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Amman, Jerash, les châteaux du désert : dans le nord de la Jordanie, sur les traces des empires romains et arabes

Amman, la grande ville et capitale du pays, c’est un peu le point de départ obligé pour un voyage en Jordanie, du moins si on arrive en avion. De là, on peut facilement organiser un itinéraire en boucle, en descendant plein sud vers Pétra, le désert du Wadi Rum et la mer rouge, avant de remonter tranquillement par la route du roi et la mer morte. C’est en tout cas l’itinéraire qu’on a finalement choisi… Mais n’anticipons pas trop ! Car Amman n’est quand même pas qu’un point de départ et d’arrivée, elle mérite qu’on s’y arrête ne serait-ce qu’une journée.

Alors, OK, la ville n’est pas sublime, elle ne dégage pas une douceur de vivre particulière et la circulation y est très dense, mais elle permet une première plongée au coeur de la Jordanie, et puis il y a ici quelques visites incontournables qui justifient un petit arrêt. Sans parler des environs !

Une journée à Amman, la capitale jordanienne

A notre arrivée en début de soirée, sur le trajet entre l’aéroport et le centre-ville, via une autoroute très moderne, on est frappés par le nombre de gens installés sur les bas-côtés, posés en mode soirée – feu de camp. Les citadins d’Amman semblent avoir des envies de bivouacs !

La traversée de la ville nous donne une idée de son étendue et de sa disposition, à flancs de collines. Arrivés dans la ville basse (c’est le nom du centre-ville, au pied des collines), très animée à cette heure-ci (c’est vendredi soir, le milieu du weekend ici !) on s’installe dans un hôtel juste en face de la place principale et du théâtre romain, qui a pour intérêt principal de disposer d’une terrasse offrant une vue dégagée sur la ville.

Après une première nuit marquée par les mélodieux appels du Muezzin et un petit dej léger (non, c’est une blague, le concept de petit dej « léger » n’existe pas en Jordanie : au menu c’est Houmous, œufs durs et falafels, il va falloir s’y faire !), on se met en route pour une exploration de la ville.

Première visite : le fameux théâtre romain qui trône en plein centre-ville.

L’édifice est très bien conservé et plutôt impressionnant (on se rend compte une fois en haut des gradins de 6000 places que la pente est raide !). La place juste devant lui, l’ancien forum romain, est un lieu de rendez-vous, et le soir nombreuses sont les familles qui viennent y passer du temps.

Après cette visite, on se dirige vers le marché, qui occupe les rues autour de la mosquée Al Husseini. Ca n’est pas un souk à proprement parler, simplement des stands dans les rues, mais il y a un peu de tout et c’est très vivant. Comme souvent, le marché c’est l’endroit parfait pour prendre le « pouls » de la ville.

On y croise des petits vendeurs de thé qui ravitaillent les commerçants, des anciens qui fument le narguilé devant leur boutique, des clients de tout style dont certains arborant le traditionnel Keffieh (parfois avec un costume de ville : le contraste est frappant). La plupart des femmes portent le voile, certaines non, d’autre le niqab, mais chacune se promène tranquillement. Quant à nous, on a droit à un accueil très sympa : sourires, gamins qui nous font signes, nombreux « welcome in Jordan » (ou « ahlan wa sahlan » en VO)… Et quand tu places deux mots en arabe, ne serait-ce que « bonjour » et « merci », c’est le succès assuré ! Lorsqu’on s’arrête pour acheter un café, le vendeur nous en fait même cadeau. On se demande en quel honneur ; réponse : « welcome in Jordan » ! C’est le début d’une longue série de bienvenues et de thé offerts !

On reprend ensuite notre chemin, direction le Jordan Museum, le musée national d’histoire de la Jordanie. Dans ce grand bâtiment blanc et moderne, on peut voir des expos intéressantes sur la vie en Jordanie depuis la préhistoire jusqu’à l’époque contemporaine, en passant par l’époque romaine, entre autres.

En fin d’après-midi, on grimpe jusqu’à la citadelle, qui domine la ville du haut de sa colline. La montée nous prend bien plus de temps qu’elle n’aurait dû vu qu’on se plante de sens, mais on a comme ça l’occasion de faire le tour complet de la citadelle et d’avoir une vue à 360 degrés sur la ville.

A l’intérieur, c’est un vrai melting-pot de vestiges archéologiques : temple romain, église byzantine, palais omeyyade… Toutes les cultures sont représentées ! La visite vaut vraiment le coup et en fin d’aprèm, au moment où le soleil décline, les lumières sur la ville sont très belles.

Tout cela fait qu’on ne regrette pas d’avoir passé une journée à découvrir la ville. Et puis, dans les environs d’Amman il y a aussi des sites majeurs, accessibles à la journée : on pense en particulier aux ruines romaines de Jerash et aux châteaux arabes du désert.

En ce qui nous concerne, c’est à la fin de notre voyage, après être partis dans le sud et au moment de revenir à Amman, qu’on a pris deux jours pour aller voir ces monuments. Mais comme en général ces sites sont visités depuis Amman, on fait une petite entorse à la chronologie et on vous en parle ici. Au moment de partir les explorer, on était équipés d’une voiture de location et accompagnés par deux autres voyageurs, Anna et koko, qu’on avait croisés à plusieurs reprises au cours de notre voyage et avec qui on s’était donné rendez-vous pour cette petite virée finale. Tous deux se sont révélés être des compagnons de route comme on les aime : curieux et de très bonne humeur !

Une virée dans les châteaux du désert

C’est donc en mode roadtrip, au son de la musique électro – orientale, qu’on se lance à la découverte du Nord-est jordanien. Les « châteaux » du désert, qui ne sont en réalité pas tous des châteaux, se trouvent le long de la route qui part d’Amman et qui va jusqu’en Irak (200 kilomètres plus loin, pas de panique !) et en Arabie Saoudite. On organise notre trajet de façon à en voir trois.

