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Date de dernière mise à jour : le 21 mai 2018 à 15 h 01 min

Colombie – Côte Caraïbes (3/4) : 4 jours de road-trip à travers la Guajira

Pour continuer note découverte de la côte caraïbes de la Colombie, on décide de partir explorer la Guajira, cette région désertique située à l’extrême nord est du pays, à la frontière du Venezuela. Une région parmi les plus belles, les plus atypiques, mais aussi, on aura l’occasion de s’en rendre compte, parmi les plus pauvres et déshéritées de Colombie.

Pour être plus libres de nos mouvements, on décide de louer une voiture et de partir pour un petit road-trip de quatre jours, à partir de Cartagena.

Jour 1 : Cartagena – Riohacha, en direction de la Guajira !

Pour cette première journée qui doit nous amener aux portes de la Guajira, on a 400 kilomètres de route au programme le long de la côte. Le paysage est étonnant, sous le chaud soleil l’environnement se fait aride. La végétation devient plus rase : broussailles, arbustes, et même des cactus qui font leur apparition, et qui à nos yeux détonnent à quelques mètres à peine de la mer.

La route longe aussi entre Baranquilla et Santa Marta, de nombreuses lagunes et des paysages de mangroves, plus ou moins reliées à la mer. Là une végétation abondante se développe au milieu de l’eau stagnante, formant un paysage mi-aquatique mi-terrestre. A l’approche de Santa marta, pendant une vingtaine de kilomètres, on roule sur une bande de terre de quelques centaines de mètres de large à peine : à gauche la mer, à droite une vaste lagune et le long de celle-ci des petits villages et quelques maisons sur pilotis. Autre surprise : les marais salants d’une couleur rose vif. Quand on demande à une grand mère pourquoi cette couleur rose, elle hausse les épaules et se marre l’air de dire « et la mer tu veux savoir pourquoi elle est bleue aussi ?!! » (a priori ce serait une question de taux de salinité de l’eau qui a des conséquences sur le type d’algues qui s’y développe !).

Après Santa Marta, la végétation redevient plus verdoyante et le paysage plus vallonné. On longe le parc Tayrona (dans lequel on reviendra dans quelques jours), avant de faire une pause à Palomino juste le temps d’un jus de fruit sur la plage (et de regarder un peu les sacs pour les filles…). C’est un village ultra-touristique qui cultive un côté roots mais vraiment un peu bondé à notre goût.

Finalement on arrive à Riohacha vers 19h. La ville n’a pas un grand intérêt à nos yeux, si ce n’est d’être un camp de base pour faire les courses, le plein d’essence et pour passer la nuit avant de partir à la découverte de la Guajira.

Jour 2 : Riohacha – Cabo de la Vela, une journée riche en émotions

C’est parti pour la Guajira à proprement parler, pour une journée qui restera marquée dans nos mémoires à plus d’un titre.

D’abord parce que les paysages que l’on découvre sont incroyables. Il nous faut 1h30 pour atteindre Uribia. De là on se rend à Manaure pour y voir les Salinas. On retrouve en bien plus étendu ce que l’on a vu hier : des marais salants sur des kilomètres aux couleurs variées (rose foncée, rose claire, blanc éclatant), eaux cristallines, le tout avec en arrière plan le vert émeraude de la mer. Bref c’est incroyable ! On parcourt les pistes qui sillonnent les Salinas au volant de notre logan qui vit là ses premières épreuves avant de s’arrêter manger un morceau sur la plage (enfin un riz blanc mais on vous passe les détails de pourquoi… 🙂 ), les pieds dans le sable.

On repasse ensuite devant Uribia pour prendre la route de Cabo de la Vela. La route, qui devient progressivement une piste, s’enfonce dans une région aride et sablonneuse. Au milieu des broussailles et des cactus sont disséminés des petits groupes de cabanes en bois et en taule ; ce sont des communautés wayuu, le peuple indigène de la Guajira qui parle sa propre langue. L’environnement devient de plus en plus désertique et la terre sablonneuse se fait de plus en plus orangée.

                                              Les palissades en bois de cactus !

                                                     Un petit amigo du désert croisé en chemin

On arrive dans l’après midi à Cabo de la Vela, un petit village de cabanes avec quelques hostals, le long d’une belle plage. De là, on repart tout de suite vers le Pilon de Azucar, un  monticule rocheux situé à quelques kilomètres qui offre une vue extraordinaire sur la côte, avec un contraste de couleur totalement inédit pour nous.

                                                        Le pilon de Azucar…

                                                D’où on a… cette vue de ouf !!

                                                             Et aussi celle là

                                            Du moins si on grimpe jusqu’en haut !

                                                                Et ça décoiffe !

Et pour finir la journée, on s’installe dans le restau d’une mamita du village qui nous cuisine de délicieuses crevettes et langoustes dont on garde un souvenir ému ! L’ambiance est décontractée, en fait le « restau » c’est juste quelques tables devant la cabane de la famille, on est les seuls clients et il y a plein de gamins venus parce qu’ici il y a la télé.

Mais si la journée restera dans nos mémoires c’est aussi pour les mésaventures qu’on a rencontrées (qui se sont toutes bien terminées on vous rassure !!)

