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Road Trip jordanien : de la mer rouge à la mer morte

Après une première semaine bien remplie, de Amman au Wadi Rum via l’incontournable Petra, pour cette deuxième partie de notre visite de la Jordanie, au programme c’est road trip au départ de la mer rouge, à l’extrême sud ouest du pays, jusqu’à la mer morte, au Nord. Le voyage, le long de la « route du roi », est l’occasion de découvrir plusieurs sites majeurs du pays : ruines de châteaux croisés à Shobak et Kerak, réserve naturelle de Dana, canyon du Wadi Mujib… C’est parti !

Les eaux azur de la mer rouge

C’est un tout petit bout de côte de la mer rouge que détient la Jordanie, moins de 30 kilomètres sur la rive Est, où on trouve une grande ville, Aqaba, sorte de station balnéaire à la mode jordanienne, une zone industrielle, et quelques plages. Au nord, à quelques kilomètres à peine de la ville, c’est Israël (et la ville d’Eilat), 25 kilomètres plus au sud c’est l’Arabie Saoudite. Et en face, les montagnes qu’on voit de l’autre côté de la mer, c’est l’Egypte et la région du Sinaï.

On se pose à South Beach (rien à voir avec Miami !), au sud d’Aqaba : quatre hôtels pas chers et une grande plage publique, et c’est tout ! La mer est très belle, d’un bleu azur dans le petit lagon, d’une teinte beaucoup plus profonde au-delà de la barrière de corail. Les eaux limpides et les fonds marins très riches se prêtent bien au snorkling : poissons multicolores et même pas mal de tortues, il y a de quoi faire ! Après le sable et la chaleur du Wadi Rum, la baignade est agréable !

La plage, par contre, n’est pas top : elle est assez sale, (tout le monde jette ses déchets n’importe où, les poubelles c’est pour décorer, et les efforts des nettoyeurs sont assez vains), et pour les filles il n’est pas très évident de se baigner en maillot ; les femmes ici se baignent totalement habillées, disons que le maillot de bain (une ou eux pièces) détonne un peu et attire les regards. Le matin il n’y a pas grand monde et ça va encore, mais à partir du milieu d’après midi c’est plus compliqué et pour notre part on se rabat sur la petite piscine de l’hôtel. On aime bien, par contre, revenir sur la plage en fin de journée et admirer le coucher de soleil au milieu des familles installées pour le pic nic et observer l’animation : c’est bondé, chacun arrive avec tout son matériel, feu de camp, grande nappe au sol, glacière et bien sur quelques théières ! Nous on découvre l’arak, sorte d’ouzo jordanien, qui passe très bien par cette chaleur et avec les dattes et graines de tournesol que nos différents voisins nous offrent !

On avait hésité sur la durée de notre séjour au bord de la mer rouge, mais au final on ne reste que deux nuits et une journée. Il y a trop de chose à découvrir en Jordanie pour consacrer plus de temps à la plage !

Road trip sur la route du roi, part 1

On quitte tranquillement notre hôtel de South Beach en fin de matinée, après un petit dej et un dernier plouf dans la piscine (ne pas rater une occasion de se rafraichir, ici il fait plus de 40° et très sec !!). Deux minutes après s’être installés le long de la route, on est pris en stop très gentiment par un chauffeur de bus qui rentre à Aqaba avec son bus vide. On se rend à l’agence de location récupérer la voiture qu’on a réservée la veille. Le mec de l’agence est sympa, on a du temps vu que la voiture n’est pas prête, du coup on mange nos shawarma en papotant avec lui ; on place nos trois mots d’arabe, ça le fait rire et quand il voit sur le permis de conduire que ça va être l’anniversaire de Célia dans quelques jours, il nous fait des réductions, et dit à Nico : « du coup tu dois lui faire un cadeau en plus », ce que Célia s’empresse d’approuver !

Et sur ce, c’est parti ! Au début sur l’autoroute du désert (moche et pleine de poids lourds), puis sur la route du roi, beaucoup plus agréable. Conduire en Jordanie ne pose pas de difficultés particulières, si ce n’est qu’il faut faire attention aux ralentisseurs invisibles (la grande spécialité !), et dans certains coins aux ânes, moutons et parfois même dromadaires sur la route. On repasse au niveau de Petra, et comme on l’avait promis on fait un arrêt à l’hôtel où on avait logé pour boire un thé avec Mahmod, son gérant super sympa, avant de dévaliser la pâtisserie Sanabel, l’institution locale, et de reprendre la route.

Arrêt suivant : le château de Shobak. Ce château en pierres blanches qui, de son promontoire, domine la vallée, est une citadelle construite par les croisées puis prise et réaménagée par Saladin. Le site est quand même bien en ruine et la visite n’est, du coup, pas incontournable, mais si on passe par là, pourquoi ne pas y jeter un œil ?

