Sainte Lucie

Sainte Lucie : Le nord, la région de Castries, Rodney Bay, Gros Islet

Pour rejoindre Sainte Lucie et sa capitale Castries depuis Fort de France en Martinique par la mer, il faut compter 1h30 de traversée tranquille en ferry : les deux îles sont juste l’une en dessous de l’autre dans l’arc antillais, et sont séparées d’une cinquantaine de kilomètres seulement : par temps clair on peut d’ailleurs voir l’une depuis l’autre. Bon, il faut quand même ajouter au trajet le temps d’embarquement et de débarquement… et c’est assez long, surtout côté Saint-Lucien, avec passage de la police aux frontières, de la douane avec ouverture des sacs (comme beaucoup d’îles, Sainte Lucie est vigilante en ce qui concerne l’introduction de plantes ou de nourriture), bref les réjouissances habituelles du passage de frontière (même si celle-ci est maritime, elle ne déroge pas à la règle) ! On finit par en voir le bout et à être autorisés à entrer officiellement sur le territoire : c’est parti pour la découverte de Sainte Lucie !

 

Arrivée en vue de Sainte Lucie par l’express des îles

Castries, la petite capitale Caribéenne

Notre découverte de Castries commence immédiatement, puisque son petit centre-ville se trouve juste à côté du terminal de ferry, à quelques centaines de mètres. C’est donc les sacs sur le dos qu’on fait un premier tour du centre, à la recherche d’un distributeur pour retirer nos premiers Dollars de la Caraïbe Orientale (la monnaie commune de plusieurs pays de la région ; on aime bien son nom !), et d’un transport pour rejoindre notre Bnb un peu plus au nord, vers Rodney Bay.

Ce premier tour en ville est l’occasion d’une première immersion dans l’ambiance locale. D’emblée on ressent une atmosphère légère, nonchalante et joyeuse. Les gens sont souriants et beaucoup engagent la discussion spontanément. Il y a de la bonne humeur dans l’air, on aime cette good vibe ! On se refait cette réflexion qu’on a souvent eue en voyage, c’est fou à quel point dès le passage d’une frontière, les changements d’ambiance sont nets tout de suite ! Et qu’est-ce qu’on aime ça !

C’est finalement en taxi qu’on prend la direction de notre Bnb (par la suite on ne prendra que les bus, ils sont nombreux et très pratiques, quoique moins avec les sacs, et permettent de se déplacer très facilement). Duncan, le chauffeur, a d’ailleurs été très sympa : on a un peu galéré à trouver le Bnb mais il ne s’est pas découragé, et une fois arrivés sur place alors qu’il avait déjà perdu un peu de temps, il a refusé de partir et de nous abandonner tant qu’il n’était pas assuré qu’il y avait bien quelqu’un pour nous réceptionner !

Notre visite de Castries reprend le lendemain. Et en ce samedi matin, jour de marché, la ville est très animée. En fait le marché a lieu à la fois sous les halles officielles, et un peu partout en ville, beaucoup de gens installent un micro stand à un coin de rue pour vendre quelques fruits. On en profite pour s’approvisionner, les mangues et les fruits de la passion sont délicieux ! Sinon le tour du centre est assez vite fait, il se limite à quelques rues toutes droites, ensuite il y a quelques quartiers résidentiels sur les collines qui l’entourent. Le monument principal est la cathédrale avec son bel intérieur en bois et coloré. Et, pour manger on recommande le balcony, où on s’installe en surplomb du square principal pour manger un roti (le sandwich local, une galette garnie de poulet au curry et de pommes de terre) ou un bon plat du jour.

En marchant un peu on peut rejoindre la pointe séraphine, où on trouve une horrible zone commerciale en duty free mais surtout de belles vues sur la baie de Castries et la ville.

Au passage, on remarque une curiosité : les locaux de l’alliance française, installés dans une… pyramide (?!), flanquée d’un beau flamboyant avec le tronc entortillé dans des drapeaux français…

La Friday night de Gros Islet

Entre ces deux visites de Castries, le vendredi soir on a pris le chemin du village de Gros-Islet, pour sa localement célèbre Friday Night : tous les vendredi soir, il y a une fête dans les rues du village, avec mur d’enceintes pour le gros son, stand de street-food et rhum à volonté. En début de soirée il y a surtout des touristes venus en groupe depuis les resort, puis à partir de 22h, il y a pas mal de saint-luciens, la fréquentation est assez mixte. On a d’ailleurs recroisé Duncan avec sa famille ! Bon, rien d’extraordinaire non plus, mais pour boire un coup en bord de mer et manger une brochette ou un poisson grillé c’est sympa !

