Birmanie,  Laos,  Thaïlande

Défi de la semaine, rejoindre le Laos depuis la Birmanie via la Thaïlande

Après la Birmanie, on décide de poursuivre notre voyage vers le Laos. Les deux pays partagent un petit bout de frontière au nord est (de la Birmanie), dans la célèbre région du Triangle d’or (où tous deux et la Thaïlande se rejoignent). Sauf que la frontière Birmanie – Laos est fermée aux étrangers. Il faut donc procéder par étapes, et passer de Birmanie en Thaïlande (cette fois, le poste frontière est ouvert à tous), puis de Thaïlande au Laos. Le tout prendra au moins deux jours, peut-être plus, mais on n’est pas pressés.

Première étape, il faut donc rejoindre le poste frontière birman, situé dans la ville de Tachileik. Problème, il n’est pas possible de rallier par voie terrestre cette ville depuis le centre de la Birmanie, où on se trouve (au lac Inle), car la zone est interdite d’accès aux étrangers en raisons de combats entre l’armée birmane et des groupes rebelles locaux ; les bus ne prennent donc pas les étrangers et ceux qui ont tenté leur chance en stop ont été bloqués à un check-point et reconduits à leur point de départ… Autant dire qu’on a lâché l’affaire, et on doit donc prendre un petit vol interne pour atterrir directement à Tachileik, toujours en Birmanie, donc.

Le folklore birman à l’aéroport d’Hého

On achète nos billets dans une petite « agence de voyage » de Nyaungshwe au lac Inle : c’est dans une pièce quasi vide avec juste un bureau et un fax qu’on nous remet un papier tenant lieu de confirmation de réservation contre paiement en liquide sans reçu… Ne pas s’inquiéter, c’est sérieux.

On découvre donc ensuite l’aéroport d’Hého, minuscule bâtiment perdu dans la campagne mais grouillant d’activité dans un joyeux bordel. Les diverses opérations pré-décollage se font de façon assez artisanale : on nous remet un billet sans nom, sans horaire et sans numéro de siège, avec juste le numéro de vol griffonné devant nous au stylo, pendant que nos bagages sont emportés à la main par des employés de la compagnie (pas de tapis roulant ici !). A « l’enregistrement », on apprend que notre vol, comme tous les autres, est retardé de plusieurs heures : 1h, peut-être 2h, non en fait compter plutôt 3h, « maybe, maybe », c’est pas très clair (au final, on décollera avec 2 heures de retard). Raison invoquée : il y aurait du brouillard à Rangon. Ca fait un mois qu’il fait 35 degrés et qu’on n’a pas vu un nuage, mais bon, admettons qu’il y ait du brouillard à Rangon, et donc ce brouillard à 800 kilomètres d’ici paralyse l’activité aérienne à Hého, puisque toutes les rotations partent de la capitale… En tout cas, ça n’a l’air de stresser personne, et surtout pas le flic de la sécurité, qui roupille paisiblement pendant que tout le monde passe librement avec son sac sous le scanner, qui de toute façon a l’air débranché. Du coup, pour nous c’est sieste dans l’herbe dans la « salle d’embarquement » en plein air.

Embarquement immédiat !
Embarquement immédiat !

Quand l’heure de l’embarquement approche, on passe le contrôle de l’immigration (coup de tampon sur le billet d’avion anonyme sans un regard sur nos passeports) puis la sécurité : le scanner a été branché, mais on nous fait signe de passer sans vider nos poches et tout le monde s’en fout quand ça bipe. Dans la salle d’embarquement, pas d’écrans, pour annoncer les embarquements des employés des compagnies passent avec une petite pancarte ; on rejoint ensuite son avion à pied, sur le tarmac (sur lequel on peut à peu près se promener librement)… Bref, c’est local – local. Etonnamment, on finit par décoller, dans un petit avion à hélices qui nous mène à bon (aéro)port !

Premier passage : la frontière Birmanie – Thaïlande

Après avoir récupéré nos bagages directement sur le tarmak, on se met en quête d’un transport pour la frontière qui est à 10km de là. On se fait évidemment raccoler par les taxis qui exagèrent un peu sur les prix étant donné qu’il n’y a pas de bus. On décide donc de faire du stop et on aborde directement sur le parking les gens qui rejoignent leur voiture. En deux minutes, nous voilà installés dans la voiture d’une famille super sympa qui nous conduit jusqu’au poste-frontière.

