Laos

Du stop, des pics karstiques et des copains : de Vang Vieng à Vientiane

Cap au sud ! Après Luang Prabang dans le nord du pays, nos prochains arrêts seront Vang Vieng, puis Ventiane, la capitale du Laos.

Le stop au Laos, épisode 1 : direction Vang Vieng

Pour rejoindre Vang Vieng, on décide de se fixer un défi, et de tenter le stop. Il paraît que ca se fait assez bien au Laos, même si le concept est largement inconnu des laotiens. D’après nos renseignements, ce sont surtout les étrangers, et notamment les businessmen chinois, qui s’arrêtent. La veille du départ, on prépare fébrilement notre plan de bataille : la pancarte, le petit mot en Lao pour expliquer ce que c’est que le stop, le repérage du meilleur endroit pour s’installer… On est prêts ! Le jour J, on marche jusqu’à la sortie de la ville, et on commence. Pendant un peu plus d’une heure, personne ne s’arrête, mais par contre on fait bien marrer les laotiens qui manifestement nous trouvent un peu farfelus… Trois chinois passent à pied et se prennent en photo avec nous et le panneau… Normal, Chinese way… On commence un peu à se décourager quand une voiture qui arrive en trombe s’arrête net : ça y’est, on embarque ! Et ça ne rate pas : c’est un businessman chinois (il installe des réseaux de téléphone au Laos et dans différents pays), et son chauffeur laotien ! Le chauffeur est un vrai pro et il nous expédie la route à toute vitesse en moins de 3 heures, ce qui ne doit pas être loin du record national pour ce trajet, sur une route de montagne quand même assez délabrée (on a quand même un peu mal au cœur à l’arrivée) ! Quand on pense que les bus mettent 6 heures et que Manu et Emilie (rencontrés à Luang Prabang) ont même mis 12 heures… Mais bon, eux ça ne compte pas, leur bus de nuit a été stoppé des heures par une milice locale armée qui les protégeait d’un faux checkpoint (véridique !) ! En plus, on est déposés quasiment devant notre guesthouse !

Bref, bilan du 1er stop ; 100% positif !

Vang Vieng et ses paysages karstiques

Vang Vieng présente deux visages radicalement différents. Il y a ceux qui viennent pratiquer le « tubing », c’est-à-dire descendre la rivière à bord d’une sorte de pneu gonflable ; il faut savoir que cette activité se pratique en général ivre mort et complètement défoncé, avec la musique le plus fort possible. La faune concernée, qui offre une image peu reluisante du tourisme, réside sur la rive droite de la rivière, où on peut la voir se donner en spectacle en pleine journée. Et encore, il paraît que les choses se sont calmées depuis quelques années, plusieurs dizaines de décès ayant poussés les autorités à assainir l’endroit…. Pour notre part, on s’installe rive gauche, où quelques guesthouses, qui proposent des hébergements dans des petites cabanes au calme, sont un bon point de départ pour l’exploration des environs.

L’ouest de Vang Vieng est parsemé de pics karstiques impressionnants, qui valent parfois à la région la comparaison avec la Baie d’Halong au Vietnam (version terrestre, bien sûr, et quand même en moins impressionnant) On peut en avoir un bel aperçu en faisant, au départ de Vang Vieng, une boucle d’une trentaine de kilomètres de piste, qui serpente entre les pics et traverse plusieurs petits villages hmong ; c’est le laos (très) rural : rizières, champs, villages de cabanes en bois et confort minimum. Sur le parcours, plusieurs arrêts s’offrent au visiteur pour découvrir les unes ou les autres des multiples grottes qui pullulent dans la région. Pour notre part, on a visité celles de Tham Lusy et de Tham Poukham ; les deux valent le coup, surtout la deuxième, pour leurs dimensions vraiment importantes (mais attention, ça grimpe raide pour y accéder, avec parties de semi-escalade et échelles de bois). Pour visiter Tham Poukham, on passe devant le Blue Lagon : il porte bien son nom, l’eau est vraiment d’un turquoise magnifique, mais malheureusement l’endroit a été transformé en parc d’attraction pour touristes sud-coréens, avec toboggans, balançoires et plongeons depuis les arbres. Ils viennent tous ici depuis qu’un chanteur à la mode chez eux y a été filmé… Disons que ça nuit un peu à la tranquillité du lieu… Autre promenade à faire, l’ascension du mont Pha Ngeun : 45 minutes de montée donnent droit à un très beau point de vue sur les environs, l’effort vaut vraiment le coup.

Dans la région de Vang Vieng, comme d’ailleurs un peu partout au Laos, la sieste est une institution…qui nous plaît beaucoup !

