
Mexique – Guanajuato : les villes de Guanajuato et San Miguel de Allende
On continue notre redescente vers le centre du Mexique : après la Baja California, le Chihuaha et le Coahuila, nous voilà dans l’état du Guanajuato, et c’est dans sa capitale du même nom qu’on se pose pour trois semaines, avec une incursion d’un week-end à San Miguel de Allende.
La ciudad de Guanajuato
On ne va pas cacher notre enthousiasme : on est vraiment tombé sous le charme de Guanajuato et on se dit qu’on aurait bien trouvé notre ville préférée au Mexique (et pourtant, avec San Cristobal de Las Casas ou Oaxaca, il y avait de la concurrence) !
Du point de vue urbanisme et architecture, la ville est atypique. Construite entre deux pans de montagne et sur plusieurs collines, elle forme un vrai dédale : ça part dans tous les sens, à droite – à gauche, mais aussi en haut – en bas vu le relief. Il y a tout un réseau de ruelles étroites, de passages piétons (les callejon), d’escaliers qui s’enchevêtrent et où on a vite fait de se perdre (d’ailleurs google map est souvent à la ramasse), il n’y a pas de ligne droite ici, ça change des centro organisés en cuadra bien perpendiculaires. Pour se balader à pied c’est l’idéal, il y a très peu de circulation, seules quelques rues sont empruntées par les voitures (en sens unique vu qu’il n’y a jamais la place pour deux voies), la plupart sont piétonnes. En fait l’essentiel de la circulation se fait dans le réseau de tunnels connectés qui sillonne les sous-sols de la ville, c’est une autre curiosité, en dessous c’est un vrai gruyère !
Tout le centre est super beau, les vieilles maisons ont toutes de jolies façades colorées, des balcons en fer forgés, des poutres apparentes, les rues sont pavées, on tombe sur des églises aux couleurs vives et des places toutes plus jolies les unes que les autres (le jardin de la union, la plaza de la paz, ou notre préférée la plaza de San Fernando), c’est un plaisir permanent de déambuler au hasard dans les callejon pavés le nez en l’air ! Le tout est dans son jus et un peu vieillis, ce qui ajoute beaucoup au charme de la ville !






Et puis niveau ambiance, Guanajuato est vivante, joyeuse, authentique : dans cette ville étudiante il y a toujours beaucoup de monde dans les rues, plein de restau et bars sympa et abordables (pour s’envoyer un petit mezcal de la casa à 35 pesos), et en soirée on croise des mariachis et des troupes de théâtre itinérantes un peu partout. La tradition ici c’est les callejoneadas : on achète un billet (150 pesos) auprès d’une troupe en costume et on part pour une déambulation à travers les callejon du centro, pour 1h30 de musique, de chants, de sketch et de saynètes à l’espagnole, le tout arrosé d’une petite tequila ! Et même sans suivre un groupe en particulier, en se promenant on tombe vite sur un spectacle en cours. Au-delà de l’aspect festif on a aussi découvert une ville à l’esprit ouvert et tolérant, on croise plein de gens aux styles extravertis, signe d’une certaine modernité, qui coexistent avec les processions religieuses, quotidiennes et très suivies en ce mois de mai.
Bref, Guanajuato est un vrai bonheur, on a apprécié chaque instant de nos trois semaines ici. Non pas qu’il y ait 50 monuments ou sites particuliers à visiter, mais déjà le simple fait d’y mener pendant quelques temps une vie quotidienne et de se donner des prétextes pour sortir et rencontrer des gens (aller au sport, à des cours de céramique, au mercado Hidalgo…), est une parfaite manière d’apprécier la ville et d’infuser dans son ambiance.








Niveau visites et monuments, on peut surtout citer le musée Alhondiga de Granaditas (musée sur l’histoire de Guanajuato, dans un ancien grenier à blé transformé en forteresse pendant la guerre d’indépendance) et le musée de Diego Rivera (dans la belle maison où il est né, qu’on visite et où sont exposés certaines de ses œuvres), la Cathédrale Notre-Dame de Guanajuato (originale avec ses couleurs jaune et rouge, moins intéressante à l’intérieur), le théâtre Juarez (qui se visite le dimanche), et puis l’université qui est incontournable : elle est en activité mais c’est aussi le monument le plus imposant de la ville, en plein centre, un vrai palais, avec son escalier monumental où il y a toujours du monde et qui sert de gradins improvisés pour le théâtre de rue.





Autre curiosité, le callejon del beso est si étroit que les balcons de chaque côté se touchent presque, suffisamment pour qu’en se penchant un peu on puisse s’embrasser de l’un à l’autre. C’est l’attraction touristique par excellence, le truc est bien rodé, on paye un petit droit d’entrée de chaque côté (50 pesos par personne) et on repart avec sa photo (30 pesos de plus).
Et puis grimper au mirador du monumento del pipila est incontournable : on voit de partout cette grande statue qui domine la ville, et de là-haut la vue est imprenable (surtout au coucher de soleil pour les couleurs). On y est monté avec le funiculaire (40 pesos) pour le fun (et par flemme !) et on est redescendu à pied par les callejon, qui nous ramènent directement dans le centre.



Enfin pour passer des dimanches tranquilles, on s’est trouvés des day pass dans des hôtels avec piscine pour faire trempette le temps d’un après-midi. Celui de l’hôtel 1988 Colonial est vraiment pas mal, il se trouve en hauteur sur la ruta panoramica, et la vue sur la ville depuis le toit où se trouvent la piscine et le jacuzzi est top (800 pesos pour 2, dont la moitié est en réalité un pré-paiement au restaurant).


La ciudad de San Miguel de Allende
Au cours de nos trois semaines à Guanajuato on a décidé de partir en week-end (et oui même en voyage on peut partir en week-end !) pour visiter la ville de San Miguel de Allende, qui se trouve à 1h30 de bus (compagnies ETN et Primera plus, tarifs 250-280 pesos par personne, départs de la central de autobuses de Guanajuato, au sud du Centro).
En fait pour nous c’est une deuxième tentative de découverte de San Miguel : la première fois c’était en 2023 et on arrivait tout droit du Guatemala : petit problème, on avait rapporté la dengue avec nous, résultat on avait passé nos 10 jours à San Miguel au fond de notre lit, un vrai loupé !
Cette fois on est en pleine forme, et on en profite pour arpenter chaque rue du centre historique. La ville est très belle, les vieilles maisons aux façades colorées et les ruelles pavées sont pleines de charmes, l’église sur le zocalo est atypique (avec un faux air de sagrada familia), on trouve de tout au marché artisanal, il y a du bon vin local à goûter directement dans les bodegas des environs (on a goûté celui du vinedo San José Lavista dans son bar à vin juste à côté du Zocalo, et on est aussi allé au vinedo San Miguel, à environ 15 kilomètres au sud de la ville, qui produit un bien bon latiendo)… tout ce qu’il faut pour un bon week-end !








Si on compare à Guanajuato, niveau architecture San Miguel a un côté plus soigné, presque « ville parfaite » ou ville-musée, sûrement trop en réalité, et surtout niveau ambiance, là où Guanajuato est authentique et mexicaine, San Miguel cultive un côté chic-prétentieux (DJ set sur toits-terrasse branchés, boutiques de luxe…) et est envahie d’expats états-uniens en passe d’imposer l’anglais comme langue principale et faisant grimper les prix à coût de dollars, c’est pénible. Bref, on a apprécié notre week-end de détente à San Miguel qui est une ville qui mérite la visite, mais on se sent définitivement plus à notre aise à Guanajuato !
