Afrique du Sud : Addo Elephant National Park
Après avoir découvert le concept des parcs nationaux d’Afrique du Sud avec celui du Karoo, c’est avec un grand plaisir qu’on part explorer celui d’Addo, au nord de la ville de Port-Elisabeth. C’est le 3e plus grand du pays, avec plusieurs sections dont une principale d’environ 35 km sur 15 qui abrite de très nombreux animaux, dont les fameux « big 5 » et en particulier plusieurs centaines d’éléphants, dans un environnement très vert et légèrement vallonné.
On s’est installés pour trois jours au camping du main camp, situé peu après l’entrée principale, et de là on s’est lancés dans une série d’explorations à travers le parc. Il y a tout un réseau de pistes qui le sillonnent, toutes accessibles avec un véhicule basique, et en plusieurs drives et pas mal de kilomètres au compteur, on en a quasiment fait le tour complet. Le parc est assez grand pour qu’on puisse y être très tranquille, et même s’il est assez fréquenté (bien plus que les petits parcs comme le Karoo ou le Mountain Zebra par exemple) avec parfois des attroupements de quelques voitures devant un groupe d’animaux à un point d’eau, on arrive assez facilement à s’isoler sans aucune autre voiture en vue.

On a adoré cette ambiance entre série d’explorations et moments plus chill au campement, qui s’y prête bien : c’est un camp très agréable en pleine nature avec le passage de nombreux singes, où il y a de quoi faire entre deux excursions, avec une super cabane d’observations (qui donne sur un point d’eau très fréquenté), un restau étonnement bon et une piscine (bien cool après des heures en vadrouille). On a juste trouvé dommage que la zone de camping soit un peu encaissée et n’ait pas une vue dégagée sur les environs comme les chalets.

Jour 1 : un grand tour à la rencontre des éléphants
Pour notre premier jour on ne s’est pas spécialement pressés et on s’est gentiment mis en route vers 9h. La route qui sort du camp passe à travers une zone de broussailles assez hautes et dans ces premiers temps on ne voit pas grand-chose, même si on repère quand même assez vite quelques Koudous et un duiker, un rare oiseau Secretary bird (le seul qu’on verra en 3 jours) et une famille phacochères (beaucoup moins rares pour le coup, en vrai ils pullulent dans tout le parc et on finit par s’en lasser un peu, mais pour ces premiers on était très enthousiastes !).



Tout en roulant on ne peut pas s’empêcher de se demander si on verra des éléphants ! On a tendance à toujours partir un peu pessimistes quand il s’agit d’aller voir des animaux sauvages, ici la suite va nous montrer qu’il n’y avait pas de quoi !
On s’arrête au niveau de Hapoor Dam, un point d’eau dans une plaine dégagée. On s’y pose un bon moment pour observer un troupeau de beaux zèbres des plaines (précisément de la famille des zèbres de Burchell avec des fines rayures brunes entre les noires) et une famille de phacochères, et on s’apprête à repartir quand on voit du mouvement au loin : c’est un groupe d’éléphants qui arrive, et pas un petit groupe, ils sont une bonne trentaine à débouler en même temps, bientôt suivi d’un deuxième groupe équivalent, en un instant il y a foule au point d’eau, et c’est parti pour le bain de boue, les jeux ou petites bagarres, pendant que les autres animaux se tiennent prudemment à l’écart. On reste quasi une heure à les observer, à quelques mètres à peine, le moment est magique !






On repart ensuite vers le sud et on fait un arrêt à Spekboom hide : là c’est vraiment le top du top, on peut descendre de voiture et accéder à une zone clôturée dans la végétation, on se cache derrière une palissade face à un point d’eau, et on peut observer un nouveau groupe d’éléphants en plein bain de boue juste devant nous. On a la chance de pouvoir y passer un bon moment dans le calme complet, avec juste quelques autres personnes en contemplation. Quand l’endroit se remplit et qu’on est envahi par 50 braillards, on se casse vers d’autres horizons.



Après une pause pique-nique dans la zone dédiée de Jack’s site (espace nommée d’après un vieux rhino du parc), on continue vers le sud du parc. On croise très vite trois éléphants en plein milieu de la piste. Ils sont tranquilles mais il nous faut un peu de sang-froid quand même quand ils arrivent droit sur nous : contourneront la voiture ou la contourneront pas ? Question un peu essentielle… Réponse : ils contournent, et passent à un mètre de nos fenêtres !


On croise de nombreux autres éléphants au niveau de Marion Baree waterhole en bord de la piste principale (qui est une valeur sûre), puis encore et encore dans la prairie, y compris dans la partie sud du parc qui est plus vallonée et qu’on a trouvé très belle : la piste prend de la hauteur, avec de beaux points de vue sur les vallées et même jusqu’à l’océan indien. On se fait la boucle du Ngulube loop, où des félins ont été vus les jours précédents. On ne les voit pas, mais on fait un bon stop à Ngulube waterhole qui est un bel endroit paisible où on retrouve quelques éléphants (encore ! Mais on ne s’en lasse pas !), et les inévitables phacochères qui courent partout, ainsi que notre premier Black backed jackal.




En bouclant la boucle on passe par Peasland waterhole, où on croise un beau groupe de zèbres qu’on voit de très près, puis on reprend la piste vers le nord avec encore quelques surprises : un bufffalo à Lismore Waterhole, puis des koudous qui jaillissent des broussailles et qui bondissent gracieusement juste devant nous !




