Roadtrip en Ecosse : les Highlands du Nord, le long de la North Coast 500
On quitte Fort Williams avec comme objectif de faire le tour de la partie nord des Highlands, c’est-à-dire de suivre le tracé de la NC 500, en montant par la côte Ouest jusqu’à Durness puis John O’Groat (qui sont vraiment très très au nord, quasiment à la même latitude que le bas du Groenland) avant de redescendre par la côte est vers Inverness : un roadtrip d’une dizaine de jours qui nous aura permis de découvrir la partie la plus sauvage et préservée de l’Ecosse !
De Fort Williams à Shieldaig
On commence surtout par un faux départ : c’est après une heure de route et une pause pour manger au beau viewpoint sur le loch Garry, qu’on réalise qu’on a oublié le bouchon du réservoir d’eau fraiche (et sa clé, qui ouvre aussi la boite des toilettes…) à la station de ravitaillement du camping… On est bons pour faire demi-tour et retourner à Fort Williams, où, coup de chance, on retrouve notre bouchon ! C’est le dur apprentissage de la vanlife !


Tout ça nous fait perdre du temps, mais ne nous empêche pas de repartir et d’atteindre le Eilean Donan Castle, un très beau château très bien restauré sur un ilot sur le loch Duich. A 17 h, il est fermé pour la visite des intérieurs, mais on peut quand même librement passer son beau pont de pierre et faire le tour de l’ilot au pied des murs, c’est très chouette. Ensuite, on rejoint en quelques minutes le viewpoint qui surplombe le château juste en face, d’où la vue d’ensemble est superbe. On décide d’ailleurs d’y rester pour la nuit, ce soir le van a une vue château, rien que ça ! En bonus, à partir de 22h l’éclairage du château ajoute à son charme (NB : le spot est petit, il y a de la place pour 4 vans maximum après c’est complet, le plan n’est donc pas garanti. Mais sinon c’est pratique et très calme).



Le jour suivant on fait le court trajet qui nous sépare de Plockton pour une étape rapide, le temps d’un café et de longer le front de mer de ce mignon petit village.



On reprend ensuite la route jusqu’à Shieldaig (qu’on rejoint directement sans passer par Applecross, on ne se sent pas encore assez à l’aise avec le van pour s’attaquer au col du Bealach na Ba), où on trouve un charmant village de pêcheur au bord du Loch Shieldaig (original), qui est en fait une branche du Loch Torridon. L’endroit est très cool et on se pose pour deux nuits au camspite du village, qui est situé en surplomb et offre une vue magnifique (emplacement 29 pounds et électricité 6 pounds ; réservations possibles sur internet, sinon 2 emplacements seulement sont conservés pour les premiers arrivés, on a eu le deuxième en arrivant vers 13h, ensuite les candidats déçus étaient assez nombreux). On profite de ces deux jours pour se balader (un sentier sympa fait une boucle de 5 kilomètres vers le bout de la péninsule), pour faire un footing sous la pluie (c’est la full Scottish experience !) et pour bien manger : de ce point de vue c’est mission accomplie, entre le saumon fumé artisanal et les langoustines de la smokehouse du village (à ne surtout pas rater !), puis le restau Coastal Kitchen (le seul ouvert le soir, l’ambiance pub – restau qui réunit habitants et touristes est sympa), on n’a pas chômé !



De Shieldaig à la péninsule du Coigach
Après cette étape sympa on continue vers le nord en direction de la péninsule du Coigach, en suivant la côte même si ce n’est pas le trajet le plus court, ce qui donne une très belle journée de route tranquille avec plein d’arrêts points de vue. Sur la première partie entre Shieldaig et Kinlochwe (via Torridon) on traverse une belle vallée encaissée avec un paysage de lande humide, et on spote nos premières vaches à poil long, les Highlands Cows, (ou Hairys Coos en référence à leur mèche) l’une des icones de la région !


