Mexique

Mexique – l’Etat du Coahuila

Après le Chihuahua, on continue notre tournée noterña avec le Coahuila : cet état est vaste, c’est le 3e état du pays par la taille, mais essentiellement désertique, et partage au nord une frontière avec les USA (au niveau du Texas), ce qui a une influence évidente sur la culture et les modes de vie, d’autant qu’ici, nombreux sont les Mexicains qui ont vécu ou travaillé côté US. C’est par ailleurs un état est très peu touristique, on n’y croise pas beaucoup de visiteurs étrangers. D’ailleurs, nous-même, comment on a atterri là ? On a la chance d’y avoir été invité par la famille de nos ami(e)s Elisa et Carlos, et donc notre première motivation était de lui rendre visite, et au passage bien sûr on en a profité pour visiter un peu l’état !

On arrive donc à Saltillo, la capitale du Coahuila, en provenance de la ville de Chihuaha, après un long trajet en bus un peu pénible (11h30 qui sont devenues 15h vu que la compagnie Futura, qui est à peu près la seule à assurer la liaison, nous a annulé sans nous prévenir notre bus direct et nous l’a remplacé par un trajet avec -long- changement à Torreon), et on est chaleureusement accueillis par Maribel et Rodolfo qui nous attendaient de pieds fermes pour le week-end !

La ville de Saltillo et ses environs

On commence notre découverte par la visite de la ville de Saltillo, située à 1600 mètres d’altitude et où il fait donc un peu moins chaud que dans le reste de l’Etat. On y trouve un petit centro historique plutôt sympa et animé, avec quelques jolies rues anciennes entre la plaza de armas (avec sa cathédrale) et l’alameda (jardin), au passage on visite aussi le palacio de gobierno et la casa Purcell, qui abritent des expos temporaires.

Un peu à l’écart du centre, le mirador permet d’avoir une vue d’ensemble de la ville, toute plate et entourée par les montagnes.

Mais LA visite incontournable de Saltillo c’est son incroyable Museo del desierto (entrée 245 pesos). C’est un super musée moderne et interactif qui présente l’écosystème du désert (ses plantes, ses pierres) et une collection de fossiles de dinosaures retrouvés dans la région. Même en zappant la partie zoo et en passant très vite celle qui fait un peu parc d’attraction (avec des dinos mécaniques en mode jurassic park), on y a passé quasiment 4 heures. À notre avis c’est une visite incontournable à Saltillo !

De là, Maribel et Rodolfo nous emmène pour un tour dans les montagnes. On passe par le village d’Arteaga qui est souvent surnommé « la suisse mexicaine » : vu du village (qui est juste à côté de Saltillo) ça ne se justifie pas vraiment, c’est un village comme un autre (avec une particularité qui est son ruisseau qui le traverse de bout en bout et où les gens viennent à toute heure se poser les pieds dans l’eau), mais en continuant au-delà du village et en grimpant dans la sierra on atteint vite un plateau à 2200 mètres d’altitude, au niveau du hameau de San Antonio de las Alazanas : là on est en plein paysage alpins, on s’arrête manger dans un rancho avec vue sur la montagne puis on visite le bosque de Montereal, où il y a même un hôtel qui a aménagé une petite piste de ski !

Enfin pour clôturer les festivités, le dimanche c’est carne asada comme tout bon norteño !

Cuatro Cienegas

Après notre week-end à Saltillo, on met le cap sur Cuatro Cienegas, qui est le site principal du Coahuila. Pas grand-chose à signaler sur le trajet, on roule 3h30 à travers un environnement semi-désertique et quelques montagnes, mais globalement c’est 3h30 de vide.

Changement de décor en arrivant à Cuatro Cienegas. Déjà le village est plutôt joli avec quelques belles rues autour du Zocalo, on y fait un petit tour avec plaisir, malgré la chaleur écrasante, 39 degrés à l’ombre quand même !

Mais surtout le village est installé au cœur d’une oasis entourée par les montagnes, avec une faune et une flore riches. Un peu partout dans les environs, on trouve des points d’eau turquoise (des pozas) qui détonnent dans le désert, et qui abritent des bactéries vieilles de millions d’années ainsi que des stromatolithes et des dizaines d’espèces animales et végétales endémiques (tortues, poissons, fleurs, etc), ce qui fait que Cuatro Cienegas est protégée et considérée comme une importante réserve de biosphère.