La vallée de Dana

On se rend ensuite jusqu’à proximité de la vallée de Dana (aucun rapport avec une certaine chanson de rap celtique, pas de dolmen par ici !), classée réserve naturelle, où on s’installe dans un camping à quelques kilomètres du village. On y reçoit un accueil très sympa, idem dans le minuscule magasin à proximité où on nous réserve des salutations très solennelles, welcome in Jordan avec la main sur le cœur, le petit salut et tout.

Dans ce site grandiose, on regarde le soleil se coucher derrière les montagnes arides, avant de passer une soirée camping comme on les aime, apéro à l’arak, cuisine au réchau et dodo tôt – demain, c’est rando !

Le lendemain, le réveil est matinal (c’est qu’il fait chaud sous la tente, surtout quand les arbres se font rares !), et on prend la direction du joli petit village traditionnel de Dana, qui lui aussi domine la vallée, avant de se rendre à l’intérieur de la réserve.

On part de l’entrée de la Tower view. De là, on peut descendre en environ 30 minutes vers le campement installé au fond de la vallée. Il est possible d’y dormir mais c’est hors de prix. C’est aussi un point de départ de plusieurs sentiers de rando faisables sans guide en 2-3 heures chacune. Pour notre part, on opte pour celle qui grimpe la montagne et en fait le tour, afin d’avoir une vue sur la vallée, le Wadi Araba et Israël au loin (enfin, derrière le brouillard de chaleur qui flotte en permanence).

La journée sera encore marquée par plusieurs rencontres. Après avoir pris le thé avec les guides qui sont installés au campement, on fait le chemin du retour avec deux allemands, Friedrich et Livie, rencontrés sur le chemin. On les accompagne à leur gesthouse pour un nouveau thé sur le toit, et quand on les laisse on tombe tout de suite sur Koko et Anna, nos deux lillois rencontrés à Aqaba. On se met d’accord pour partir explorer ensemble, dans quelques jours, le nord de la Jordanie (Jerash et les châteaux du désert), et on se fixe rendez vous à Madaba trois jours plus tard.

Road Trip sur la route du roi, part 2

Le lendemain, on reprend le volant le long de la route du roi. On traverse des coins vraiment hors des sentiers touristiques (d’autant plus quand on se perd et qu’on sort de la route du roi). Dans les villages, ça bouchonne souvent car les rues pas très larges sont occupées par les étals des vendeurs, et tout le monde se gare n’importe comment pour faire son marché. Notre passage suscite souvent un peu de curiosité, entre autre aux stands de thé ou de fallafels tout chauds où on se ravitaille pour la route.

On arrive à Kerak, et on se rend directement dans la vieille ville, sur la colline, pour visiter le château. Là encore c’est un château croisé à l’origine, réaménagé ensuite par les arabes à partir de Saladin, dont les murs d’enceintes et les tours sont bien en ruines, mais dont l’intérêt principal se trouve en sous – sol : de nombreuses pièces souterraines ont été creusées dans la colline, dont certaines très vastes. Elles sont éclairées par des puits de lumières et reliées entre elles par un réseau de long couloirs voutés – un vrai dédale. L’ensemble donne une idée de l’importance du château et des centaines de personnes qu’il pouvait abriter.

Canyoning dans le Wadi Mujib !

L’étape suivante, à moins d’une heure de route de Kerak et après une descente impressionnante vers la mer morte, c’est le canyon du Wadi Mujib.

Dans ce canyon étroit (qui est aussi le plus profond du pays) s’écoule un cours d’eau agité, avec la formation de plusieurs petites cascades. On peut en remonter le cours sur plusieurs tronçons en canyoning, dont un circuit d’environ deux heures (aller-retour) faisable sans guide. La balade est super fun et le décor superbe ! Le parcours est assez simple au début (on marche dans l’eau, ni plus ni moins, avec quelques rochers à escalader), il se complique un peu ensuite ; des cordes ont été installées, il faut se hisser à la force des bras tout en se prenant des trombes d’eau sur la tête, ça demande un peu de condition physique. On est d’ailleurs aidé pour l’un de ces passages par un guide qui accompagne deux autres personnes. On est assez fiers de nous quand on réussit à passer et à atteindre la cascade qui marque le bout du parcours ! Le retour se fait tranquillement, en se laissant flotter dans le courant.

