Roadtrip en Ecosse – les Highlands (sud-ouest) Glencoe et Fort Williams
Après nos étapes dans le centre de l’Ecosse on se lance à la découverte des Highlands, cette région sauvage et majestueuse qui couvre la partie nord-ouest du pays.


On arrive par la A82, et à partir de Tyndrum les paysages sont magnifiques. La route longe des lochs, traverse des plateaux couverts de lande marécageuse puis les montagnes d’où jaillissent des cours d’eaux et des petites cascades, avant d’entrer dans la vallée du Glen Coe qu’on remonte jusqu’au village du même nom. L’environnement est majestueux, et on passe notre temps à s’arrêter pour admirer le paysage et prendre des photos, autant dire qu’on n’avance pas bien vite.




On n’est pas tout seuls non plus, tout le long de la route il y a beaucoup de touristes arrêtés un peu partout, et en arrivant sur le visitor center puis le village de Glencoe c’est encore pire. Il y’a foule, et visiblement ça saoule un peu les gens du coin qui sont clairement moins sympas que les Écossais qu’on a croisés jusqu’à présent, y compris dans plusieurs campings où on passe. Au passage on décerne le prix du non-sens au camping « booking only » de Achindarroch Touring Park : c’est vide (et non réservé), mais sans réservation de la veille c’est mort on ne te donnera pas de place (?!)

En arrivant on décide de dépasser Glencoe et de faire un crochet vers le sud pour voir le Castle Stalker. Ce petit château médiéval est posé sur un îlot sur le loch Linnhe (qui communique avec la mer), et dans son environnement naturel il est vraiment très photogénique. On fait un premier arrêt au niveau du café the old inn, où on peut se garer puis descendre sur la plage pour un point de vue pile dans l’axe, puis un deuxième arrêt au niveau du Jubilee bridge, une passerelle en bois qui offre un autre point de vue sur le château.





Après ça, on remonte vers Glencoe et on se pose vers North Ballachulish dans un campsite qu’on vient de repérer sur internet et qui est parfait pour nous, juste un pré en longueur à ras du Loch avec 6 places pour van toutes face à l’eau, l’endroit est très beau et d’un calme parfait (20 pounds la nuit, possibilité de faire le plein d’eau et de vider les toilettes, aucun autre équipement. Il n’y a pas vraiment de nom, la fiche google map est à « motorhome / campervan site » à côté de Cuilcheana House ; On peut réserver auprès de la propriétaire, Anne Mackay, au +447828250346). Idéal pour un plouf rapide dans le loch (salé et très frais) et (surtout ?) un apéro face au soleil couchant (et là on se dit que par rapport au backpack, le van présente un avantage, c’est qu’on transporte plus facilement une bonne bouteille de whisky local !) avant une bonne nuit.


Le lendemain, c’est rando : après avoir envisagé puis abandonné celle de la lost valley (qui a l’air très belle mais bondée), on a opté pour celle du Pap of Glencoe : c’est une ascension au format aller-retour (1h50 pour monter, 1h30 pour redescendre, 7 kilomètres et environ 700 mètres de dénivelé positif), qui permet d’accéder à l’un des sommets qui domine le loch et qui offre une vue magnifique à 360 degrés sur les environs : le loch Linnhe à l’ouest et au nord, les montagnes et la vallée du Glen Coe à l’est et au sud. On a la chance de faire cette marche sous un très beau temps (ce qui n’est pas toujours garanti dans les Highlands), et c’est un gros kiff ! En plus le sentier est peu fréquenté, en partant vers 8h on a été absolument seuls jusqu’au sommet, c’est seulement sur le retour qu’on a croisé d’autres randonneurs (une cinquantaine) : cette tranquillité est assez rare dans le coin (la suite nous a conduit à un peu saturer du surtourisme), on est contents d’en avoir profité. On se récompense ensuite par un repas au Clachaig Inn, l’occasion de gouter le traditionnel Haggis écossais (hachis de viande et d’avoine) et le saumon fumé du coin, le tout avec un bon thé, of course.






