Guadeloupe

Marie-Galante, la belle endormie

Après notre mois en Dominique, on décide de se caler 2 semaines à Marie-Galante, une île de Guadeloupe qu’on ne connaît pas encore. L’ambiance y est très tranquille, il n’y a pas grand monde en cette fin juin – début juillet, le temps semble arrêté et sur cette île toute plate (on la surnomme la « grande galette » !) la vie s’écoule tranquillement. Ça tombe bien, on est clairement venu pour se poser, avec des ambitions très limitées en termes d’efforts !

Niveau logement pour le coup on doit avouer qu’on s’est fait plaisir, en prenant un beau petit bungalow dans la végétation, avec l’accessoire qui fait tout, on a nommé le « bac à punch », autrement dit une petite piscine individuelle.

Du coup, sans surprise l’activité n°1 du séjour aura été de tremper dans le bac à punch. L’activité n°2 étant de se poser au bord du bac à punch pour boire des ti punch et manger des langoustes achetées au pêcheur et grillées au barbecue, etc, etc.

Bon, comme il faut bien changer d’environnement quand même et découvrir un peu l’île (pfiou que c’est fatiguant de voyager !), on a aussi été tremper dans l’eau de mer (histoire d’éviter les excès de chlore), sur différentes plages de Marie-Galante.

Parmi nos préférées, on peut d’abord citer celle de Moustique (oui c’est son nom, la « Plage de Moustique », c’est pas très encourageant à première vue, mais finalement, pas de bestioles en vue !) et celle de l’Anse Canot, qui sont l’une à côté de l’autre au-dessus de Saint-Louis, un peu avant le hameau de Vieux-fort (où il n’y a pas de fort, inutile de chercher !). Ce sont deux plages de carte postale, avec sable blanc, eaux turquoises, beaucoup de végétation, et un côté sauvage qui fait tout : aucune construction, pas beaucoup de monde (on a plusieurs fois été totalement seuls sur ces plages), bref ce sont des endroits vraiment paradisiaques. 

La plage de l’Anse Vieux-Fort est jolie aussi, face à un îlet, et est aménagée pour les pique-niques avec ses carbets et barbecue au bord de l’eau.

Plage de Vieux-Fort

La plage du village de Saint-Louis est belle aussi, là on ne s’y est pas baigné mais on est souvent venu s’échouer à l’un ou l’autre des restaus et bars qui s’y trouvent. Le Loulouz en particulier, qui venait tout juste d’ouvrir, nous a beaucoup plu : bonne cuisine et bon rhum les pieds dans le sable, on aime !

Juste en dessous de Saint-Louis, la plage des trois ilets est magnifique : une longue plage de sable blond déserte, sauvage, qu’on a beaucoup appréciée.

Enfin la plage de grand-Bourg, au sud de l’île, n’est pas mal non plus, en moins sauvage puisqu’elle est en bord de ville avec des constructions autour, mais elle reste jolie avec son lagon. C’est un bon endroit pour venir manger un bokit, ces sandwichs bien gras typiques de Guadeloupe (et pour le dessert il y a une petite cabane qui fait des glaces et des financiers de oufff !), et se baigner dans une ambiance décontractée (c’est un peu le lieu de rendez-vous des ados du village, du coup il y a toujours une histoire à suivre !).

Malheureusement Capesterre en ce moment est envahie par les sargasses, la zone est assez triste, on l’a donc rayé de notre carte même si les plages sont censées être très belles en temps normal.

Allez, assez parlé plages, parlons Rhum, une boisson incontournable dans l’histoire de Marie-Galante, et bien sûr encore à l’heure actuelle !

Partout sur l’île, la canne à sucre est omniprésente, c’est la culture n°1, il n’y a que ça (même les bananiers on ne les voit pas !). Au milieu des champs, on trouve des vestiges de l’industrie du sucre et du rhum, avec un peu partout de nombreux moulins en ruine, certains bien restaurés (le deuxième surnom de Marie-Galante c’est d’ailleurs « l’île aux 100 moulins ») comme le moulin de Bézard.

On peut aussi visiter les ruines de deux habitations (Roussel-Trianon et surtout Murat, la deuxième étant mieux conservée), des anciens sites industriels d’exploitation de la canne à sucre, où étaient fabriqués du sucre et du rhum, qui ont été en activité à partir du 17e Siècle et jusqu’au 19e. En général on trouve sur ces habitations les restes d’une habitation principale (celle du propriétaire terrien), d’un moulin qui servait à presser la canne et d’une usine pour sa transformation. Evidemment tout ça ne fonctionnait pas tout seul et tous ces domaines pratiquaient l’esclavage, aujourd’hui ces sites sont gérés par le Conseil général de Guadeloupe à travers un parcours thématique sur la mémoire de l’esclavage.

