Dominique,  Rando dans le monde

Dominique : la randonnée de la vallée de la désolation et du boiling Lake

Le Boiling Lake c’est l’un des sites majeurs de Dominique, accessible uniquement à pied au prix d’une bonne grosse rando : au programme : 6-7 heures de marche aller-retour, avec un bon dénivelé, et comme récompense un parcours et un site extraordinaires ! Plusieurs personnes ici nous l’ont dit : tu n’as pas vu la Dominique si tu n’as pas vu le Boiling Lake ! C’est peut-être un peu exagéré, mais ce qui est sûr c’est que pour nous, cette journée restera comme la plus marquante de notre mois sur l’île ! Alors même si on a déjà évoqué cette rando dans notre précédent post sur Roseau et sa région, elle valait bien un deuxième article plus complet ! On vous raconte tout ça ici !

On a sonné le départ de bonne heure : le rendez vous avec Quintin, qui nous loue le bnb et qui nous emmène avec son taxi – bus, est fixé à 6h15 devant la maison. Bon pour être honnêtes, 6h15 c’était son idée à lui, et nous on n’a pas osé dire non, alors c’est comme ça qu’on s’est retrouvés avec un réveil ultra-matinal… En route, Quentin qui est un peu préoccupé qu’on parte sans guide, multiplie les conseils, sans perdre sa bonne humeur quand même. Un des conseils en question : « s’il pleut, surtout, surtout, ne traversez pas la breakfast river, faites demi-tour ». Sauf… qu’il pleut, là ?! « Ça ? Non ça s’est rien » (en Dominique, les vrais pluies ça ne rigole pas). Ah, ok. Et s’il pleut vraiment vraiment, mais qu’on a déjà passé la rivière ? « Oh… priez que ça n’arrive pas ! » Et il éclate de rire. Ambiance… !

On démarre donc la rando sur le coup de 6h45. Le départ est pile au niveau du site de Titou Gorges. La première partie de la marche se fait dans la rainforest et n’est pas difficile. Le sentier à tendance à monter mais légèrement, au cœur de la végétation tropicale.

Après une petite heure on arrive à la fameuse breakfast river (c’est son surnom local, en vrai c’est la « rivière trois pitons ») qu’on traverse en passant sur les rochers (il ne pleut pas !), et déjà les premières odeurs de souffre se font sentir.

Au-delà de la rivière, ça commence tout de suite à grimper sec, vers le morne Nicholls. On grimpe le long d’une crête étroite qui surplombe la végétation tout autour, on a un peu l’impression d’être sur un îlot qui surnage dans une mer de végétation. D’ailleurs on a rapidement vue sur la mer (la vraie, celle des Caraïbes) et de l’autre côté sur les montagnes, le paysage est vraiment magnifique, surtout quand on a droit en bonus à un arc-en-ciel !

On arrive au sommet du Morne Nicholls après environ 45 minutes depuis la rivière. On ne peut pas le rater, c’est un vrai sommet avec un petit espace plat et qui culmine au-dessus des vallées. De là, on a une vue grandiose à 360 degrés sur les montagnes, les crêtes, la végétation, la mer des Caraïbes d’un côté et même un bout d’Atlantique de l’autre quand les nuages se dégagent, et en prime on aperçoit les premières fumerolles de la vallée.

Après une petite pause au sommet, on redescend par la crête opposée en direction de la « vallée de la désolation ». Ça redescend vraiment, avec un sentier assez raide, des passages très encaissés et d’autres sur des grosses roches glissantes.

On arrive enfin dans la vallée elle-même, après avoir traversé le lit d’un ruisseau, et tout de suite la vue est saisissante. Cette vallée de la désolation, qui est en fait l’intérieur d’une grande caldeira, est un endroit très spécial, assez irréel.  Elle mérite son nom, c’est un paysage dur, volcanique, avec une végétation basse et pas d’animaux en vue (sauf un serpent qui a filé devant nous sur le sentier !). Tous les sens sont mobilisés : ça sent le souffre, on voit des fumerolles, des ruisseau et sources d’eau chaude, on entend des bouillonnements… Le tout est assez incroyable !

Il faut traverser la vallée, et le jeu c’est de trouver son chemin en suivant le sentier ou ce qui y ressemble : il n’est pas toujours clair au début, mais en fait il n’y a rien d’infaisable, en regardant autour de soi et en s’aidant d’une bonne appli type maps.me, on s’en sort très bien.

En avançant dans le début de la vallée on se retrouve vite entre deux ruisseaux, il faut aller tout droit puis quand on n’a plus le choix, traverser celui de droite en marchant sur les rochers (l’eau est bien chaude mais pas bouillante). Ensuite il suffit de longer ce ruisseau sur sa rive droite, le sentier est bien visible et le cap est simple : toujours tout droit ! L’environnement est beaucoup moins désolé, il y a plus de végétation, le ruisseau est beau et par endroit il y a des mini cascades.