La première, c’est le matin à peine une demi-heure après avoir quitté Riohacha ; alors qu’on roule au pas pour prendre des photos par la fenêtre de la voiture, au milieu de nulle part un mec qui descend d’une camionnetas se rue sur nous pour tenter d’arracher l’appareil photo. Il rate son coup de peu, sa main glisse le long de l’appareil que tient Nico pendant que Célia, le voyant arriver, accélère d’un coup. On en est à se dire qu’on s’en tire bien, quand on découvre qu’on a sans s’en rendre compte pris une photo de la scène… Qui résume plutôt bien les évènements !

Dans un tout autre registre, en fin de journée alors qu’on quitte Pilon de Azucar, on se plante de piste et on se retrouve complètement ensablés. On est comme des blaireaux à quatre pattes en train de dégager les roues, quand on entend le bruit fatidique qui allait donner une toute autre dimension à l’incident : « bip-bip, clang », fait la voiture… Oui, vous avez bien compris, la voiture vient de se verrouiller automatiquement, avec les clés à l’intérieur, toutes fenêtres fermées, nous laissant bloqués en plein désert…  Que faire ? Hormis se désespérer et se dire qu’on va probablement devoir casser une vitre, on ne voit pas trop de solution… Mais on a de la chance, on n’est pas non plus complètement isolés, et quelques gars qui vendent des boissons au Pilon de Azucar accourent pour nous aider, puis d’autres, puis un touriste de Bogota qui a visiblement un certain savoir-faire, et en une heure on réussit à ouvrir la portière à l’aide d’une tige de fer, d’une sangle et d’un lacet…  Au moment où la porte s’ouvre on est une bonne vingtaine autour de la voiture, et le déblocage est salué par une vraie clameur !

Enfin, il faut dire que cette journée nous a aussi montré les aspects plus négatifs de la Guajira : la pollution aux sacs plastiques (certains coins en sont juste complètement envahis), et surtout la pauvreté qui y règne et qui s’accompagne d’une mendicité massive des enfants, que les parents envoient au bord des pistes pour arrêter les voitures (parfois en tendant une cordelette en travers) et demander de l’argent. On était prévenus et on avait pris avec nous quelques petits trucs pour les gamins (biscuits et mangues) qui puissent leur profiter à eux directement sans revenir aux parents, mais on doit dire que ça nous a quand même bien secoué.

Bref, une journée pleine d’émotions… contrastées !

Jour 3 : Cabo de la Vela – Punta Gallinas, au bout de la Guajira

Aujourd’hui on prend la direction de Punta Gallinas, le bout du bout de la Guajira, à l’extrême nord – est. Les avis étaient unanimes, impossible de passer avec notre logan, et on s’étaient donc mis d’accord avec un gars du village, Jhan Fran, pour y aller avec lui en jeep. Il passe nous prendre à 4h45 du matin, Punta Gallinas ça se mérite ! Deux heures de route à travers le désert et des paysages superbes (qui nous permettent de constater qu’effectivement, on ne serait pas passés en logan…) puis 5 minutes de bateau, qui nous permettent d’arriver jusqu’à l’une des deux seules hospedaje du coin, l’hostal Alexandra, qui a une sorte de monopole sur les visites des environs.

Là, tout est bien rodé, après un petit-dej on embarque dans de plus grosses jeep avec d’autres visiteurs (un groupe d’allemands et une québécoise, Yoana, dont on aura l’occasion de vous reparler), et on passe 4 heures à sillonner les environs.

On s’arrête à la Punta Gallinas elle-même, qui est le point le plus au nord d’Amérique du sud.

On se rend ensuite face à la laguna Casares.

Le dernier arrêt est pour la superbe Playa Taroa, avec sa dune orangée qui plonge vers l’océan… turquoise… On s’y arrête 1h30, le temps d’apprécier la vue et puis, bien sûr, de se baigner un peu… Une eau comme ça, ça ne se refuse pas !

Après un repas à l’hospedaje, il est temps de prendre le chemin du retour. A signaler sur ce retour : un petit stop pour voir les flamands roses, et… une petite tempête de sable ! Bon vraiment, on a bien fait de ne pas chercher à passer à tout prix avec la logan ! On arrive à Cabo vers 16h, la journée a été bien remplie (mais il reste un peu de force pour retourner manger des crevettes chez Mamita) !!

Jour 4 : Cabo de la Vela – Santa Marta, sur la route du retour

La Guajira, c’est déjà fini, aujourd’hui le programme, c’est la route du retour jusqu’à Santa Marta. Avant de se mettre en route, on retourne au Pilon de Azucar apprécier une nouvelle fois la vue (et sans s’ensabler, cette fois), qui est décidément incroyable (et les couleurs sont encore plus belles le matin). On prend ensuite la direction d’Uribia, en prenant la route du désert cette fois (à l’aller on était passé par d’autres pistes, à travers les cactus). Jamais on ne se serait aventurés par là tous seuls, mais on a avec nous des auto-stoppeurs, une famille de Cabo qui se rend au Vénézuela pour quelques jours, qui nous donne ses bons conseils et tout se passe bien.

A Riohacha, on retrouve Yoana (plus ou moins par hasard, après un premier rendez vous raté), rencontrée la veille à Punta Gallinas, et c’est avec elle qu’on poursuit notre route jusqu’à Santa Marta. Là, Aurélia nous quitte, elle se rend le soir même à Bogota, avant de rentrer en France. Ca sera bientôt notre tour… Mais avant ça, direction les plages de rêves du parc Tayrona !

 

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