Habitation Roussel Trianon

Heureusement au sujet du rhum il n’y a pas que des ruines, il reste aussi trois distilleries en fonctionnement, ce qui nous évite de mourir de soif. Ces trois distilleries c’est Poisson (Père Labat), Bielle et Bellevue, dont on retrouve les bouteilles sur toutes les tables de l’île.

On a visité d’abord celle de Père Labat parce que c’est un très bon rhum qu’on aime beaucoup, mais la visite nous a déçu, c’est une toute petite distillerie sans rien de particulier à voir, et finalement l’intérêt principal c’est la boutique 😊.

On a aussi visité la distillerie de Bellevue, plus intéressante avec son moulin et ses ruines à côté du site industriel moderne. On termine par la dégustation à la boutique, une étape toujours sympa ! Mais attention, le rhum à 59°, ça décoiffe !!

Bon, on exagérerait si on laissait vraiment entendre qu’on a consacré nos deux semaines à Marie-Galante uniquement à se baigner et à boire du rhum. On a aussi fait quelques rando histoire de se dégourdir les papattes et de voir du pays.

Même si l’île est petite, il y a quand même 9 sentiers officiels de balades et rando sur l’île, de 1 à 11 kilomètres, bien balisés, ce qui nous a permis d’avoir un peu de choix, et en fin de compte on en a parcouru 3.

Le premier est le sentier Murat, une rando en boucle de 9 km qui nous a pris un peu moins de 2h30 : le sentier longe les champs de canne avant de remonter une ravine dans la forêt sur plusieurs kilomètres, puis redébouche au milieu des champs à proximité de la route principale de l’île et revient vers la mer. L’intérêt de cette rando c’est qu’elle passe par l’habitation Murat dont on a parlé plus haut (c’est d’ailleurs le point de départ et d’arrivée), et par la « mare au punch » : une mare sans rien de spécial à vue d’œil, mais qui est un lieu historique de l’île, puisqu’en 1849 quand les colons ont tenté de truquer les premières élections après l’abolition de l’esclavage (ils refilaient aux anciens esclaves, qui ne savaient pas lire, les bulletins adverses…), cela a provoqué des émeutes et tous les stocks de rhum et de sucre de l’habitation d’à côté avaient été déversés dans cette mare. Quand on vous dit que le rhum dans l’histoire de Marie-Galante, c’est pas rien !

On a ensuite été faire un tour dans la partie nord de Marie Galante (dit comme ça on pourrait avoir l’impression que c’est loin, mais l’île est toute petite, on ne roule jamais plus de 20 minutes !), où plusieurs sentiers longent les falaises qui bordent la côte, très accidentée dans cette partie de l’île. On peut se lancer dans des balades plus ou moins longues, ou aussi s’approcher de chaque point de vue en voiture si on a la flemme. On est allés du côté de Gueule Grand Gouffre, un gouffre dans la mer assez impressionnant, puis vers l’Anse du coq et Caye Plate, pour des beaux points de vue sur les falaises.

Anse du Coq

Enfin pour notre dernière rando on a choisi de parcourir le sentier de vieux fort, un sentier de 9 km lui aussi qui nous a pris 2h15. C’est une boucle qu’on peut commencer d’où on veut, et en ce qui nous concerne on a choisi de commencer au niveau de la plage de Vieux-Fort, là où le sentier s’éloigne de la côte (il y a un panneau avec le plan du parcours à cet endroit, c’est juste au niveau du panneau signalant l’entrée dans le hameau). De cette façon, on commence au niveau de la mangrove qui s’est formée au niveau de la rivière de Vieux Fort, on passe d’ailleurs devant une cabane d’observation en bois face à un plan d’eau assez large. Ensuite le chemin continue dans la forêt et grimpe le long des mornes, avant de redescendre à travers les champs de canne et de rejoindre la côte. Là, il reste la meilleure partie, puisqu’on longe toute la plage de Moustique puis celle de l’Anse Canot, jusqu’à revenir au point de départ au niveau de Vieux-Fort, et sur toute cette partie le paysage est magnifique.

Voilà, dans tout ça on n’aura pas vu filer nos deux semaines à Marie Galante. Il s’en est d’ailleurs fallu de très peu pour qu’on reste 6 semaines de plus car on est passés tout près d’un plan Home-sitting vraiment cool, et on n’auraient pas été contre l’idée de prolonger ! Ca sera pour une autre fois (a priori on reviendra un jour à Marie Galante !), en attendant, changement de décor et surtout d’ambiance : cap sur Puerto Rico !!!!!

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