Martinique

Martinique : un week-end camping à Sainte-Anne

La pointe sud-est de la Martinique, vers le village de Sainte-Anne, est l’un des coins les plus touristiques de l’île. Il faut dire qu’on y trouve de superbes plages, en particulier celle des Salines, souvent considérée comme la plus belle de toutes. On était déjà venus plusieurs fois passer un dimanche aux Salines (une activité typiquement martiniquaise, pour le coup), mais comme il y a dans les environs plusieurs balades qu’on voulait faire, on s’est dit que le mieux, plutôt que de multiplier les allers-retours (Tartane est quand même à une bonne heure de route), serait de venir se poser vers Sainte-Anne pour plusieurs jours. Après tout, c’est pas parce qu’on vit en Martinique qu’on va renoncer à se faire des petits week-ends ! Et comme c’est à Sainte-Anne que se trouve le seul camping de l’île… On prend la tente et c’est parti mon kiki !

On arrive sur place le vendredi midi : le temps de planter la tente (il y a de la place vu qu’on est les seuls, en dehors d’un voyage scolaire installés dans les bungalows) et d’engloutir un bon burger créole (c’est un burger, avec une sauce créole) du snack d’à côté, et on va s’installer sur la plage de la pointe Marin (également appelée plage des Boucaniers), qui est juste devant le camping et qui est une très belle plage de sable blond, avec une eau super calme (c’est quasiment un lac !).

En fin d’après-midi, on se rend au Piton Crève-cœur, dont le nom n’est pas très attirant mais qui offre un très beau panorama sur toute la pointe sud est. C’est une balade assez rapide, on grimpe en un gros quart d’heure (c’est quand même assez raide), avant d’accéder au sommet et de pouvoir admirer les environs à 360 degrés : la baie du Marin, les Salines, la côte Atlantique… Malheureusement, pour nous avec un temps assez couvert, mais ça reste pas mal.

La première nuit au camping n’est par contre pas une franche réussite. On a pourtant l’habitude de camper, mais là tout était réuni pour qu’on dorme mal : d’abord il fait une chaleur à crever, ce qui nous oblige à laisser la tente grande ouverte. Mais du coup, ce sont les moustiques qui en profitent. Quand l’inévitable averse tropicale se met à tomber il faut refermer précipitamment… Mais il fait vraiment trop chaud, il faut rouvrir dès que possible. Par ailleurs, pour s’endormir, il faut composer avec l’éclairage du camping (on a une sorte de projecteur en pleine face, on a l’impression d’être au milieu d’un terrain de foot), et le bruit de la fête d’à côté (musique, hurlements et blaireaux à moto…). Cerise sur le gâteau, les oiseaux se posent sur les branches juste au-dessus de la tente et au réveil… splach le petit cadeau pile sur Nico ! Bref, dans tout ça le matin on n’est pas très frais et c’est assez amorphes qu’on boit notre café en observant les opérations de départ du voyage scolaire, assez laborieuses (épisodes mettant en scènes de malheureux profs courant après leurs ados et annonçant toutes les 5 minutes un départ « dans 30 secondes »).

Finalement, on se met en route pour attaquer notre rando du jour. On a décidé de partir se balader vers la « savane des pétrifications » puis de prolonger le long du littoral en empruntant un bout du « sentier des caps » (un sentier d’environ 35 kilomètres qui fait le tour de la pointe sud-est) jusqu’à la baie des Anglais.

Le point de départ se situe au niveau de la plage de « Grande terre des Salines », face à l’Atlantique (à ne pas confondre avec celle de « Grande Anses des Salines », la plus connue, qui est quelques kilomètres plus loin et déjà côté mer des caraïbes). Là, première surprise, il est possible de camper, en mode bivouac en pleine végétation de plage et juste au bord de l’océan (mais qu’est-ce qu’on fout au camping municipal nous ?! Bon c’est décidé on reviendra).