Rodney Bay, Gros Islet et Pigeon Island

Rodney Bay, c’est surtout une Marina sans grand intérêt à nos yeux. C’est une zone commerciale, avec mall et casino, et pas mal de bars et restau mais rien de bien typique (c’est plus le genre bar des sports avec les chaînes américaines). On y passe quand même inévitablement pour son supermarché et ses ATM, et puis éventuellement pour la plage de Reduit beach, qui a dû être très jolie avant d’être autant bétonnée. Elle n’est d’ailleurs pas très facile d’accès : il faut passer par l’une de ses extrémités, nord ou sud, car sinon sur toute sa longueur les hôtels barrent le passage. Aux deux extrémités, c’est deux salles – deux ambiances : au nord, des transats et deux bars de plage branchés pour siroter un cocktail, au sud un coin de plage populaire avec un snack qui propose des pitons beer (la bière nationale) sorties de la glacière.

 

Juste de l’autre côté de la Marina, c’est le (tout petit) village de Gros-Islet. En journée c’est beaucoup plus calme que pendant la Friday night, autant dire qu’il ne se passe pas grand-chose, mais le village a son charme avec ses cabanes colorées.

C’est par contre un bon point de départ de balade le long de la côte, puisqu’une première plage commence dès le village, et se prolonge par celle, très réputée à Sainte Lucie, de Pigeon Island. Le paysage est superbe : magnifique baie aux eaux turquoises parfaites, surplombée par des jolies collines verdoyantes, plage de sable blond… par contre ce ne sont pas du tout, du tout, des plages sauvages. Sur une bonne partie de leur longueur elles sont bordées de resort dont les transats envahissent le sable. La plage reste publique et on peut y circuler et s’y baigner, mais on a vraiment l’impression d’être dans les hôtels. En fait ça ne donne pas trop envie de se poser, surtout pour se taper le bruit des animations du resort, et on dirait bien que personne d’extérieur ne vient s’installer là, surtout qu’on croise des gardes qui nous demandent si on est clients de l’hôtel et où on va, ils sont restés sympas et nous ont laissés passer sans problème, mais c’est un peu dissuasif quand même (une exception : le couple franco – belge qu’on a rencontré ensuite à Soufrière, nous a raconté être arrivé par la plage dans l’un de ces resorts, et s’y être incrusté discrètement toute la soirée, avec piscine et open bar à la clé ! On n’incite personne, just saying…). Petite précision : comme on peut le voir sur les sites de réservation, une chambre double pour deux semaines dans l’un de ces resort, par exemple le Sandals, coute… 11 000 euros !?! Wait, mais ça représente 5 à 6 mois de tour du monde à deux !!

La plage de Pigeon Island au niveau du resort Sandals

Ce qui fait le plus bizarre c’est le changement d’ambiance dès qu’on ressort des espaces occupées par ces resort : d’un coup les plages sont occupées uniquement par des saint luciens venus passer le dimanche en famille (ambiance à l’antillaise, avec la voiture garée juste derrière le sable pour la sono) : deux mondes côte à côte et on voit à quel point le resort forme une bulle pour touristes.

En continuant jusqu’au bout de la plage, on arrive sur une sorte de presqu’île où il y a un petit parc national, qui abrite deux pitons et les ruines d’un ancien fort anglais du 18e Siècle (destinés à protéger l’île contre les français installés en Martinique). A l’intérieur (entrée payante 27 EC) on peut emprunter plusieurs sentiers pour grimper en haut des pitons (c’est un peu raide mais pas bien long), ce qui vaut vraiment le coup pour la vue imprenable sur toute la presqu’île et la baie. Les balades sont rapides mais on a pris le temps de pique-niquer là haut, c’est un vrai bon spot avec un paysage vraiment ouf sous les yeux ! Et en redescendant, on trouve deux toutes petites criques avec des plages moins fréquentées pour un bon plouf bien rafraîchissant (le soleil cogne dur sur les pitons) !

Pour le retour il reste à marcher, pas de bus sur ce tronçon le dimanche, mais on a eu la chance improbable d’être pris en stop, alors qu’on n’avait rien demandé, par un taxi qui nous a transportés gratuitement juste pour rendre service parce qu’il était sympa ! Et c’est quand même la deuxième fois que ça nous arrive en deux jours !