On rejoint le campement après 6h de drive, et on est déjà complètement refaits !
On pensait en avoir terminé pour la journée, mais contrairement à ce qu’on pensait la soirée nous a encore réservé de belles surprises : après un bon repas au restau du camp, on décide qu’on n’en a pas eu assez et on va se poster à la cabane d’observation. On patiente 30 minutes sans rien voir en espérant voir quelque chose… Et quand « quelque chose » se pointe, attention les yeux, boum, un rhino ! Notre premier, et ils ne sont pas facile à voir dans ce parc, c’est un petit évènement pour nous ! Il reste un petit quart d’heure, il est marrant avec son corps énorme, sa grosse tête avec les oreilles de shrek, et bien sûr sa corne. Quand il repart on est tout oufs, mais à peine 5 minutes plus tard, voilà non pas 1, ni 2, mais 3 Buffalo ! Eux aussi s’attardent, et quand ils quittent les lieu… rebelote sur le rhino !


On va ensuite s’écrouler sous notre tente, cette fois ça y’est la journée a été bien remplie !
Jour 2 : de la morning drive à l’observation nocturne
Pour ce deuxième jour, réveil à 5h ! Il faut bien toutes ces petites bêtes à chercher pour nous sortir du lit plusieurs heures plus tôt qu’un jour de travail ! On se fait notre morning drive à nous, on part super motivés. Un Thermos de café, l’appareil photo et en route !
On commence par Nzipondo loop et gorah loop, deux boucles agréables, à travers des zones de bush mais aussi de grandes portions de plaines herbeuses avec peu de végétation, assez plates, ce qui permet d’avoir une vue bien dégagée.
A peine partis on repère un rhino de loin, puis un groupe de koudous traverse devant nous dans la lumière du matin, on se pose ensuite pour un un moment zen au milieu des zèbres dans la prairie.





On fait encore un assez long arrêt au niveau du Carole rest waterhole, où on a droit à un vrai défilé : un buffle, puis un groupe de zèbres qui dégagent les phacochères puis qui se bougent entre eux, re-buffle et là plus personne ne fait le malin, tant qu’il est là personne n’ose plus approcher. C’est intéressant de voir les équilibres et rapports de force autour des points d’eau.



Sur le chemin du retour on passe par le point de vue de zuurkop, en hauteur.

On rentre au camp après 3h30 de vadrouille, pour un bon petit-dej, une sieste et un plouf à la piscine, bref une bonne journée de repos… avant de ressortir pour 2h en fin d’après-midi, on n’a finalement pas résisté à la tentation (On retourne vers hapoor dam via les hauteurs de kadouw viewpoint et mbabala loop).

À peine rentrés, on va se caler avec l’apéro à la cabane d’observation et on remet ça.
À ce stade si vous n’avez pas abandonné la lecture vous trouvez peut-être ce post répétitif. C’est une question qu’on s’est posée : est-ce qu’on va se lasser d’observer les petites bêtes ? Réponse : non ! Chaque observation est différente, même sans forcément voir des animaux nouveaux, on voit des groupes différents, des scènes nouvelles, ils agissent d’une nouvelle manière, il y a un vrai renouvellement. Et donc ce soir-là, on voit débouler tout un troupeau de Buffalo. Alors que jusqu’ici on les avait vu isolés ou au maximum un trio, en voilà plus de 30 dont des petits, qui arrivent au pas de charge dans une trainée de poussière et qui prennent possession du point d’eau. Ils ont beau être nombreux et balèzes, on peut voir qu’ils restent toujours en alerte, d’ailleurs à deux reprises sans raison apparente ils partent tous d’un seul coup en trombe, avant de revenir, la scène est fascinante.



Jour 3 : et voilà les hyènes !
Troisième et dernier jour dans le parc, re-réveil à 5h, déplantage de tente et en route, on s’habitue aux départs matinaux ! Pas grand monde à voir jusqu’à hapoor dam, et là, bam on y trouve ce qu’on espérait, 3 hyènes tachetées qui se reposent au point d’eau (et des zèbres qui du coup se tiennent un peu en retrait) ! Elles glandent longtemps avant de se décider à bouger, en effrayant les zèbres au passage avec leur cri-rire caractéristique, puis on assiste à une scène étonnante quand un phacochère charge une hyène et la met en fuite (?!).




On traverse ensuite tout le parc jusqu’à sa porte sud, on aime bien la dernière partie avec sa grande plaine où on repère plein d’antilopes, et cette scène avec des petits piquebœufs à bec rouge posés sur des zèbres.


On retraverse ensuite complément le parc en sens inverse pour rejoindre le camp. Cette fois on fait le trajet plus rapidement en se jurant qu’on ne fera pas d’autres arrêt photos… Mais bon il y a toujours des exceptions, certaines scènes sont justes trop mignonnes et puis quand une colonne d’éléphants traverse la piste, on lui laisse forcément la priorité… (pour info le trajet de la porte sud au main camp prend environ 1h40 en ne s’arrêtant presque pas).

Et voilà, à un moment il faut bien ressortir du parc… On aura appris de ces trois jours qu’on adore chercher et observer les animaux sauvages, c’est assez addictif, et puis l’ambiance de plusieurs jours dans le parc et de vie au campement est un moment hors du temps et une coupure totale…
Vivement le prochain parc !