Pour l’instant, c’est parti pour la savane des pétrifications. C’est une zone désertique, parsemée de roches volcaniques et de cactus : un endroit étonnant sur une île tropicale ! Pour y accéder, on commence par franchir un petit bras de mer en passant sur quelques rochers puis sur un petit pont de bois. Rien de bien compliqué mais tout de même, Célia, vigilante, déclare alors qu’elle se trouve au milieu des rochers : « il y a des gens qui doivent glisser ici, c’est sûr ». Prémonitoire ? 5 secondes plus tard… Plouf ! Mais tout va bien, rien de cassé et comme le soleil tape dur elle a vite séché !

Au-delà de la savane elle-même, on poursuit le long du littoral en passant au niveau de plusieurs petites anses, jusqu’à atteindre la superbe plage de l’Anse Trabaud. C’est une très longue plage de sable blanc, très peu fréquentée et avec un côté très sauvage, battue par les fortes vagues et les vents de l’Atlantique. Ah oui, c’est aussi un repère de naturistes, donc il peut y avoir quelques paires de fesses à l’air !

Vue sur la longue plage de l’Anse Trabaud

On a ensuite poursuivi pour déboucher face à la Baie des Anglais : une immense baie qui a tout pour plaire : ilets, fonds blancs, plages et eaux turquoises, et personne en vue ! C’est ici qu’on a décidé de faire demi tour, au niveau d’une petite chapelle (la « vierge des coolies »). Au total, ça aura été une balade de 12 kilomètres et 5 heures, pause pique nique et baignade comprise.

Pour la fin de journée le programme est plus tranquille : bière face au coucher de soleil au niveau de la plage des boucaniers, avant un bon restau à Sainte-Anne (on ne va pas se laisser mourir).

La deuxième nuit au camping confirme les enseignements de la première :

1/ Il fait toujours aussi chaud sous la tente.

2/ Il y a encore une fête à côté (mais où est ce bar ? Tout avait l’air fermé à proximité du camping !).

3/ Le bruit de l’averse tropicale couvre celui de la musique du bar.

4/ D’ailleurs ce bar serait bien un bar de plein air, vu que la musique ne reprend pas après l’averse.

5/ Il y a des bêtes énormes qui se baladent la nuit dans le camping (après recherches ce qu’on a vu est un Manicou, c’est à dire un opposum) : on est sûrs de laisser la tente ouverte ?!

Au matin, même constat que la veille : on n’est pas frais ! Par contre on en a appris un peu plus sur le voyage scolaire, ce sont des collégiens lensois en classe verte (on s’est renseignés auprès d’un prof et d’une gamine qui a plus ou moins eu un « malaise » parce qu’elle « n’arrive pas à s’acclimater à la chaleur ». Les ados nous font rire. Merde ça y’est on est des vieux cons).

Pour cette troisième journée, on commence par faire un tour dans le village de Sainte-Anne, histoire de sentir l’ambiance du dimanche matin. On constate qu’il y a trois points de rassemblement principaux : l’église, le bar et la place principale pour un meeting électoral. Bien entendu on se pose au n°2 (pour le paradis c’est mal barré), non sans avoir au préalable fait le tour du village histoire d’observer les jolies maisons créoles en bois pleines de couleurs (et plus rénovées qu’à Fort de France).

 

Nico se tape aussi la montée du chemin du calvaire pour admirer le point de vue sur la baie, (alors finalement c’est peut-être pas si mal barré que ça pour notre accession au paradis, surtout si on en croit le grand panneau à l’entrée du chemin proclamant « Dieu te vois », en principe notre présence a été notée).

Vue sur la pointe Marin et la plage des boucaniers
Vue sur Le Diamant et le Morne Larcher

Et pour finir le week end, on se dirige vers la plage de Grande Anse des Salines, LA vraie plage martiniquaise, bondée en ce beau dimanche ensoleillé, où les gens viennent en famille ou entre potes passer la journée avec barbecue, musique et tout le tralala. Première étape : notre snack préféré, chez Nadiège et Serge, pour se régaler de brochettes de poisson et crevettes, arrosées d’un planteur bien chargé. Après, il ne reste plus qu’à se rouler tant bien que mal vers le sable, pour une petite sieste et une bonne baignade dans un cadre idyllique !

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