Pérou

Pérou : Arequipa, la ville blanche du sud péruvien

Après avoir descendu toute la côte pacifique depuis Lima, avec de belles étapes à Paracas et Ica, nous voilà à Arequipa, la deuxième ville du Pérou. On est ici au début des Andes, à 2300 mètres d’altitude, avec toute une série de volcans en toile de fond : le Chachani qui forme une petite chaine avec plusieurs pics (sommet à 6057 mètres d’altitude), le beau Misti avec son cône parfait (5822 mètres), et plus loin le Pichu Pichu qui s’étire tout en longueur (5664 mètres), tous dominent la ville et forment un cadre grandiose.

Si Cusco a été à l’origine une ville inca, Arequipa pour sa part a été créé par les Espagnols en 1540. Le sillar, la pierre volcanique blanche – grise typique de la région a été beaucoup utilisé pour la construction des bâtiments les plus anciens, ce qui donne un certain style à la ville et lui vaut le surnom de « ville blanche » (surnom peut-être un peu exagéré, le sillar se retrouve beaucoup mais la ville n’est pas uniformément blanche non plus).

Enfin les arequipeños entretiennent (et revendiquent !) une certaine douceur de vivre : atmosphère paisible de ville de montagne, climat favorable (300 jours de soleil par an !), bonne cuisine (reconnue à travers tout le pays), c’est vrai qu’Arequipa est une étape bien agréable et nos trois semaines sur place seront passées bien vite !

On vous raconte ça dans ce post !

Le centre historique d’Arequipa

Le centre historique d’Arequipa a été entièrement classé au patrimoine mondial de l’Unesco. C’est mérité, le centre est joli, on peut le dire même si à première vue on a été un peu déçus (on devient difficiles !) : on avait entendu beaucoup de bien dans la ville et au premier coup d’œil on a surtout remarqué que dans certaines rues du centro les beaux bâtiments historiques côtoient des verrues bien moches, les années 60 sont passées par là et l’ensemble n’est pas homogène. Notre regard s’est adouci peu à peu, il y a de beaux restes, des maisons bien restaurées, et les intérieurs aussi sont à explorer : on découvre au fil des balades beaucoup de patios, de cours avec fontaine, de salles voûtées, des bâtiments historiques occupés par des restaus et des commerces mais auxquels on peut accéder librement. Le centro ne se découvre pas que depuis les rues !

En particulier, les rues Santa Catalina et San Francisco sont parmi les plus belles, avec une grosse concentration de superbes bâtiments bien restaurés.

Ces deux rues partent du point névralgique du centro, l’inévitable plaza de armas avec 3 côtés fermés par des bâtiments à arcades sur deux niveaux et le 4e par la cathédrale. La plaza est toujours très animée, c’est le lieu de rendez-vous, et pour le coucher de soleil et la vue sur les volcans rien ne vaut les bars installés à l’étage des arcades (et même au 2e étage au-dessus des arcades : la vue est magnifique !).

En haut de la calle Santa Catalina, on atteint le barrio de San Lazaro, le quartier plus ancien de la ville. C’est tout petit mais on y trouve quelques ruelles pleines de charme.

Autre point d’intérêt dans le centro, l’église Jésuite de la Compania, pour sa façade baroque mais aussi pour ses deux cloitres attenant, libres d’accès et où on trouve quelques restaus et boutiques.

Enfin, dans le centre toujours, on est allé visiter le musée Santuarios andinos, un musée consacré aux rites incas et plus particulièrement à la pratique des sacrifices humains. En fait tout le musée est organisé autour de Juanita, la momie d’une jeune inca sacrifiée il y a 5 siècles à l’âge de 12-14 ans dans l’idée de calmer le volcan Ampato qui venait d’entrer en éruption, et retrouvée en 1995 dans sa tombe prise dans les glaces à plus de 6000 mètres d’altitude. Le musée expose les vêtements rituels et les offrandes retrouvés dans la tombe, puis la momie elle-même, conservée dans une vitrine à – 20 degrés et toujours congelée. C’est assez spécial, plutôt impressionnant, et un peu dérangeant (on ne sait toujours pas ce qu’on pense de l’exposition de restes humains, squelettes ou momies, dans un musée). La visite est obligatoirement guidée et assez expéditive (un film de 10 minutes puis 30 minutes chrono de visites, avec pour nous une guide qui débitait son speech de façon assez robotisée – tarif 25 pesos + pourboire).

