se ménage aussi quelques pause thé – contemplation face à des points de vue de ouf, dans le silence étourdissant du désert…!

Après avoir admiré le coucher de soleil, on installe le bivouac dans un coin que Salam aime bien, un recoin rocheux face au désert, à l’abri du vent. Au programme : feu de camp pour préparer à manger, élimination des scorpions (!!! Mais ils étaient tout petits !), soirée puis nuit à la belle étoile, sous un ciel superbe et parfaitement dégagé. La nuit à la belle étoile, sur un petit matelas de mousse qu’on avait transporté sur le toit de la voiture, est idéale : température parfaite, calme absolu, pas de petite bêbête (juste une fourmi qui parcourt le visage de Célia de long en large)… On dort trop bien !

Le deuxième jour, on a été rejoint pendant la nuit par un suisse et une française qui passent l’été à Amman pour apprendre à parler l’Arabe. Ils sont arrivés tard et ont été déposés directement à notre bivouac. On repart pour une nouvelle journée d’escalades de dunes et de superbes points de vue. Cette fois, on est dans la partie sud du désert, à moins de 5 kilomètres de la frontière saoudienne.

Notre découverte du désert s’achève dans l’après midi. On aurait bien continué plus longtemps, mais il est temps pour nous de rentrer vers Wadi Rum village, en compagnie de Matib qui vient nous récupérer et nous fait retraverser le désert en battant des records de vitesse dans son vieux 4X4 qui vibre autant à cause des secousses que de la techno-orientale qui sort des enceintes !

Bilan des courses et conseils pour découvrir le Wadi Rum

Bilan des courses : une super expérience, un désert extraordinaire, une soirée et nuit en bivouac vraiment agréables, des guides au top… Tout était parfait et notre seul regret est de ne pas avoir opté pour un trip un peu plus long, genre 3 jours et 2 nuits.

Sinon, on ne regrette pas les choix qu’on a faits, et si on a trois conseils à donner à tous ceux qui ont la bonne idée de découvrir le Wadi Rum, c’est :

  • Passer par l’association Wadi Rum Bedouin Friends, qui est vraiment une petite asso au top avec des mecs sympas et passionnés, et surtout, respectueux du désert.
  • Opter pour la voiture comme mode de transport: on ne roule jamais très longtemps, pas plus de 10-15 minutes de suites, mais ça permet de voir plus d’endroits et c’est moins pénible que le chameau (ou alors il faut partir sur plus longtemps et faire des petites journées de déplacement).
  • Dormir en bivouac, c’est à dire qu’on apporte ce dont on a besoin (un matelas, la nourriture et l’eau, du bois qu’on ramasse en route pour le feu) et on repart avec, en laissant le moins de traces possible de notre passage. Evidemment c’est rudimentaire, mais bon, c’est le désert aussi… L’autre option, c’est de dormir dans un de ces horribles campements fixes qui se multiplient à l’entrée du désert. Ca nous semble être un non-sens : du béton dans le désert ! Des douches alors que l’eau est si rare ! Des campements sédentaires alors que les modes de vies dans le désert reposent depuis toujours sur le nomadisme (qui s’en trouve perturbé : certains bédouins se font « piquer » leurs endroits traditionnels par ces camps). En plus d’être un non-sens c’est aussi, à notre avis, un mauvais choix touristique : ces camps regroupent plusieurs dizaines de personnes, donc le calme s’en trouve perturbé, et la vue est altérée par le ou les autres camps qui se trouvent dans le champ de vision (puisque tous ces camps se regroupent dans le même coin). Le bivouac offre une expérience sûrement plus agréable, tout en permettant d’aller plus loin dans le désert avec plus de tranquillité (Sur notre 1ere journée on a eu jusqu’à 8-10 voiture au niveau d’un point d’intérêt, mais dès la fin de la 1ère matinée et jusqu’à la fin, on n’a quasiment plus vu personne).

Infos pratiques

Trajet Petra-Wadi Rum Village : entre 5 et 7 JOD (attention aux arnaques)

Excursions guidées dans le désert avec Wadi Rum bédouin friends : 2 jours-1 nuit 90 JOD par personne (en août)

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