On passe deux jours à explorer le coin à scooter, et après ces longues balades sous le soleil et dans la poussière de la piste, on apprécie de se caler tranquillement dans l’agréable jardin de notre Guesthouse, Mango, où sept petites cabanes sur pilotis, avec hamac, sont installées au milieu des bananiers et des manguiers. L’endroit est très reposant ! On y passe aussi quelques bonnes soirées, dont une soirée « nostalgie du pays », autour de quelques produits devenus rarissimes pour nous : charcuterie, comté et camembert, vin rouge ! Incroyable ! Il faut dire que l’endroit est tenu par un français qui sait s’approvisionner ! C’est, en plus, en bonne compagnie qu’on déguste ces délices, puisqu’on retrouve ici Manu et Emilie pour une dernière soirée (ils sont de passage à Vang Vieng avant de se diriger vers la Thaïlande), et qu’on fait la rencontre de deux Québécois super sympas, Félix et Angelica, qui voyagent en Asie pendant 6 mois, et avec qui la courant passe tout de suite. On fera d’ailleurs un bon bout de route tous les quatre au Laos, pendant une dizaine de jours (mais c’est une autre histoire).

Pendant notre séjour, la petite ville de Vang Vieng sera également secouée par un fait divers qui fera beaucoup parler : l’accident de montgolfière ! Le survol des environs en ballon est l’une des activités proposées (pour 3 fois moins cher qu’à Bagan, mais cher quand même !), et un matin, l’un d’entre eux (d’une toute nouvelle compagnie) est allé se crasher contre un pic karstique et y est, heureusement, resté suspendu. En passant sur un chemin de rando pas loin, on l’a aperçu et on n’y croyait pas ! Pas de victime, par chance, mais il restait à aller décrocher les passagers. Or, c’est haut, un pic kartsique. Et puis ici au niveau équipements c’est quand même basique :

– des pompiers ? Bein non, y’a pas.
– Un hélico et des mecs qui descendraient en rappel ? Ah, la blague !

Du coup c’est les gars qui tiennent l’agence d’escalade qui s’y sont collés et qui ont fini par redescendre les 9 malheureux coréens, qui sont quand même restés là haut 8 heures !

Morale de l’histoire : la montgolfière à Vang Vieng, y réfléchir à deux fois !

Le stop au Laos, épisode 2 : direction Vientiane

Pour faire le trajet Vang Vieng – Vientiane, on décide de recommencer le stop. Et de nouveau, ça marche bien ! C’est après 45 minutes d’attente qu’un pick-up s’arrête et nous embarque. A bord, trois laotiens qui bossent pour une boite de distribution et rentrent à Vientiane après avoir fait à Vang Vieng la promo d’un jus de noix de coco thaïlandais. C’est au plus jeune, Vong, qu’on doit d’avoir été pris ; pour avoir vécu des années en Allemagne, il connaît le principe du stop et en a lui-même déjà fait, ce qui l’a rendu solidaire. Il nous confirme que par contre, au Laos c’est une pratique inconnue et il ajoute que pour ses deux collègues, nous avoir à bord c’est un événement très marrant ! Il nous faudra 4 heures pour rallier Vientiane, bien qu’il n’y ait que 180 kilomètres, mais la route (qui est pourtant la route principale du Laos, qui traverse tout le pays du nord au sud) est complètement pourrie, truffée de nids de poules et se transformant même en piste de sable sur certaines portions. On comprend pourquoi 8 voitures sur 10 qu’on voit sont des picks-up !

Une soirée à Vientiane

Calée contre le Mékong face à la Thaïlande, Vientiane est la (petite) capitale du Laos. La ville, de seulement 250.000 habitants environ, et dont le centre présente une architecture style colonial-défraichi, n’a pas beaucoup d’intérêt. On se contente donc d’y faire étape une seule nuit, juste le temps de faire un petit tour du centre ville et du night market, mais aussi de déguster un bon expresso dans l’un des cafés modernes de la ville, fréquentés par les laotiens branchés, le tout en compagnie de Félix et Angelica qui sont arrivés le même jour que nous, et on repart.

La suite du programme : on maintient le cap au sud, direction la région de Thakek, puis le plateau des Bolavens !

Infos pratiques

-Guesthouse à Vang Vieng : Mango Guesthouse, très agréable et au calme, chambre 60.000 ou 80.000 kips ;
-Location de scooter à Vang Vieng : entre 50.000 et 70.000 kips la journée ;
-Guesthouse à Vientiane : Saysouly Guesthouse, basique, chambres à partir de 100.000 kips.

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