Chine

Pékin, une belle découverte

On est arrivé à Pekin sans savoir du tout à quoi s’attendre. On s’est rendu compte qu’on n’avait pas vraiment d’image de la ville en tête, et que si on imaginait quelque-chose, c’était plutôt dans le style mégalopole hyper-active et bruyante.

Sous le charme des Hutongs

Dès notre première balade, on prend une grande claque.On se lance à la découverte du quartier de Dongcheng, le centre historique de Pékin, à proximité de la Cité Interdite. Dans ce quartier, pas de buildings, peu de constructions modernes, très peu de grands boulevards. Le quartier entier est constitué d’un réseau de ruelles qui forment de véritables dédales : les Hutongs, dont on tombe immédiatement sous le charme. Les Hutongs sont bordés de petites maisons sur un ou deux niveaux, dont certaines comprennent de jolies petites cours carrées. Plus ou moins étroits, ils sont quasi piétons : seuls circulent ici les vélos électriques et les petites carrioles. Il est vraiment très agréable d’y flâner et de s’y perdre, à la découverte des minuscules échoppes et des touts petits boui-bouis de quelques tables où se pressent les habitants. A la fois animés et paisibles, les Hutongs sont pour nous une superbe découverte ; pendant 10 jours, à partir de notre AJ (Peking Yard Hostel) qui est elle-même très bien située dans un Hutong au cœur de Dongcheng, on ne se lassera pas d’y déambuler au rythme de la vie Pékinoise. On a l’impression de vivre dans un petit village alors qu’on est au cœur d’une mégalopole de 20 millions d’habitants !

Pour nous tout est dépaysant ici : les enseignes, les couleurs, les sons, et puis ces merveilleuses odeurs de nourriture qui émanent d’un peu partout et qui invitent à toujours plus de découvertes culinaires… !!

L’orientation est parfois un peu compliquée !!

Au fil de nos promenades, on échoue dans diverses petites cantines de quartier. L’une de nos préférées, au bout du Hutong de notre AJ, sert essentiellement la fondue chinoise qui est l’un des grands classiques de Pékin ; les riverains s’y installent pour de copieux et bruyants repas dans une bonne humeur communicative. Larges éclats de rire quand on nous présente la carte exclusivement en chinois, mais on s’en sort grâce à l’empressement du patron à nous aider et à nous présenter les différents plats.

Autre observation que nous permettent nos déambulations : d’une façon générale les pékinois sont supers sympas ! Très sociables et souriants, engageant facilement la conversation avec beaucoup de naturel, mais aussi très calmes, posés, ils nous font une super impression. Dans la rue, les gens n’hésitent pas à nous renseigner s’ils le peuvent, et font de réels efforts pour qu’on se comprenne. Une exception : la métamorphose est totale dès que se présente une file d’attente quelconque. Là, c’est la guerre : on se bouscule, on se double, plus rien ne compte !

On rencontre dans la rue un mec qui nous aborde en nous entendant parler français. Comme tous les Chinois ayant vécu en Europe ou s’y intéressant, il s’est choisi un « nom européen », et c’est ainsi qu’il se présente à nous non pas en tant que Teng Chu Fo (on écrit en phonétique ce qu’on a entendu…), mais en tant que… Loïc ! Il nous parle, dans un très bon français, quelques instants, avant de reprendre tranquillement son chemin. On rencontre aussi à notre AJ Li Chu Fai, de son nom européen Florence, qui vient de la ville de Tsingtao (oui, comme la bière), et qui réside quelques temps à Pekin pour y passer des examens d’anglais (qu’elle parle très bien). Elle hante la salle commune avec ses bouquins et on a l’occasion de discuter régulièrement avec elle. Une de ses copines, qui a vécu en France, fait des études de marketing international dans le domaine de l’œnologie… Elle se lance dans de grandes discussion sur le phénomène, qu’elle déplore, du rachat de châteaux bordelais par des entreprises chinoises, et nous demande notre avis… hum… mais comment dire qu’on n’y connait rien ?!

Pékin côté monuments

Après avoir fait pas mal de trajet ces derniers temps, on apprécie vraiment de se poser dans un cadre aussi agréable, et on décide donc de rester 10 jours à Pékin, ce qui nous permet aussi de découvrir les superbes monuments de la ville sur un rythme tranquille : Cité Interdite, Grande Muraille, Place Tian’anmen, des temples, des parcs… de ce côté-là aussi il y a de quoi faire ; on a d’ailleurs concocté une petite vidéo pour essayer de présenter Pékin.

