Espagne

Un long week-end à Majorque

C’est à l’occasion de l’anniversaire de la mère de Célia qu’on prend la direction de Majorque pour un long week end de découvertes en famille.

On doit dire qu’avant de se pencher de plus près sur la question, on avait une image toute faite de Majorque qui nous renvoyait surtout à ses plages, ses fronts de mer bétonnés et ses fiestas. Pas vraiment un lieu propice aux découvertes, quoi. Mais ce long week end sur place nous a permis de constater que Majorque ne se limite pas à ça, et que l’île abrite des coins très tranquilles, préservés de la foule, avec des paysages vraiment superbes qui méritent le déplacement !

Par exemple ce genre de paysage…

Plus précisément, on a organisé notre séjour entre une première journée à Palma pour visiter le centre historique, puis trois jours dans la très belle Serra de Tramuntana, la chaîne de montagne classée au patrimoine de l’unesco qui occupe tout l’ouest de l’île, qu’on a réussi à pas mal explorer (avec une voiture de location, bien pratique ici, et dont les prix sont très abordables).  

Le centre historique de Palma de Majorque

Arrivés tardivement en provenance de Paris, on prend directement la direction du centre pour passer la nuit dans un hostal du centre ville. La pension Pons ne paye pas de mine et est franchement décrépie, mais elle a son charme vieillot et elle est très bien située dans le centre historique. Elle s’avère un bon camp de base pour partir à la découverte de la vieille ville le lendemain matin, qui dégage une atmosphère qui n’est pas désagréable.

On déambule au gré des ruelles pavées, on observe les façades pastelles, leurs balcon et bow-windows en bois, on débouche sur des placettes bordées d’orangers et, agrémentées de jolies fontaines ; la promenade permet de découvrir plusieurs églises, massives et d’une belle teinte rosée.

On finit, inévitablement, par rejoindre le bord de mer ; là, on admire les murailles, et puis cette imposante cathédrale qui d’extérieur donne l’image d’un gros bloc mais qui se révèle très fine et aérée à l’intérieure (avec ses 45 mètres de hauteur).

Bref, cette journée est bien agréable et notre verdict est clair : Palma mérite bien qu’on y accorde une journée de son temps ! Plus ? C’est loin d’être sûr : la ville est quand même très touristique, le centre historique est traversé par plusieurs artères très commerçantes, et le front de mer n’a, à notre sens, pas vraiment d’intérêt.

En ce qui nous concerne, on ne regrette pas notre plan : filer dès la fin de journée vers l’arrière pays, en l’occurrence le village de Selva dans les contreforts de la serra de Tramuntana, le point de départ de notre découverte de l’ouest de l’île !

Le nord de la Serra Tramuntana

On décide de consacrer notre première journée de découverte à la partie nord de la serra. Un choix qui nous emmène d’abord vers le village d’Alcudia, un beau petit village qui a conservé une partie de ses anciens remparts.

Quasi entièrement piéton, le petit centre historique se parcourt en une heure de balade. Si la rue principale est très fréquentée, dès qu’on s’en éloigne on est très tranquilles et c’est un vrai plaisir de déambuler dans les ruelles désertes, étroites et bordées de maisons en vieilles pierres dorées, pour la plupart très bien réhabilitées, agrémentées de fleurs et plantes en quantité, certaines laissant voir de beaux patios.  

Dans la partie ouest du village on peut monter sur les remparts et parcourir un bout du chemin de ronde, d’où on a une belle vue d’un côté sur le village, de l’autre sur la mer un peu plus loin.

Dans la partie est du village, l’Eglise Sant Jaume, massive (comme toutes les églises de Majorque qu’on a pu voir) et aux couleurs intéressantes (avec un pan rosé), vaut le coût d’œil.

En partant d’Alcudia en direction de la péninsule de Formentor, la route longe la côte autour de la jolie baie de Polença, malheureusement de plus en plus construite et bétonnée à mesure qu’on approche de Port de Polença, la station balnéaire du coin. On trouve quand même avant d’y arriver quelques coins de plage tranquilles avec même des tables à l’ombre des pins pour le pique nique.

On arrive ensuite dans la Péninsule de Formentor. La route sinue dans la montagne rocailleuse couverte de pinède, et chaque virage est l’occasion de découvrir et redécouvrir la mer avec ses variantes de couleur sous un angle différent. Plusieurs points de vue valent un arrêt sur le trajet. Le 1er est celui de Es Colomer, avec une petite marche de 5 – 10 minutes. On se trouve alors en haut de falaises à pic, avec une vue à couper le souffle sur la côte, les falaises ciselées, la mer scintillante d’un bleu profond qui devient turquoise translucide près du bord.

Arrivé au niveau de playa Formentor la route qui mène au bout du cap est interdite aux voiture (entre 10h et 19h), on se gare au parking, et de là on prend un bus pour rejoindre le bout du cap et le phare. A première vue c’est inquiétant vu le nombre de voitures garées (des centaines), mais en fait tout le monde va à la plage à côté, très peu continuent vers le cap. En réalité, cette histoire de bus c’est LA bonne idée: il met à peine 15 minutes à rejoindre le cap (et il y a un départ toutes les 30 minutes), il n’y a du coup personne sur la route au lieu d’un long bouchon, juste 2 bus qui font la navette, quelques cyclistes courageux et des chèvres qui gambadent (on ne parle pas des touristes 😊) ; le paysage y gagne en sérénité (pour le coup, le cadre est sauvage et totalement préservé) et le trajet en bus est une activité en soi : on a littéralement passé tout le trajet les yeux grands ouverts et le nez collé à la vitre ! On commence par traverser la pinède puis la route s’élève et la vue est magnifique sur la mer de part et d’autre au fil des lacets. Temps fort : le passage au niveau de Cala Figuera : une crique aux magnifiques eaux turquoises, quasi déserte (vu de la route, 15 personnes max). Le bus  s’y arrête sur demande, et c’est un vrai bon plan pour une baignade tranquille dans un cadre paradisiaque.