Après le long loch Maree vient Gairloch, un village étiré en front de mer avec une plage de sable et un café sympa parfait pour une petite pause, puis les beaux points de vue s’enchainent avec le loch Ewe puis surtout avec Gruinard Bay, vraiment magnifique.


On peut ensuite admirer le little loch Broom tout en longueur avant de traverser une nouvelle vallée et son cours d’eau qui forme des petites chutes. On apprécie vraiment cette journée de roadtrip, il y a moins de monde, on a le sentiment de se perdre sur les minuscules routes de plus en plus isolée, c’est exactement ce qu’on était venu chercher !


On finit par rejoindre la A835, le « grand axe » qui relie Inverness à Ullapool, qu’on atteint rapidement. Ullapool compte seulement 1500 habitants mais fait figure de grosse agglomération du coin : entre sa connexion routière et son trafic maritime (ferry pour l’île d’Harris & Lewis, et aussi méga bateaux de croisières monstrueux qui font escale), il y a du monde sur place. On cale le van en bord de mer et on se cuisine notre petit casse-dalle (pour ça le van c’est vraiment top !), avant de profiter d’un rayon de soleil pour faire le tour du village.


Ensuite, dernier tronçon de la journée, on rejoint la péninsule du Coigach : là au niveau isolement on ne peut pas faire mieux, la micro-route traverse des landes désertes où on croise surtout des moutons, et passe par des supers points de vue : sur la plage de sable blond d’Achnahaird, puis sur les Summer Islands face à la côte qu’on peut admirer au-dessus du village d’Althandu puis depuis la côte sud.



On termine la journée en posant le van pour la nuit à l’entrée du hameau de Polbain : on est au bord d’une route déserte, devant nous des prés où des cerfs viennent partager l’herbe avec les moutons, au-delà l’océan et les summer islands, c’est le spot parfait !

Le château d’Ardvreck sur le loch Assynt
Une bonne nuit là-dessus et c’est reparti, on prend la direction du village de Lochinver. La route alterne les passages de montagnes et la côte, mais deux choses ne changent pas : les paysages sont toujours aussi beaux, et la route est toujours aussi étroite, le van rase les côtés et c’est toujours une petite histoire pour se croiser quand quelqu’un vient en face, heureusement les passing places sont nombreuses et on commence à prendre l’habitude !


De Lochinver où on fait une courte halte technique (brunch dans un petit restau, courses au spar et plein d’eau à la station-service, le van c’est toute une organisation), on rejoint en 20 minutes les ruines du château d’Ardvreck sur le loch Assynt : il reste à peine deux pans de murs debout mais l’emplacement sur un ilot du loch relié à la rive par un ban de sable est exceptionnel, l’endroit à un charme de ouf. On passe un bon moment à s’y balader et à le prendre en photo sous toutes les coutures.



Scourie et Handa Island
De là, dernière étape du jour au niveau du village de Scourie, et plus exactement du port de Tarbet qui se trouve à quelques miles au-dessus. Overnight interdit au niveau du port, mais on trouve un spot quelques miles plus haut, sur les hauteurs face à la Fanagmore Bay sur le loch Laxford, ce soir encore on n’a pas à se plaindre de la vue (par contre l’endroit est infesté de midges, impossible de rester dehors, de toute façon il fait frais, on se calfeutre dans le van).




On est donc parfaitement placés pour se pointer le lendemain à 9h au port, pour embarquer sur une navette direction l’île d’Handa, une île protégée qui abrite diverses colonies d’oiseaux de mer. L’organisation est basique mais efficace, on achète son billet à la petite cabane sur le micro-port (25 pounds par personne) puis on embarque par petits groupes sur un bateau rapide, il n’y a pas vraiment d’horaires, la traversée est courte (5-10 minutes) et le bateau fait des allers-retours en fonction des besoins, au pire on attend un peu qu’il y ait une dizaine de personnes.
On arrive sur l’île au niveau d’une magnifique plage de sable clair, presque rosé, puis après une rapide explication par les rangers on part librement se balader, le tour de l’île prend 3 heures en y allant tranquillement et en prenant le temps d’observer les oiseaux et les paysages.
Malgré tous nos efforts, pas de puffin (macareux) en vue, on cherche, on scrute, mais pas de miracle on est arrivés trop tard dans la saison pour voir la star locale qui est déjà repartie en mer. Tant pis, on voit plein d’autres oiseaux, dont des Guillemotes qui ressemble à des petits pingouins, et puis pour les paysages aussi et le côté entièrement préservé de l’île l’excursion vaut largement le détour. En plus on a la chance d’avoir un super temps (ça change !) et jusqu’au pique-nique en plein soleil sur la plage en attendant le bateau la matinée aura été au top !