Le covento de Santa Catalina

Mais LA visite incontournable à Arequipa c’est celle de Santa Catalina, un couvent de carmélites du 16ème siècle. Le site est immense : plus qu’un couvent, c’est une ville dans la ville, qui compte plusieurs cloîtres, une multitude de cours et places, une église, des chapelles, les cellules des religieuses (souvent de vrais appartements de plusieurs pièces avec cuisine individuelle et terrasse), le tout relié par des ruelles pleines de charme aux noms de villes espagnoles (il y en a 6 au total, toute plus craquantes les unes que les autres, avec peut-être une prime à la calle Sevilla et ses arcades). L’architecture est assez spéciale, basse et massive, et souvent de couleur ocre intense (sauf le beau cloître des orangers qui lui est bleu indigo ou encore la calle Cordoba qui est toute blanche). L’ensemble est bien mis en valeur avec beaucoup de fleurs et de végétation partout, des oiseaux, c’est vraiment un endroit paisible. En prime, on peut monter en fin de visite sur un toit d’où on a une belle vue sur les volcans. Bref, on a adoré cette visite qu’on considère comme incontournable à Arequipa (prévoir au moins 2h, tarif 45 soles avec un guide à télécharger à l’entrée avec un QR code, ou visite guidée en suppléments à partir de 20 soles).

Le quartier de Yanahuara

Un peu à l’écart du centre historique (mais à 10-15 minutes seulement de la plaza de armas), juste de l’autre côté du Rio Chili qui coupe la ville, on a beaucoup aimé Yanahuara, un quartier résidentiel tranquille, où on a habité pendant nos 3 semaines à Arequipa. Le quartier est plutôt joli, surtout au nord de l’avenida ejercito, le grand axe qui le traverse : là on trouve des ruelles pavées et des belles perspectives sur les volcans, notamment depuis la calle Misti, et aussi un parque central avec une belle petite église blanche et un mirador pour une vue dégagée sur la ville et le volcan Misti.

C’est le quartier qui compte le plus de picanteria, les restaus typiques qui n’ouvrent que le midi et qui servent la cuisine traditionnelle d’Arequipa (réputée dans tout le Pérou comme la meilleure du pays) : on recommande par exemple la Nueva Palomino, dans l’adorable callejon Leoncio Prado, pour y goûter quelques spécialités locales, comme le Rocoto relleno con pastel de papa (poivron farci avec gratin de pommes de terres), la chupe de camarones (ragoût de crevettes du rio) ou encore l’Adobo (du porc très tendre longuement mariné dans une sauce à base de jus de maïs mauve, de cumin, d’oignon, qu’on mange en sauçant avec des petits pains triangulaires) !

On trouve aussi à Yanahuara le beau couvent – musée de la recoleta, une autre visite qu’on recommande (environ 1h, 10 soles). C’est un ensemble de quatre jolis cloîtres reliés les uns aux autres, avec des salles d’exposition attenantes (en particulier deux salles d’objets précolombiens plutôt bien fournies pour l’endroit, et deux salles amazoniennes qui nous ont rappelé notre virée jusqu’à Iquitos). En prime, on peut aussi visiter une bibliothèque avec des milliers de volumes anciens, et accéder au chœur haut et au campanile de l’église. Il y a très peu de monde, et c’est une visite vraiment chouette.