La crique de Cala Figuera… ça donne envie de se baigner non ?

Au bout, le phare domine le cap et la vue, là encore, est superbe à 360 degrés.

Le centre de la Serra Tramuntana

On poursuit nos explorations par la partie centrale de la Serra Tramuntana. De Selva, la route attaque tout de suite l’ascension de la montagne. On est assez vite en haut, et on admire, d’un côté la plaine, de l’autre la mer, et un peu partout les flancs montagneux recouverts de pinède ou de plantations d’oliviers installés en terrasses, dans la terre ocre.

La route vers Soller offre de nombreux points de vue, et on passe notre temps à s’arrêter pour admirer le paysage et prendre des photos (et aussi boire une petite orange pressée, mais bon, faut dire qu’il fait chaud !).

On arrive à Soller, le beau petit village du centre de la serra, installé au niveau de la mer et entouré de toutes parts par les montagnes. Le village est joli, il faut juste s’éloigner de la place centrale qui aurait pu être intéressante (avec sa belle église, ses platanes et sa fontaine, et puis le tram en bois qui passe en plein milieu) mais qui est vraiment surpeuplée et s’est transformée en une vaste terrasse pour touristes, et à peine 100 mètres plus loin on peut apprécier les lieux beaucoup plus paisiblement. En prenant la rue Lluna, par exemple, même si ça s’annonce mal avec son panneau « centre commercial », en réalité progressivement on avance vers le calme, et quand la rue Lluna devient la rue Alqueria del Comte en un rien de temps on se retrouve tout seul, dans des ruelles agréables, avec des vieilles pierres à admirer et les montagnes en arrières plan qui jouent à cache cache avec les maisons.

Une quinzaine de kilomètres après Soller vers le sud (comptez 30 minutes de route, c’est la montagne quand même !), on tombe sur le tout petit village de Deia. Un hameau de maisons de pierre tout mignon, perché sur un promontoire rocheux face à la mer, qui se découvre assez vite et nous a bien plu. En s’éloignant un peu en hauteur (vers l’hostal Mirama par exemple), on a une belle vue en plongée vraiment chouette !

Et puis, en reprenant la route, c’est l’éternel ballet des  oliviers – terre ocre – falaises – mer bleu de ouf qui reprend… ça en deviendrait presque banal… non, on déconne !!

Le sud de la Serra Tramuntana

Enfin, pour notre dernier jour on prend la direction de la partie sud de la Serra Tramuntana, en commençant par le village de Valdemossa. Des différents villages qu’on a visité au cours de ces quelques jours, c’est celui qui nous a plu le plus : dès l’arrivée (par l’est) la vue d’ensemble est très belle sur ce village construit sur une colline, dominé par les clochers de ses deux églises, et entourés par les oliviers. Une fois à l’intérieur, le village, bien que très fréquenté, dégage un vrai charme avec ses ruelles pavées et ses maisons en pierres dorées par le soleil, et c’est un plaisir d’y déambuler un moment.

On poursuit ensuite notre route vers le sud, avec un arrêt pour manger dans le village de Banyalbufar, en bord de mer en haut des falaises, avec des grandes terrasses de vignes et d’olivier en plein face à la mer. Lui aussi mérite une mention spéciale : si Valdemossa est surement le plus beau village, Banyalbufar est sans aucun doute celui qui bénéficie du meilleur emplacement et de la meilleure vue !

Au sud de Banyalbufar, la route longe la côte et réserve des points de vue superbes sur les falaises, les criques et les montagnes. Cette portion de la côte, jusqu’au village d’Andratx, est souvent présentée comme la plus belle de toute l’île et cette réputation n’est pas volée (mais en concurrence avec le cap de Formentor à notre avis). En voiture ou à vélo pour les plus sportifs, c’est un coin à explorer absolument !

Conclusion de ces quelques jours : Majorque est une destination qui se prête bien à un long week end / une semaine de découverte. Paysages et villages valent le coup d’œil, il fait beau, les distances sont raisonnables, c’est sûr qu’on n’est pas tout seul mais en choisissant ses endroits ça reste vivable. La voiture est par contre recommandée (même si certains villages sont desservis par des bus).

En ce qui nous concerne, on a beaucoup aimé, et on a bien l’intention de revenir pour randonner dans la Serra Tramuntana, sur le GR 221 qui permet d’en remonter une bonne partie en 5 jours…

Infos pratiques : temps de parcours

L’île n’est pas grande et les temps de parcours restent raisonnables, même dans la partie montagneuse. Pour gagner du temps, on peut redescendre de la montagne et emprunter l’autoroute qui traverse la plaine de Palma à Alcudia, ce qui permet de gagner pas mal de temps. Quelques exemples de temps de parcours (hors temps de pauses – photo qui sont à ajouter !) :

Palma – Selva (par l’autoroute) : 45  minutes

Selva – Alcudia (par l’autoroute) : 35 minutes

Alcudia – Playa Formentor : 30 minutes  

Selva – Soller (par la montagne) : 1h20 plus les pauses photos

Soller – Deia (par la montagne ) : 30 minutes

Deia – Selva (en reprenant l’autoroute) : 1h

Selva – Valdemossa (par l’autoroute puis la montagne) : 45 minutes

Valdemossa – Banyalbufar (par la montagne) : 30 minutes

Banyalbufar – Andratx (par la montagne) : 45 minutes

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