Après une deuxième nuit dans notre beau campsite de bord de loch, on se laisse séduire par une activité – clichée : on décide d’aller voir le viaduc de Glennfinnan, autrement dit le viaduc d’Harry Potter, celui où passe le Poudlard Express (au moment où passera le train à vapeur, évidemment). En réalité ça devient l’histoire de comment on n’a pas vu le viaduc d’Harry Potter, et comment on est repartis complètement saoulés : on savait qu’il y aurait du monde et on avait lu qu’il est conseillé d’arriver une heure avant le passage du train sous peine d’avoir du mal à se garer. Déjà ça partait mal, mais on vient quand même et on arrive bien sagement une heure en avance : et bien ce n’est pas suffisant !
Même là quand on arrive les lieux sont bondés, le long de l’étroite route forestière le moindre espace est occupé par une voiture plus d’un kilomètre avant le visitor center (d’où part le court sentier pour le point de vue), les quelques parkings à ce niveau sont tous pleins, il faut continuer, impossible de faire demi-tour, ça bouchonne, il y a des gens partout, quelques personnes pour faire la circulation, un profiteur qui ouvre quelques places privées à 10 pounds (!), on avance et au final c’est près de 2,5 kilomètres plus loin qu’on peut se garer en bord de route. A ce stade on est 45 minutes avant le passage du train et en marchant vite on peut encore être au point de vue à temps, mais en a-t-on encore envie ? On a vu des centaines de véhicules, même des bus, ça laisse imaginer la foule là-haut… D’un coup on est dégoutés du truc, tant pis pour le train, on rembarque et on se casse !
On retourne sur Fort Williams, et on se dit qu’on va remplacer le train par une marche en forêt pour voir la Steal waterfall, la grande cascade du coin. Pour la foule, c’est rebelote, quand on s’engage sur l’étroite route qui mène au parking des chutes on nous prévient qu’il est plein, on se gare donc 2 kilomètres avant le long de la route, ce qui revient à doubler la rando (du parking aux chutes il y a à peine 4 kilomètres aller-retour). La marche n’est pas désagréable, c’est une route tranquille au cœur de la vallée du Glen Nevis, le long d’un cour d’eau, et quand on arrive au parking on se rend compte que même s’il y a du monde ce n’est pas l’enfer non plus, c’est surtout que le parking est petit. On poursuit donc par le sentier qui mène aux chutes, et qui se conclut par une traversée de rivière via un câble suspendu, c’est un peu acrobatique (mais optionnel, on peut aussi voir les chutes d’en face et c’est très bien aussi). On passe sans encombre mais au retour on choisit de traverser à gué un peu plus haut, on passe pieds nus, l’eau est glaciale, Célia lâche ses chaussures qui mettront des jours à sécher, tout est normal.





La journée (bien remplie !) se poursuit avec la visite de la Distillerie Ben Nevis (du nom du sommet -le plus haut d’Ecosse- qui domine Fort Williams) : un tour guidé d’environ une heure (16 pounds) avec visite des installations et explications sur la fabrication du whisky, suivi bien sûr d’une dégustation, histoire de se cultiver un peu sur les produits du terroir écossais.

Enfin on se pose pour la nuit au Glen Nevis Caravan & Camping Park, un énorme campsite en mode grosse machine mais étonnamment calme, avec une vue directe sur le Ben Nevis (48 pounds quand même la nuit pour 2 avec un van avec électricité ; sur place il y a tous les équipements possibles). Quand au Ben Nevis lui-même, on zappe l’ascension, vu qu’on a eu confirmation que c’est une autoroute à randonneurs, décidément on aime de moins en moins les gens !!
Et dans le même état d’esprit, après discussions avec d’autres voyageurs arrivés en sens inverse, on prend la décision de finalement zapper totalement l’île de Skye : le sacrifice est un peu difficile à faire, mais bouchonner des heures sur les petites routes et s’entasser aux points de vue, no thank you ! La suite, ce sera donc directement le nord des Highlands et autant vous le dire tout de suite on ne regrette rien !!!