Achmelvich et la B 869
On récupère le van et on se dirige vers notre prochaine étape, Achmelvich : autrement dit on revient sur nos pas et ce n’est pas hyper logique du point de vue des kilomètres, mais on a anticipé Handa Island en fonction de la météo, pour profiter de la plus belle journée annoncée. On fait donc une petite heure de route en sens inverse mais en récompense, on se pose pour deux nuits à proximité de cette superbe plage de sable blancs face aux eaux turquoise de l’Atlantique, pour un peu on se croirait dans les Caraïbes, mais évidemment il suffit de tremper un orteil dans l’eau pour que l’impression se dissipe brutalement. C’est glacial, on se baigne quand même pour le défi, mais il faut être honnête, le ratio c’est 10 minutes d’hésitation, 1 minute dans l’eau, 10 minutes de douche chaude !
L’endroit, loin de tout, est très cool, et on décide d’y rester une deuxième nuit histoire d’en profiter au max, ce qui donne une journée très tranquille avec balade sur les hauteurs des environs, nouveau bain express, et apéro en doudoune face à la mer, ça caille mais c’est la vibe écossaise, les moutons passent à côté du van, c’est un bon trip.
Camping Shore Caravan Site, emplacement 22 pounds, 7 de plus pour l’électricité, bien placé en bord de mer, accès plage en 1 minute à pied.







On reprend ensuite la route B869 pour faire le tour de la péninsule par la côte jusqu’à Kylesku. On fait un petit détour pour marquer un premier arrêt au niveau du Phare de Stoer, perché en haut des falaises, puis on reprend la route qui passe par quelques plages de sable rosé. On s’arrête devant une ferme pour se ravitailler à une boîte à œufs (les œufs sont en libre-service, on paye dans la boite, c’est le concept de la honesty box qu’on voit un peu partout dans la région), puis le passage par le hameau de Drumbeg est un temps fort du trajet, pour le panorama impressionnant sur la mer mais aussi pour le muffin triple chocolat d’anthologie de son micro salon de thé. Après Nedd on repasse dans les terres et comme le temps est assez dégagé on a droit à une très belle vue sur le mont Quinag qui surplombe la baie. Ensuite c’est tout droit jusqu’à Durness, à travers les vallées humides.





De Durness à John O’Grats : le grand nord écossais
A Durness on est tout au nord de l’Ecosse, ça caille (12 degrés en août, youhou !), on passe par la plage de Balnakeil, très longue et de sable blanc, on ne s’attendait pas à trouver ce type de plage en Ecosse. En bordure de plage on trouve les ruines d’une Eglise du 17e Siècle et un vieux cimetière, l’ambiance est particulière (on voulait du calme, ici on n’est pas dérangés par les voisins.


Puis on se pose à Durness même, un hameau avec pas grand-chose mais un camping superbement placé en surplomb de deux plages de sable rose et avec une magnifique perspective sur les falaises. Il fait froid, il y a un vent de ouf, on va se réchauffer au pub qui a la bonne idée de proposer une table de dégustation de whisky, c’est parti pour un tasting de 6 whisky des îles écossaises !


