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Oulan-Bator – Pekin via Erlian, un trajet chaotique…

Première étape : rejoindre la frontière chinoise

Pour aller à Pékin depuis Oulan Bator, il y a plusieurs possibilités :

– un train direct… par semaine (!), le jeudi
– un train le dimanche : il vient de Moscou (c’est le Transsibérien, dans son tronçon Transmongolien) et est souvent complet. Il n’est pas possible de savoir avant la veille s’il reste des places pour le dimanche. Il y a une liste d’attente mais à l’AJ on nous explique que les étrangers sont en général placés en fin de liste… sympa !
– Si on veut partir un autre jour, il faut prendre un train pour la frontière (jusqu’à la ville d’Erlian, côté chinois) puis de là un autre transport, train ou bus, jusqu’à Pékin. Mais depuis Oulan Bator, difficile d’obtenir des infos sur cette deuxième partie de trajet.

Pour ne pas rester bloqués une semaine à Oulan Bator, on choisit le plan le plus galère c’est-à-dire la troisième solution.

On commence donc le vendredi par un train de nuit jusqu’à la frontière, dans lequel on fait la connaissance d’Agathe et Andréa, un couple franco – italien qui travaille pour des ONG dans le domaine agricole (aides aux éleveurs, étude des sols, etc) et qui, après plusieurs années passées en Haïti, vient d’arriver en Mongolie. Evidemment, ça les dépayse un tout petit peu ! Pour d’absurdes raisons de visa, ils doivent sortir du territoire pour y re-rentrer 48h plus tard, d’où leur escapade à Erlian.

Arrivés à Erlian à 11h du matin, après un passage de la douane beaucoup plus fluide qu’en Russie, on se renseigne pour la suite de notre trajet. Pas de train avant le lendemain, nous indique-t-on. On comprend qu’il est par contre possible de prendre un bus couchette pour Pékin ; il y en a d’ailleurs un qui stationne devant la gare. La communication est difficile et on ne comprend pas trop si le bus part à midi ou à 15 heures, de la gare ou de la gare routière. De toute façon on n’a pas d’argent liquide chinois ; on part donc retirer nos premiers Yuan, et quand on revient le bus n’est plus là. Direction donc la gare routière, qui n’est pas loin. Mais une fois sur place les choses ne sont pas très claires. On nous vend les billets dans un minuscule bureau tout pourri où s’agglutine un tas de fumeurs (on ne sait pas trop ce qu’ils attendent à vrai dire) et on nous fait monter dans un bus qui ne ressemble pas réellement à celui qu’on avait vu, qui part quelques instants après.

Tout se fait de façon un peu précipitée, personne ne parle anglais et c’est tout juste si on parvient à s’assurer que le bus va bien à Pékin. Quant à l’heure d’arrivée… on n’arrive pas vraiment à savoir, mais a priori c’est prévu entre 23h et 1h du matin.

Le bus de l’horreur

On monte donc dans le bus qui comprend une soixantaine de couchettes réparties en 3 colonnes de 2 niveaux, et nous voilà partis direction Pékin (enfin on espère !). Le trajet est vraiment pénible : recroquevillés sur nos minuscules couchettes, qui sont vraiment crados (on a même trouvé une peau de banane desséchée sur le matelas… !!), on a froid, et surtout, on est complètement enfumés par les chauffeurs qui ont bien dû liquider 2 paquets chacun pendant le trajet, sans jamais ouvrir la fenêtre (et bien sur on est au premier rang du bus) !! On étouffe littéralement pendant tout le trajet.

On se demande vraiment si on ne s’est pas fait avoir et si pour le prix d’un bus normal (220 Yuan chacun soit environ 30 euros), on n’a pas été embarqués dans un bus low coast…

Dans un premier temps on roule bien, mais au bout de 10-11h de route, le chauffeur se met à s’arrêter toutes les 2 minutes ; on multiplie les arrêts sans raison apparente (on se range juste sur le bord de la route, on attend et hop on repart!), et surtout le chauffeur semble clairement s’être perdu: il fait des demi tours, demande son chemin, pendant un temps on suit même ouvertement un autre bus. On commence un peu à se demander ce qui se passe, bien sur on ne comprend rien aux panneaux qui sont écrits en chinois,on n’a aucune possibilité de s’orienter un minimum.

On arrive enfin… Mais où on est ???

Au bout d’un bon moment de perdition, on arrive à 2h du matin sur un parking d’une espèce de zone industrielle où il fait nuit noire et où il n’y a rien du tout ! Personne ne descend du bus… mais qu’est-ce qu’on fout là ?

A force de gestes et de vagues mots d’anglais on comprend que tout le monde va rester dormir dans le bus pour attendre 4h du matin, heure d’ouverture des magasins du coin ou d’une sorte de marché (WTF ???) ? Apparemment la quasi-totalité des passagers viennent de Mongolie spécifiquement pour faire du shopping dans cet endroit de Pékin, avant de rentrer chez eux !! On n’a pas su ce qu’il y avait de si intéressant pour se taper un tel aller retour !

Quant à nous, ben… on est juste complètement perdus ! Impossible de savoir où on est, aucune carte ou téléphone pour nous aider, une capacité de communication avec les autres passagers proche de zéro… Ajouté au fait qu’on est en route depuis 30 heures et que pendant tout ce temps on n’a eu qu’une très vague idée de la suite des événements, on doit dire qu’à cet instant là on ressent un sentiment de désorientation et de confusion comme on avait rarement ressenti ! Pour autant, on se rend compte qu’à aucun moment on ne se sent inquiet : c’est le bon côté des voyages, on apprend à improviser !

On nous conseille de rester dormir dans le bus. Mais 2h de plus, en pleine nuit dans ce bus puant la clope et dégueulasse ?? C’est mort ! Surtout qu’on a une chambre réservée dans un petit Hutong du centre ville trop sympa !

On prend nos « petites » affaires et on file illico presto jusqu’à un point de route où il y a un semblant de passage. Pas de ligne de métro à l’horizon. On se met en quête d’un taxi. Il n’y en n’a pas.

Une voiture s’arrête, le mec prend le temps de comprendre ce qu’on veut sachant qu’on n’est pas capable de dire quoi que ce soit et qu’on ne peut que lui montrer le mail de l’AJ avec l’adresse écrite en caractère chinois. Il semble savoir où c’est… Nous voilà partis dans ce faux taxi espérant qu’il va bien vers notre AJ et qu’il n’y aura pas d’embrouille sur le prix (on a compris que ça serait 60 yuan soit environ 8 euros) ! Happy ending : après 30 minutes de trajet, le taxi nous laisse devant notre AJ, et pour le prix convenu (on aura par la suite beaucoup d’occasions de comprendre que les commerçants chinois sont très corrects sur les prix).

C’est donc très heureux d’arriver qu’on fait notre entrée dans cette AJ qui sera notre maison pour une dizaine de jours. Une bonne nuit de sommeil plus tard, nous voilà prêt à partir à la découverte de la Pékin !

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