A un certain point on a un peu hésité car il n’y a plus de sentier sur la rive, il faut en fait passer au milieu du ruisseau au niveau d’un petit bassin, juste avant jonction de ce ruisseau avec un deuxième venu de la gauche. Après ça le sentier redevient visible toujours sur la droite du ruisseau, et il faut maintenir le cap tout droit vers les grosses fumeroles du lac qu’on voit déjà s’élever au-dessus de la roche.

On retraverse le ruisseau vers la rive gauche, le sentier avait un peu monté et il faut redescendre au niveau de la rive en s’aidant des cordelettes qui ont été installées. Quelques minutes plus tard on traverse un deuxième ruisseau puis c’est la montée finale vers le lac, dans la végétation puis à travers une partie rocailleuse.

La fumée dégagée par le boiling lake derrière la dernière crête

On arrive enfin au lac, après 3h30 en ce qui nous concerne (sur un rythme assez cool et en prenant beaucoup de photos).

L’endroit est vraiment spécial, avec ce lac de cratère qui bouillonne en permanence, vraiment à gros bouillons par endroits, et qui dégage beaucoup de fumée, ce qui fait qu’en fonction du vent le lac disparaît puis réapparait. L’isolement du lieu rajoute une touche à l’ambiance : quand on arrive, ça fait des heures qu’on marche en pleine nature sans avoir croisé personne, on se sent loin de tout !

Le retour se fait par le même chemin. Des fois on trouve que les randos au format aller-retour c’est pas top, mais là ça nous a plu de revoir au retour tout le paysage de la vallée, on a bien apprécié cette deuxième chance d’admirer les lieux ! Au passage on en a profité pour prendre un petit bain dans un bassin d’eau chaude. La température est parfaite, ça fait du bien pour détendre les muscles et calmer un début de douleur au genou (oui ça fait pépé qui parle de ses rhumatismes, mais bon la carcasse vieillit 😊)

A la sortie de la vallée la remontée vers le Morne Nicholls est violente, mais c’est la dernière : on se pose en haut pour le pique-nique et ensuite il reste à redescendre jusqu’à la rivière puis à travers la forêt.

On termine en 7h30, dont 1h30 de pauses diverses (le petit gouter sur le Morne Nicholls à l’aller, la contemplation du lac pendant une bonne demi-heure, le bain dans l’eau chaude et le pique-nique à nouveau en haut du Morne Nicholls au retour, ça finit par chiffrer !).

Au final, cette rando aura été une super expérience, et on a passé une journée inoubliable. Les paysages sont beaux mais aussi atypiques, certains endroits sont lunaires et le fait de les découvrir après un petit effort fait qu’on les apprécie encore plus ! Et puis c’est une journée un peu hors de la réalité : on est loin de tout dans un environnement étonnant, et on aura été totalement seuls toute la journée : sur l’ensemble du parcours on n’a croisé absolument personne, on a été le seul sur ce trail ce jour-là !

On recommande donc vraiment cette rando à tout voyageur de passage en Dominique. Niveau difficulté, à nos yeux c’est une difficulté classique pour une rando de 6-7h avec du dénivelé (donc évidemment il faut être en forme et avoir l’habitude de marcher), mais ni plus ni moins. On le précise parce que les gens du coin ont tendance à être assez alarmistes : on te met quand même pas mal de pression pour monter avec un guide, et on s’était un peu interrogés sur cette question avant de finalement partir seuls. Au final on n’a pas été affolés par la difficulté, ni sur l’aspect physique, ni du point de vue de l’orientation : dans la vallée de la désolation il faut être assez concentré, on a hésité parfois un peu mais on a toujours repéré rapidement le sentier (parfois en s’aidant de maps.me qui a toujours été fiable même si des fois il te voit à 20 mètres près), et globalement la direction est assez claire : c’est tout droit le long du ruisseau, avec un cap sur la grosse fumée du lac qu’on voit derrière une crète. En tout cas il ne faut pas s’imaginer une plaine super vaste où on peut partir dans toutes les directions et se perdre puis tomber dans un trou d’eau bouillante et finir comme l’œuf dur du pique-nique ! Évidemment il ne faut pas aller là où il y a de la fumée qui sort ou de l’eau qui bouillonne, mais c’est pas un champ de mine non plus ! Conclusion, avec ou sans guide c’est à chacun de voir, mais dans tous les cas on vous encourage à vous lancer dans cette rando et à ne pas rater ça !

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.