Le passage de la frontière se fait sans problème. Que ce soit du côté birman comme de celui thaïlandais tout se passe très simplement : pas de questions, pas de fouille des sacs, quelques papiers et c’est tout.

Nous voilà donc côté thaïlandais dans la ville de Mae Saï. Elle n’a pas d’intérêt particulier, et comme on est encore en début d’après midi on décide d’avancer. On se met donc en quête d’un transport pour nous amener vers l’une des villes suivantes sur la route du Laos, si possible celle de Chiang Saen, toujours dans le triangle d’or.

On se ravitaille en noix de cajou mais pour payer on n’a pas de baths thaïlandais, seulement des kyats birmans. La vendeuse les accepte, mais ça donne lieu à un calcul un peu compliqué :

« -alors 100 baths, ça fait 2,5 euros

-oui mais ça fait combien en kyats ?

-euh… 1 euros = 1400 et quelques kyats donc disons 3500

-ah mince… On a qu’un billet de 5000. Comment on fait pour la monnaie ?

-Bon 1500, ça fait 1 euros donc là normalement, elle nous rend environ 40 baths »

Finalement la vendeuse appelle sa copine à la rescousse qui, armée de sa calculatrice, valide nos calculs ! Pas mal pour nos cerveaux rouillés !

Maintenant direction Chiang Saen. On saute dans un songthaew (sorte de camionnette style pick-up avec des bancs en bois à l’arrière) qui nous amène à la gare routière d’où partent en principe des bus pour Chiang Saen. En fait, il n’y a plus de bus direct mais au prix d’un détour on peut prendre un mini-bus qui nous larguera dans une autre ville où on pourra récupérer un bus style ramassage scolaire pour notre destination ! En Asie il n’y a pas de problèmes, que des solutions !

On arrive donc en fin de journée à Chiang Saen et on s’arrête pour la nuit dans cette petite ville située en bordure du mékong et face au Laos, asse animée en soirée grâce à son night-market et à ses stands de street-food !

Tous les chemins mènent à Chiang Kong

Le lendemain, on reprend notre route direction Chiang Khong, la ville frontière avec le Laos. Cette fois, on se dit que ça devrait aller vite, vu qu’il n’a que 50 kms ; visiblement on est encore naïfs.

On arrive à l’arrêt des Songthaew :

« – C’est, ici les songthaew pour Chiang Khong ?
– Oui
– C’est quand le départ ?
– Dans 15 personnes !
– Ah ok !
»

Il ne faudra qu’une demi-heure pour que les effectifs soient au complet, qu’on meuble en buvant un petit café face au Mékong. Ensuite, c’est parti pour une virée à travers la campagne dans le songthaew brinquebalant !

Le trajet est beaucoup plus long qu’on ne l’avait imaginé car le chauffeur fait plein de détours et dépose tout le monde à droite à gauche dans les coins les plus reculés de la campagne. On dépose même un groupe au bord du Mékong qui prend sa barque pour retourner côté laotien (on ferait bien pareil mais sans tampon sur le passeport, ça risque de coincer…). Au fur et à mesure tous les autres passagers descendent et on réalise qu’on est les seuls à aller à Chiang Khong. D’ailleurs même le chauffeur n’y va pas ! Il nous largue dans un village où il nous fait changer de songthaew. Mais ça se fait vite, il avait prévenu un collègue qui nous attendait.

On finit par arriver à Chiang Khong au bout de 2h30 ; pour faire 50 kms c’est pas mal !

Ceci dit ce n’est pas grave ; la route est vraiment agréable, elle longe le Mékong qui serpente entre les collines recouvertes de végétation tropicale et parsemées de quelques rares villages. On a ainsi un bon aperçu de cette belle région du triangle d’or.