Le premier, celui de El-Kharana, était en réalité un caravansérail, où les voyageurs du désert pouvaient faire halte avec leurs chevaux et dromadaires : on y trouvaient des chambres, des salons, une salle de prière et même un hammam !

Le deuxième château, le Qusayr Amra, était une petite résidence « de vacances » pour les souverains Omeyyades qui venaient de Damas pour se ressourcer. L’intérêt principal de ce monument, ce sont ses fresques murales qui en décorent  l’intérieur, et qui sont en cours de restauration. A en croire ces fresques, qui représentent ce qu’était la vie ici, quand il venait dans cette résidence le roi ne s’ennuyait pas : au milieu des scènes de chasse, de banquets et de baignade, on peut facilement repérer plusieurs scènes de « loisirs » classées X, sur lesquels le guide qui nous a accompagné pour la visite s’est fait un malin plaisir d’attirer notre attention ! Bref, c’était la débauche la plus complète !

Enfin, après une pause repas dans le village assez déprimant d’Azraq, on fait une halte au château d’Al Azraq. Cette fois c’est une forteresse construite en pierre volcanique sombre, qui date de l’époque romaine et qui avait  pour but de contrôler l’oasis qui se trouve en face . Elle a été plusieurs fois réhabilitée, et Lawrence d’Arabie y a séjourné ! Comme le bois manquait dans la région, tout le bâtiment est en pierre, jusqu’aux portes et aux poutres !

On reprend ensuite la route direction Jerash. De part et d’autre de l’autoroute, c’est le désert, il n’y a rien ou presque. L’ambiance dans la voiture est calmée d’un coup quand on passe au niveau d’un immense camp de réfugiés qui borde l’autoroute. L’alignement de ces milliers de préfabriqués est vraiment impressionnant. Ajouté au bruit des avions de chasse qui partent plein nord, vers la Syrie, on se sent confrontés de plus prêt à une réalité qui d’habitude semble lointaine.

Jerash, le plus beau site romain de Jordanie

Pour terminer notre boucle dans le nord du pays, on se pose à proximité de la ville de Jerash. Il y a peu d’hébergement dans le coin, et on a choisi un hôtel qui a vaguement une partie camping, avec quelques tentes toutes montées ou la possibilité de planter sa propre tente.

En fait cette partie camping est de moins en moins étendue, il reste juste un recoin. Niveau logement c’est un peu du n’importe quoi, sans parler du restau où on tente de nous extorquer 12 JD pour un buffet pourri… On cherche un plan B et un serveur sympa nous donne l’adresse d’un vendeur de shawarma au village d’à côté… il ne sert pas vraiment les intérêts de son employeur mais pour nous c’est beaucoup mieux ! Arrivés sur place, on est tout fiers de mobiliser nos quelques mots d’arabe pour passer notre commande, avec l’impression qu’on s’en tire bien. Bon, il se trouve qu’on avait demandé 4 shawarmas, dont un végétarien, et quand on en voit arriver 7, dont aucun végétarien mais un sans mayonnaise, on se dit qu’il reste des progrès à accomplir…

Niveau paysage, par contre on est bien, depuis notre tente on a une belle vue sur les collines avoisinantes. L’environnement est différent ici de ce qu’on a pu voir dans le reste du pays : la présence d’un petit affluent du Jourdain permet aux collines de se couvrir d’un peu de vert, des oliviers parsèment les champs… bref c’est un peu moins aride que partout ailleurs !

L’intérêt principal d’un passage par Jerash, c’est évidemment la visite des ruines romaines, super bien conservées. On conclut donc ce post sur un florilège de photos du site, de la place ovale qui fait sa renommée aux différents temples, en passant par le théâtre ou encore le cardo (artère principale des villes romaines, du Nord au Sud) !

Infos pratiques

-Transport Aéroport – Amman : bus 2 JD et taxi 25 JD
-Logement à Amman : Hotel Pasha, chambre double avec vue sur le théâtre et clim : 30 JD pour deux
-Prix des visites : Musée 5 JD (pas compris dans le Jordan pass) – Théatre 1 JD (ou inclus dans le jordan pass), citadelle 3 JD (ou inclus dans le jordan pass).

-Transport pour Jerash : pour se rendre à Jerash depuis Amman sans voiture, il faut prendre un minibus à la gare routière Tabarbour, dans le nord de la ville. Des minibus partent sans horaires fixes un peu toute la journée et reviennent aussi toute la journée (ne pas écouter les hôteliers qui prétendent qu’il n’y a pas de bus pour rentrer l’après midi, ils veulent juste vendre leurs tours organisés).
-Logement à Jerash : Camping / hotel Olive branch. Assez cher (20 JD pour deux avec sa tente, 24JD pour une tente déjà installée –mais elles sont pourries-). On ne peut pas vraiment dire qu’on le recommande, mais pour ceux qui veulent dormir à Jerash il n’y a pas tellement d’autres choix.
-Visite du site de Jerash : 8 JD (ou inclus dans le jordan pass). Compter environ 3 heures

Château du désert : 1 à 2 JD par site (mais tous sont inclus dans le Jordan pass)
Pas de bus, sans voiture il ne reste que le stop !

Une réflexion au sujet de “Amman, Jerash, les châteaux du désert : dans le nord de la Jordanie, sur les traces des empires romains et arabes

  1. cauwet

    ravis de pouvoir découvrir grace à vous ce que notre fils koko a vecu pendant son périple en jordanie, photos sublimes, commentaires intéressants, BRAVO

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