La Grande Muraille

En ce qui concerne la Grande Muraille, à proximité de Pékin, différents tronçons sont visitables. On évite l’ultra touristique et surpeuplé Badaling, et on choisit un tronçon un peu plus éloigné, mais plus authentique et moins fréquenté : celui qui va de Jinshanling à Simatai. A l’origine notre projet était d’aller y passer deux ou trois jours, dans une petite auberge perdue dans un village juste en face de la muraille qu’on avait repérée sur un blog de voyageurs (novomonde et acontresens), et à partir de laquelle il est possible de partir en promenade sur le mur. L’hiver et la météo nous contraignent à laisser tomber ce plan plus adapté à l’été, et finalement on fait l’aller-retour dans la journée. La rando, sur un mur verglacé par endroits, n’en est pas moins magique : la muraille enneigée est magnifique et on croise à peine quelques personnes pendant nos 3h sur place. Il est certain que cette journée restera pour nous un moment inoubliable !

Bon, il y quelques bémols quand même…

Allez, n’exagérons pas dans l’idéalisation de Pékin, il y a quand même, malheureusement, de moins bon côtés.

Le principal : la pollution. Elle est variable selon les jours et apparemment selon les saisons, mais elle peut être infernale. On ne la sent pas trop au début, mais sur la les deux derniers jours, c’est abominable. La ville entière est recouverte d’un épais brouillard, on ne voit pas le ciel, on évolue dans cette brume dense d’émanations diverses et variées, c’est juste l’horreur, et d’ailleurs on reste cloîtré à l’AJ. On sait que des mesures sont prises pendant ce pic de pollution : le gouvernement ordonne l’arrêt des usines, des chantiers, limite la circulation, mais ça ne suffit manifestement pas et en réalité tout le monde attend que le vent se lève pour balayer tout ça.

Deuxième point négatif, mais il n’est pas spécifique à Pékin : la très (très très) forte présence policière. Il y a des flics partout, dans certains coins à chaque croisement de rue, on sent qu’il est possible de boucler une rue très rapidement. Cela dit, l’aspect sécuritaire relève parfois seulement de la poudre aux yeux. Exemple : pour accéder au métro, à chaque station il y a un contrôle des bagages, avec un scanner comme dans les aéroports. Au début on fait contrôler nos sacs, justes un peu étonnés de ne pas devoir nous même passer dans un scanner et donc d’être libres d’avoir ce qu’on veut dans nos poches. Avec le temps on se rend compte que le contrôle des bagages est en fait facultatif : si on passe sans ralentir, l’agent de sécurité fera un vague geste pour désigner le scanner, mais ne fera rien pour nous arrêter. Du coup, on se dispense évidemment des contrôles. Mais l’intérêt d’avoir une équipe de sécurité à chaque entrée ? Mystère !

Enfin, le charme du quartier de Dongcheng ne se retrouve pas dans les quartiers moins centraux. Dès qu’on s’éloigne, fini les Hutongs, bonjours les grands buildings et les boulevards chargés. Pékin compte pas moins de… 7 périphériques (!!), et Dongcheng est à l’intérieur du 1er… Ca donne une idée de l’étendue de la ville ! Or s’il s’agit d’y vivre, Dongcheng est inaccessible, avec un prix du mètre carré très nettement supérieur à celui de Paris (alors même qu’un certain nombre de petites maisons, très anciennes, n’ont ni eau courante ni toilettes).

Malgré ces quelques bémols c’est enchantés qu’on quitte Pékin et qu’on embarque dans notre train de nuit direction Shanghaï !

Infos pratiques

Logement : Peking Yard Hostel est une très bonne adresse, mais un peu chère compte tenu de sa localisation (2 lits en dortoirs de 7 = 200 Yuan par nuit). Tout en restant assez bien situé, on peut trouver moins cher dans le quartier Quianmen, au sud de la Cité interdite.

Transport : le métro est très pratique, nombreuses lignes. Billet 3 ou 4 Yuan selon destination.

Train Pékin – Shanghaï : environ 14 heures, 315 Yuan la couchette « dure » (en wagon de 60). Départ de la gare centrale de Pékin (Beijing Railway station), arrivée à la gare centrale de ShanghaÏ, toutes deux reliées au métro.

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