Chiang Khong n’est pas une ville passionnante en soi, mais on s’y sent bien ; l’ambiance est paisible, on est bien installés dans notre petite guesthouse où on a une chambre dans une petite cabane en bois avec une terrasse au calme, et il y a de belles balades à faire dans les environs. On décide donc de s’attarder et on reste finalement trois jours ici, sur un rythme tranquille : tournée des environs en scooter, bonne cuisine thaï, piscine (de l’hôtel d’à côté) en surplomb du Mékong…

Second passage : la frontière Thaïlande – Laos

On finit quand même par se remettre en route et par se diriger vers le Laos : au programme, songthaew jusqu’au poste frontière, passage rapide de la sortie côté thaïlandais, transfert en bus sur le 4e « pont de l’amitié » qui enjambe le Mékong et qui constitue le no man’s land, puis entrée au Laos. Là aussi, les formalités se font très simplement. Le visa est délivré au poste frontière à toute vitesse (c’est un vrai travail à la chaine, et en bout de course une douanière brandit les passeports et chacun tente de se reconnaître. Un petit rigolo fait les annonces : « french passeport ! » Ha, c’est nous !).

Bref, trop facile cette entrée au Laos. On nous avait promis du folklore et des pots de vins, bein même pas ! On en serait presque déçus ! (par contre pour le passage Laos – Cambodge, ça sera une autre histoire !).

Et maintenant, direction le port : on embarque pour deux jours de bateau sur le Mékong, jusqu’à la ville de Luang Prabang !

 Infos pratiques

Transports :
– Avion Hého (Lac Inle) – Tachileik : 120 $ par personne, + taxi Nyaungshwe – aéroport 12.000 kyats
– Taxi aéroport Tachileik – poste frontière avec la Thaïlande : 8.000 kyats
– Songthaew pour la gare routière de Mae Sai depuis la frontière : 15 baths / personne. Ensuite, bus Mae Sai – Mae Chan puis Mae Chan – Chiang Saen : 30 baths / personne / trajet. Le matin, il y aurait des bus directs.
– Songthaew Chiang Saen – Chiang Khong : 100 baths / personne
– Songthaew pour le poste frontière depuis Chiang Kong : 50 baths / personne
– Côté Laos, Tuk-Tuk poste frontière – embarcadère de Houessai : 100 baths / personne (les baths sont acceptés et lors de notre passage il est même un peu plus intéressant de payer en baths plutôt qu’en Kips)

Logements :
– Guesthouse à Chiang Saen : Tata homestay, (très) rudimentaire mais correct, chambre double 300 baths
– Guesthouse à Chiang Kong : Baan Fai Guesthouse, sympa, chambre double avec sdb 350 baths (pour la 1ère nuit ; négociée à 300 pour les suivantes)

12 commentaires

  • Chantal Vanhay

    Bonjour, très sympa et très instructif votre blog 🙂 J’ai une petite question. Je souhaite comme vous passer de la Birmanie en Thaïlande et ensuite au Laos mais l’ambassade me dit que je dois prouver en entrant sur le territoire thaïlandais que j’y resterai moins de 30 jours (visa touristique). Aviez-vous acheté le billet pour le bateau du Laos à l’avance pour le montrer à l’entrée en Thaïlande ?
    Merci d’avance pour votre aide qui me serait précieuse !

    • Kikis

      Salut Chantal ! Merci pour ton message ! C’est l’ambassade de France qui te dit ça ? Nous quand on est entré en Thaïlande on avait aucune preuve de sortie et on ne nous a rien demandé du tout !
      C’est peut être moins strict pour les entrées aux frontières terrestres qu’à l’aéroport.
      Mais quand même c’est étonnant car tu peux aussi entrer sans visa pour les 30 premiers jours puis étendre ton droit de séjour en allant dans un centre d’immigration (chose qu’on avait fait à Chiang Mai car on est resté environ 40 jours dans le pays lors de notre 2e passage).
      Bon voyage en tout cas c’est un beau parcours qui t’attends !!

      • Chantal

        Il semblerait que ça varie selon l’humeur et que ce qui était vrai il y a quelques années ne l’est plus (les mesures seraient plus strictes maintenant). C’est l’ambassade en Belgique qui m’a donné cette info. Je verrai sur place. Et c’est une bonne chose de savoir que je pourrai si nécessaire prolonger à l’immigration sur place. Merci 🙂

    • Kikis

      Hello ! De mémoire, les vols Birmanie – Laos étaient très chers (en + il aurait fallu redescendre à Rangon avant), et au Laos il aurait fallu atterrir à Vientiane, ce qui n’était pas le plus pratique pour voir le nord du Laos puis redescendre. Et puis on avait le temps et on y a vu l’occasion de visiter le triangle d’or !

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