Une baignade dans la mer morte

Avant et après le Wadi Rum, on longe la mer morte sur toute sa longueur, environ 60 kilomètres, jusqu’à l’hôtel qu’on a repéré tout au nord. Malheureusement, pour la mer morte le passage est quasi-obligé par un de ces horribles clubs / resort et leurs plages privés. On peut opter pour un simple accès à la plage (cher, y compris pour les quelques plages publiques) ou y loger (et l’accès à la plage est alors inclus). Sinon, option gratuite, on peut aller en dehors des plages officielles mais il faut prévoir des jerricans d’eau, il n’est pas envisageable de prendre la route sans s’être rincé. Autour il n’y a quasiment rien, la côte est désertique. L’hôtel qu’on choisit, le Ramada, est une sorte de club qui voudrait se donner des airs d’hôtel de luxe mais qui n’y arrive pas vraiment. Peu importe, ce qui compte c’est l’accès à la mer morte !

Alors la mer morte, qu’est ce qui la rend si spéciale ? En fait cette espèce de grand lac a la double particularité d’avoir une teneur en sel extrêmement élevée (10 fois plus que les océans), à tel point qu’aucun poisson ne peut y survivre, et d’être situé à une « altitude » négative… On est à 424 mètres en dessous du niveau… de la mer (la « vraie ») ! Et s’y baigner est une expérience très spéciale et vraiment marrante ! Quand on entre, au début on ne remarque rien de particulier, et puis d’un coup, quand on a de l’eau à mi cuisse on sent que la pression de l’eau est plus forte que d’habitude. Une fois entièrement dans l’eau on se rend compte qu’on flotte « trop ». Si on est en position verticale les épaules sont complètement hors de l’eau sans aucun effort (le rêve de tout joueur de water polo !). Si on veut s’enfoncer dans l’eau on remonte direct, on fait le bouchon. Dès qu’on bouge un peu les pieds vers l’avant, hop en une seconde on se retrouve à faire la planche. Idem quand on met ses pieds vers l’arrière, tout de suite les fesses et les talons sont à la surface. C’est marrant, mais en réalité pas spécialement agréable : ça brule vite, la moindre égratignure se met à piquer (et après le Wadi Mujib, des égratignures il y en a !), et surtout il ne faut pas se mettre d’eau dans les yeux… (avantage, il n’y a pas de gosses, ils restent tous à la piscine et on a la plage pour nous ! Quoi ? C’est pas politiquement correct ?! :-D).

Le grand classique, c’est ensuite le bain de boue de la mer morte : on se tartine de la tête au pied de cette boue qui est supposée être très bonne pour la peau, et après avoir séché 20 minutes au soleil, on se rince dans la mer. On a l’air con mais c’est fun, alors autant assumer !

Madaba, la ville des mosaïques

Enfin, après deux jours au bord de la mer morte, on prend la direction de Madaba. La route n’est pas longue, on remonte les montagnes sur la trentaine de kilomètres qui sépare la ville de la mer. La ville est assez agréable, avec un joli centre en pierre claire et une ambiance plutôt décontractée (plus calme qu’à Amman). On trouve ici une grande mosquée avec deux hauts minarets, une église orthodoxe et de nombreuses mosaïques de diverses époques, dont une (dans l’Eglise) représentant la carte de la Palestine, très intéressante. Il y a à Madaba une importante minorité chrétienne, ce qui fait que la nuit c’est appel du Muezzin ET cloches qui carillonnent au petit matin !

On passe à Madaba une agréable journée et une soirée très sympa sur le toit de la guesthouse en compagnie de Koko et Anna qui nous ont rejoint, avant de reprendre la route, d’abord pour le mont Nebo (vue un peu décevante mais les mosaïques dans l’église valent le coup d’œil) puis pour la dernière étape de notre voyage : les châteaux du désert et Jerash !

 

Infos pratiques

Hôtel / guesthouse à Aqaba : Bedouin Garden village, chambres correctes et cadre sympa, piscine, 45JOD pour une chambre double pour deux nuits

Location matériel snorkling : 4 JOD par personne pour la journée

Taxi vers la ville: 5 JOD l’aller

Château de Shobak : 1 JOD (ou inclus dans le Jordan pass)

Logement à Dana : camping Anawatef Camp, à 10 minutes en voiture environ du village de Dana, 10 JOD pour deux en tente (petit dej inclus), cadre superbe

Dans le village même, plusieurs petits hôtels, on peut conseiller le Dana Tower Hotel, très mignon, 20 JOD la chambre double avec petit dej

Château de Kerak 3 JOD (ou inclus dans le Jordan pass)

Wadi Mujib : 21 JOD, non inclus dans le Jordan pass. Eviter le vendredi et le samedi car c’est le week end et il y a beauoup de monde

Hotel à la Mer morte – Ramada resort, 56 JOD la chamber double (sur booking)

Hotel à Madaba : Moab Hotel, très sympa et super bien situé, 15 JOD la chambre double

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