La côte au sud de Castries : Marigot Bay et Anse La Raye

Pour continuer notre découverte de la région de Castries, on décide de partir faire un tour sur la côte au sud de la capitale, vers Marigot Bay et le village d’Anse La Raye. C’est d’abord Marigot Bay qu’on atteint, en à peine 20 minutes de bus depuis Castries. Et c’est un petit bijou ! En descendant du bus, qui a la gentillesse de nous déposer non pas au bord de la route mais en haut de la colline qui domine la mer, on a tout de suite une superbe vue d’ensemble.

Encaissée dans les collines, cette baie aux eaux turquoise limpides forme comme un puits perdu dans la végétation. Une petite langue de sable blond bordée de cocotiers s’avance dans la baie et ajoute une touche de charme supplémentaire. On descend sur 1 kilomètre environ vers le bord de l’eau. En bas, un ferry (une petite barque) permet de traverser la baie et de rejoindre la plage, où on se pose pour un café avec vue ++ ! L’endroit est paisible (en tout cas lors de notre passage il n’y a quasiment personne : en haute saison il parait que les bateaux déversent des hordes de touristes dans le village) et même si la baie n’est plus à l’état naturel, les constructions ne sont pas moches et s’intègrent plutôt bien dans le paysage sans trop le défigurer.

Il n’y a pas grand-chose de plus à faire sur place (hormis grimper la colline au-dessus de la plage pour un autre point de vue, mais on a tiré notre flemme), mais l’endroit est beaucoup trop beau pour ne pas venir y jeter un œil !

Après ce stop à Marigot Bay, on prend la direction d’Anse La Raye. Le taxi boat qu’on envisageait étant hors de prix (même si le « captain » avait baissé ses tarifs sur le conseil de son copain qui a déclaré dans un très bon français : « baisse ton prix, ils sont français, les français ils font toujours chier », avant d’éclater de rire !), c’est par la route qu’on rejoint Anse La Raye.

On en avait entendu parler comme d’un village de pêcheurs aux cabanes colorées, et de ce point de vue la description est exacte. On y est pourtant restés très peu de temps, car pour tout dire on ne s’y est pas sentis très à l’aise. Non pas que les gens aient été désagréables ou agressifs, mais le village est très pauvre sans rien de spécial à visiter, tout le monde est occupé à ses affaires du quotidien et faire du tourisme ici semble assez décalé, on s’est sentis à la limite du voyeurisme, et c’est pas trop notre truc ! On a donc assez vite trouvé un bus et repris le chemin de Castries, par la route nationale qui traverse les montagnes et offre des belles vues sur les vallées.

Et voilà pour notre découverte du nord de Sainte Lucie. Prochaine étape : Soufrière et ses pitons !

 

Infos Pratiques

-Logement vers Castries – Rodney bay : on a opté pour un bnb un peu au sud-est de Rodney bay, Carefe suits, l’option pas chère du coin (33 euros la nuit frais inclus sur airbnb, 80 EC en prolongeant sur place en direct). C’est sans charme et sans vue mais propre et fonctionnel, avec un petit coin cuisine, et pas si mal situé : on est à 7 minutes à pied de la route principale où il est très facile de prendre un bus public, et le bus pour Castries passe même juste devant la maison.

Transport dans la région de Castries : Les bus publics sont nombreux et pratiques. Le trajet coûte 2,5 DC de Castries à Rodney bay ou Gros Islet, 1,5 si on ne fait qu’une partie du parcours. Le tarif est respecté et il n’y a pas d’arnaque. On paie en descendant, prévoir de la monnaie. Sinon il y a aussi des taxis, tarifs à négocier (pas de compteur). On a payé 50 EC de Castries à Rodney bay, 20 pour un retour de nuit de Gros Islet au bnb.

-Bus Castries – Marigot Bay : Il faut prendre le minibus pour Jacmel, et demander à descendre au niveau de Marigot Bay. Les bus partent du centre de Castries, de Victoria street. C’est une petite rue on ne peut pas rater la file de minibus en attente. On part quand le bus est plein (15 passagers) mais ça va vite. Pour Marigot bay (en descendant à l’intersection), tarif 2,75 EC par personne, trajet 20 minutes

-Taxi Marigot Bay – Anse la Raye : négocié à 40 EC, trajet 15 minutes. L’autre option est de retourner sur la route principale (mais ça grimpe dur) et d’y attraper un bus.

-Bus Anse La Raye – Castries : départ en bordure du village, tarif 3,5 EC, trajet 30 minutes environ

-Bus Castries – Soufrière : les bus partent d’une petite rue perpendiculaire à Jeremie Street, juste à côté du marché. Là aussi on part quand c’est plein, tarif 8 EC par personne (on a dû payer une troisième place pour les sacs car il n’y a aucun coffre ni espace de rangement), trajet une bonne heure.

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