Le point négatif c’est que les sites à visiter sont un peu éparpillés, et il faut prévoir un billet indépendant à chaque fois (tous vendus par l’Hacienda 1800 qui s’en met plein les poches), on a donc sélectionné nos visites.

On a commencé par aller voir les Dunas de Yesos (entrée 120 pesos par personne), des dunes de gypse d’un blanc éclatant qui réverbère fortement la lumière du soleil, mais qui a la particularité de rester frais, on peut sans problème y marcher pieds nus pour se connecter à la pacha mama ou simplement pour le plaisir. Les dunes ne sont pas si étendues, elles laissent vite la place à une zone rocailleuse qui s’étire jusqu’aux montagnes en arrière-plan, et elles ne font que quelques mètres de hauteurs, on grimpe facilement (rien à voir avec Sesriem en Namibie, par exemple !). On y passe une bonne demi-heure à se balader dans le silence total ; ensuite on lève le camp car même si on les pieds ne crament pas il fait une chaleur ambiante à crever (on nous annonce 40 degrés en bas et 5-6 degrés de plus au milieu des dunes !).

Notre deuxième étape nous permet de nous rafraichir : on s’arrête au rio san Marcos (entrée 200 pesos par personne), un plan d’eau turquoise en forme de canal à travers le désert. Sur place possibilité de faire du kayak ou tout simplement de se baigner, en faisant attention aux stromatolithes. On s’y pose quelques heures au niveau du snack et on profite de l’eau tiède mais quand même rafraichissante.

Parras de la Fuente, sur la route de Vinos y Dinos !

On quitte ensuite Cuatro Cienegas pour Parras de la Fuente : rebelote, 3h30 de rien sur la route, mais à l’approche de Parras l’environnement devient d’un coup plus vert, grâce à l’eau qui vient de la sierra.

A Parras on est à nouveau hébergé par la famille d’Elisa, cette fois c’est le Tio luis Adolfo et la Tia Regina qui nous accueillent, ce qui au passage nous donne l’occasion de visiter une maison ancienne du centre du village, c’est déjà une découverte en soi. Ensuite leur fille Regis nous emmène pour une visite du village, à la mexicaine c’est-à-dire en jeep et en musique bien sûr, c’est l’expérience locale !

On ne perd pas nos réflexes et on commence par un arrêt au vignoble Parvada pour un verre de vin (pas mal du tout !) dans un super cadre. Il y a des vignobles dans toute la région, la Casa Madero qui est le plus ancien et le plus connu (vu qu’il y a eu un éphémère président Madero qui a gouverné le Mexique pendant un an et demi avant de se faire assassiner dans les années 1910 lors d’un coup d’état soutenu par… les USA, encore eux !) mais aussi beaucoup d’autres. Il se trouve qu’il y a aussi des fossiles de dinosaures dans la région, quel rapport avec le pinard nous direz-vous ?, a priori aucun mais le marketing ne s’embarrasse pas de ce genre de questions, bim, si y’a du vin et des dinosaures ça donne un improbable label « Vino y Dinos » sous lequel se sont regroupées les haciendas du coin, ce qui explique qu’au milieu des vignes on trouve des squelettes de dinosaures. Bon mais après tout, pourquoi ne pas observer un ptérodactyle tout en sirotant un verre de rouge ?

Après cette pause bien méritée on faut un tour du centre, bien joli avec ses petites maisons colorées, il mérite son label Pueblo Magico. On passe au niveau de l’Estanque de la luz, un grand bassin alimenté par l’eau de la montagne (bon c’est une piscine municipale, mais en plein désert c’est assez miraculeux, d’où la popularité de l’endroit) et par les bañitos, des petits bassins en accès privés alimentés naturellement par l’eau fraîche et limpide de la sierra (les bañitos villareal sont très mignons, à proximité on en trouve d’autres plus basiques).

Enfin avant de repartir on grimpe jusqu’à l’église de Santo Madero, d’où on a une belle vue d’ensemble sur Parras et ses environs, et d’où on constate qu’effectivement le village est un ilot de verdure dans le désert.

Sur ce on repart, on rate le rodéo annoncé pour le week-end avec festival du rib-eye et du vin (tout un programme !), mais on doit mettre le cap sur Monterrey puis sur Guanajuato !

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