Le lendemain on roule plein est. Le premier tronçon nous mène jusqu’à Tongue : la région est déserte, il y a juste quelques rares maisons isolées, sinon c’est une heure en pleine nature, toujours cette lande humide couverte de bruyère, peuplée de moutons et entrecoupée par les sea loch : celui d’Eriboll d’abord, puis celui de Tongue, on roule tranquillement au rythme des croisements aux passing place. Notre premier arrêt du jour est à Tongue pour voir le Varrich Castle : un sentier permet d’y accéder en 20 minutes, il ne reste pas grand-chose de ce château qui se résume à une simple tour, mais de là-haut la vue sur le loch est imprenable.



On passe Thurso qui nous fait l’effet d’une ville industrielle bien déprimante (mais il y a une station-service et un Lidl, c’est toujours ça), et on s’arrête à Dunnet Head, le point le plus au nord du Mainland, l’Ecosse « continentale » : du haut des falaises on peut observer le détroit des Orcades où la mer du Nord rejoint l’Atlantique, et tout en se prenant des rafales de vent pas possibles en pleine face on tente désespérément de repérer un éventuel puffin retardataire dans les falaises : pour la faire courte, c’est un (nouvel) échec !


On atteint enfin le village de John O’Groats : qu’est ce que c’est que ce nom de village pas possible ? C’est tout simplement le nom du type (hollandais) qui au 15e Siècle gérait le ferry vers l’archipel des Orcades juste en face, et qui a légué au village son nom en même temps que toute une floppée de descendants. En tout cas, John O’Groats est situé à l’extrême recoin nord-est de l’Ecosse et se présente comme « le bout de la route » ; et c’est vrai qu’après 10 jours à longer la côte des Highlands par l’ouest il y a ici comme un air de bout du monde (mais qui s’atténuera le lendemain puisque par l’est et ses bonnes routes, on est finalement à 3h à peine d’Inverness). On fait vite le tour de cette micro implantation de 250 habitants et comme il fait toujours froid et qu’il y a toujours un vent à décorner les highlands cows, on ne change pas une recette qui gagne, on file au pub (le « last pub » !) se jeter une petite pale ale.


Engin, il nous faut une petite journée pour arriver au niveau d’Inverness par la côte est. Cette partie des Highlands nous plaît moins, c’est tout plat et plus industrialisé, et les villes sont moches. On fait quand même quelques arrêts sur le trajet pour voir plusieurs points d’intérêts : d’abord le Sinclair Castel, construit sur un éperon rocheux et utilisant les falaises comme fondations, puis au niveau de Whaligoe Waterfall, une chute d’eau qui se jette directement dans la mer (on peut la voir depuis la falaise d’en face, et descendre au niveau de la mer par un escalier creusé dans la roche). Enfin, on fait un stop à la distillerie Glenmorangie, on arrive juste avant la fermeture, trop tard pour une visite ou un tasting mais pas pour faire un petit achat à la boutique, ouf l’essentiel est assuré !



Après une nuit à la ferme un peu avant Inverness, on s’arrête en ville pour une matinée, le temps d’un bon breakfast et de visiter les quelques rues de son centre historique, pas désagréable mais pas inoubliable non plus.


La suite, c’est un crochet par le nord du Loch Ness, juste pour une photo au niveau de Dores Beach : en vrai on s’en tapait complètement du Loch Ness, c’est juste un loch de plus sans rien de spécial si ce n’est ses dimensions et sa renommée, mais on n’assumait pas non plus de totalement le zapper. Alors puisqu’on passe forcément à proximité lors d’un voyage dans les Highlands et que le détour était minime, on a décidé de s’en tenir à la photo souvenir de base !

Enfin, pour nous la porte de sortie des Highlands sera au niveau du massif du Cairngorn : on s’arrête trois jours au niveau d’Aviemore, histoire de faire une petite pause sans rouler dans cette station de montagne populaire en Ecosse. Bien sûr on grimpe le Cairn Gorn, le sommet du coin, c’est une rando finalement assez courte (2h15 aller-retour pour ces 8 kilomètres et 600 mètres de dénivelé positif), avec une très belle vue qui porte loin depuis le sommet. Une belle balade pour le clap de fin de ce roadtrip écossais !