En continuant au-delà de Yanahuara vers le nord, on arrive dans le quartier de Cayma, un peu en hauteur (on peut y aller en colectivo en quelques minutes pour 1 sol). Sa plaza principale est magnifique, entièrement bordée de bâtiments anciens (16-17e) en silar et d’une belle église, avec des arcades au-dessus de chaque rue partant de la place. Là aussi c’est un bon spot pour manger dans une picanteria avant de reprendre la balade !

Enfin, encore un peu plus haut on peut se rendre vers Carmen Alto et en particulier à son mirador. C’est le plus beau point de vue qu’on a trouvé dans tout Arequipa, qui permet d’admirer à la fois la ville, les trois volcans complètement dégagés, mais aussi la vallée du rio Chili avec ses cultures, une percée toute verte au milieu de cette aridité ambiante. Le mirador est un petit centre de loisirs (entrée 5 soles), avec tyroliennes, balançoires et café, mais plutôt calme.

La laguna de Salinas dans la Reserva Nacional

Attention, ici on annonce une alerte super excursion à faire à la journée ! Si Arequipa reste à une altitude modérée, tout autour ça grimpe vite, il y a les volcans bien sûr, mais aussi des zones d’altiplano (les hauts plateaux), cet environnement si particulier qu’on avait découvert en Argentine puis en Bolivie et qu’on n’avait plus revus depuis. Une partie de l’altiplano à proximité d’Arequipa a été classé parc national, et est assez facilement accessible, dans le cadre d’un aller-retour à la journée donc.

C’est vers la laguna de Salinas (aussi appelé laguna Moche) qu’on est allés, qui se trouve à seulement 70 kilomètres d’Arequipa (de distance, parce qu’en dénivelé c’est 2000 mètres plus haut !), par une route qui est essentiellement une piste de montagne. C’est faisable en voiture de location classique (compter environ 2h l’aller), mais il faut se sentir à l’aise et prévoir de rouler lentement (et les loueurs qu’on a contactés poussent à prendre un 4×4, c’est ce qui nous a fait renoncer). Sinon a priori il y a quelques colectivo qui font le trajet mais ça a l’air un peu galère (d’ailleurs on n’en a pas vu un seul pendant notre aller-retour), et enfin la troisième solution c’est de jouer la facilité et de partir avec une agence. On a fini par s’y résoudre et on en a trouvé une (Metys Tours Arequipa – +51 989 877 393),  qui part avec des petits groupes (6 personnes max) et surtout qui va droit vers la lagune sans détour ni arrêts à droite – à gauche, de façon à être tôt sur l’altiplano avant tout le monde.

C’est donc à 6h du matin qu’on est parti d’Arequipa direction la laguna de Salinas. On est frappés de voir à quel point l’environnement et l’ambiance changent vite : en moins de 30 minutes on passe d’une ville moderne à une zone rurale typique des Andes. En chemin, on fait un seul court arrêt, au niveau du village de Chiguata pour une vue imprenable sur les trois volcans, avec en premier plan les terrasses pré-colombiennes toujours utilisées pour l’agriculture (mais, patates…).

Après Chiguata la route devient une piste qui serpente (et qui grimpe raide !) à travers la montagne. Le paysage devient aride, il n’y a rapidement plus aucune culture mais juste la végétation basse d’altitude. La route est impressionnante (et on n’a pas de mal à voir qu’elle peut devenir dangereuse en saison des pluies), et il n’y a quasiment aucune circulation en dehors des camions qui redescendent des minerais de la laguna (et qui soulèvent des nuages de poussières qui se voient de loin).

Après une bonne heure et demie de trajet on arrive au niveau de la laguna, à 4300 mètres d’altitude. En saison des pluies il y a un mètre d’eau, au moment de notre passage c’est un vrai salar. On est tout proche du volcan Pichu pichu et le cône majestueux du Misti se dresse plus loin. De l’autre côté, on découvre encore un volcan invisible depuis Arequipa, l’Ubinas (réputé dangereux, celui-là crache régulièrement des cendres). Le paysage est exceptionnel ; on retrouve la pureté de l’air et de la montagne propre à l’altitude. On aime ces environnements d’altiplano où l’air est limpide, les couleurs vives et le silence total.

Et les stars du coin sont là ! On parle bien sûr des lamas, alpaga et vigognes qui peuplent la région. On doit avouer un vrai faible pour les vigognes, si gracieuses et qui nous regardent passer avec leur tête curieuse. Elles sont sauvages et protégées, et ne se laissent pas trop approcher, elles observent avant de s’éloigner en trottinant. Mais on aime beaucoup aussi les lamas et les alpagas, qui eux sont domestiqués mais qui se baladent librement la journée pour manger. Ils sont placides, pas farouches et même plutôt curieux, et ils ont des têtes trop marrantes quand ils nous regardent de leur air un peu ahuri. On en a vu dans leur enclot au hameau de Chilita (quelques maisons en terre avec panneaux solaires, où vivent les familles d’éleveurs), et puis un peu partout dans le Salar où ils déambulent tranquillement, un vrai kiff !

Au total on est restés 3 bonnes heures sur place, en commençant par le passage à Chilita, puis un petit dej au milieu de nulle part (des gens du coin ont installés une cabane et font des desayuno à 10 soles, dans un cadre incomparable !), avant de nous promener tranquillement dans le salar à la rencontre des petites bestioles. Le temps passe vite, et après l’inévitable séance photo, arrive déjà le moment de prendre la route du retour vers Arequipa.

 

Infos Pratiques

Trajet Ica – Arequipa: avec Cruz del Sur, trajet 14h, tarif plus ou moins 100 soles selon l’horaire.

Trajet Arequipa – Chivay et Cabanaconde: il y a 3 bus de la compagnie Andalucia par jour, qui partent du terminal terrestre et qui font la route jusqu’à Chivay puis Cabanaconde en 5h30 au total et pour 25 soles, mais les horaires ne sont pas géniaux (1h du matin, 3h30 du matin ou 13h30, impossible de partir en matinée à une heure humainement supportable !). Sinon, de nombreux colectivo partent de terminaux privés juste en face du terminal principal, il y a des départs réguliers le matin entre 5h et 9h. On est parti du terminal Misti Arequipa avec la compagnie Tuti travel, trajet 4h et 20 soles jusqu’à Chivay, d’où on a changé pour rejoindre Cabanconde, 1h30 et 10 soles. Donc c’est un peu plus long et un tout petit peu plus cher avec les colectivo, mais on a plus de choix au niveau horaires.

Logement à Arequipa: on a pris un appart’ en bnb dans le quartier de Yanahuara, à 30,51 euros la nuit. L’appart’ est bien situé (Yanahuara c’est sympa, et on est à 10-15 minutes à pied de pla plaza de armas), et n’est pas mal du tout, grand (2 chambres, une grande salle-salon et même un terrasse avec barbecue) et agréable, lumineux, par contre assez poussiéreux (mais c’est la ville qui veut ça) et avec un wifi pas top (pas de visio avec caméra par exemple). Le chien du voisin (qui bosse avec la propriétaire du bnb) était bien relou au début à aboyer juste sous notre fenêtre de chambre quand on dormait, mais quand on a râlé auprès du proprio il a réglé le problème direct

Déplacements dans Arequipa : des colectivo sillonnent la ville, un court trajet coute 1 sol. Pour un trajet en taxi dans le centre, il faut compter 5 à 8 soles.

2 commentaires

  • Beatriz

    Holà, je viens d’arriver à Arequipa, c’est top de tomber sur votre carnet de voyages ! De quand datent vos infos ? Une bonne adresse pour déjeuner ou dîner à me recommander ? Merci pour le partage !

    • Kikis

      Hello, merci de ton message.
      Notre article date d’hier ! Comme on le dit dans l’article dans le quartier de Yanahuara, il y a la Picanteria Nueva Palomino qui est top !
      Bonne découverte !

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