Martinique

Martinique : journées kayak vers la baignoire de Joséphine et l’Ilet Chancel

Sur la cote Atlantique de la Martinique (à l’Est, donc), au niveau des communes du Robert et surtout du François, on trouve une série d’ilets (des petites iles à quelques kilomètres au large, habitées ou non, certaines protégées pour leur faune et leur flore), entourés par des « fonds blancs », des bandes de sables blanc à une très faibles profondeur, où on a donc pied alors qu’on est plus ou moins en pleine mer !

Une excursion à la découverte de ces merveilles est un des grands classiques d’un voyage en Martinique. Evidemment pour s’y rendre il faut un bateau, et de nombreuses agences proposent différentes formules à la journée ou à la demi-journée, avec différents niveaux de confort et de standing (du petit bateau au catamaran), la sortie « type » incluant le passage au niveau de plusieurs ilets, un arrêt à la « baignoire de Joséphine » avec le repas et (surtout) le planteur (pour l’apéro en pleine mer). Il est aussi possible de rejoindre les ilets en kayak, ce qui est une option très sympa ! Comme on a le nôtre (notre meilleur achat depuis notre arrivée en Martinique !) on a pu organiser notre découverte des ilets en toute autonomie, et on a décidé de les découvrir en plusieurs fois, vu qu’en kayak, même en donnant tout ce qu’on a sur les pagaies, bon on est quand même (un peu) moins rapides qu’en bateau à moteur…

Première journée : les ilets Thiery et Oscar, et la baignoire de Joséphine

Pour cette première journée à la découverte des ilets de la baie du François, on a décidé de partir depuis la pointe Monnerot. En fait on n’a pas choisi par hasard, c’est là qu’il y a un loueur de Canoë-Kayak (Hervé et Magalie, « Kayak des Ilets du François ») dans un recoin isolé de la pointe, et on s’est dit que s’il s’était posé là c’est qu’a priori c’était un bon spot pour se mettre à l’eau. D’ailleurs Hervé est super sympa, quand il nous a vu débarquer avec notre canoë il aurait pu s’agacer qu’on décide de partir juste de chez lui alors qu’on n’a pas besoin de lui louer quoi que ce soit, au lieu de ça au contraire il nous a accueilli chaleureusement, nous a donné plein d’explications et nous a même proposé d’utiliser son point d’eau au retour pour rincer le kayak ! Sur ce il a pris son bateau pour partir à la pêche, et nous on s’est mis à l’eau direction nos ilets !

Il nous a fallu un peu plus d’1h30 pour rejoindre l’ilet Thiery, sur un rythme assez tranquille et en longeant la côte. La traversée se fait sans difficulté particulière, la mer est calme (on est à l’intérieur de la barrière de corail) et il n’y a vraiment aucun danger. En longeant la pointe Monnerot on traverse ensuite sur environ 500 mètres avant de se retrouver le long de l’ilet Métrente, un ilet avec quelques habitations tout en longueur. On n’a donc pas la sensation d’être en pleine mer.

Au bout de cet ilet, on passe devant un ponton avec un petit carbet qui est un bon spot pour un arrêt photo, juste en face des ilets Oscar et Thiery.

Il reste ensuite un petit kilomètre pour arriver sur l’ilet Thiery. L’ilet Oscar est juste en face à peut être 200 mètres, et entre les deux il y a de très beaux fonds blancs (dont la baignoire de Joséphine un peu en arrière). C’est vraiment un superbe endroit, idéal pour une bonne pause pique-nique, planteur et baignade !

Après ce n’est pas un endroit « tranquille » non plus, il y a du monde : pas mal de bateaux se regroupent ici, de tous styles (y compris des « party boat » avec open bar et musique), des groupes de jets sky passent, et puis le grand truc c’est de venir prendre l’apéro sur un fond blanc les fesses dans l’eau (on a même vu des gens équipés de plateaux flottants pour poser l’apéro !). Bref, on n’est pas tout seul, surtout les week-end.

L’envers du décor

Il n’y a pas vraiment de possibilités de balade sur l’ilet (il n’y a pas de sentier), mais par la mer on peut en faire le tour en kayak, en suivant par endroit une sorte de « chemin » de fonds blancs.

En revenant entre les ilets, on se fait l’inévitable arrêt au niveau de la baignoire de Joséphine, qui est le plus célèbre des fonds blancs (même si en réalité il n’est pas le seul à valoir le détour). On a eu la chance d’y arriver à un moment où il n’y avait plus personne (c’est souvent un vrai point de rassemblement), et c’est vrai que c’est marrant de se retrouver avec de l’eau à la taille en « pleine mer » (même si les ilets sont proches), dans une eau chaude et sur un sable blanc…

Après cette pause on a poursuivi par un tour de l’ilet Oscar, plus petit, en faisant un arrêt rapide mais en réalité sur cet ilet non plus il n’y a pas grande chose à faire (c’est une réserve protégée, seule une petite plage est accessible au public, et il y aussi un une maison d’hôte avec son propre ponton).

Enfin c’est l’heure du retour, qui est beaucoup plus rapide que l’aller (à peine plus de 30 minutes en ligne droite), grâce bien sûr à nos bras d’acier (ou alors grâce au courant et au vent qui sont avec nous en revenant ?).

Bilan de la journée : une sortie d’environ 5h et des couleurs plein les yeux !

Après ça, on dégonfle le canoë et on rentre, ça suffit pour aujourd’hui !

Deuxième journée : l’ilet Chancel et ses iguanes

Deux semaines plus tard, on repart, cette fois du Robert, direction l’ilet Chancel. C’est pointe Savane qu’on a choisi pour la mise à l’eau : elle est juste en face de l’ilet et là aussi, il y a plusieurs loueurs de bateaux et kayak. Il y a quelques centaines de mètres à peine à parcourir avant d’atteindre le bout de l’ilet Chancel, mais ce sont quelques centaines de mètres qui comptent puisque, non seulement la vue est déjà très belle mais en plus il y a de très grandes chances de voir des grosses étoiles de mer, dans les zones où il y a peu de fond. On a pu en voir une bonne quinzaine et rien que pour ça le déplacement valait le coup !

On longe ensuite l’ilet Chancel par le côté sud (qui fait 2 km de long), car c’est de ce côté qu’on trouve les quelques points d’accès autorisés (l’Ilet est classé réserve naturelle). Un premier arrêt est possible au niveau d’une ancienne usine sucrière en ruine, remontant à l’époque de l’esclavage. C’est une « habitation » comme il y avait à l’époque, avec les bâtiments de production, les fours et aussi les cases des esclaves, le tout construit en pierre et en corail. Aujourd’hui il ne reste plus grand-chose et la végétation reprends le dessus : les racines des arbres passent partout dans ce qui reste des murs, c’est une ambiance particulière.

C’est aussi dans ce secteur qu’on a le plus de chances de rencontrer les iguanes qui font la réputation de l’Ilet Chancel : l’iguane des petites Antilles, en grand danger d’extinction et qu’on ne retrouve plus que dans de très rares endroits (il est aussi présent à Petite Terre en Guadeloupe).

On a donc débarqué en mode explorateurs et en espérant vraiment réussir à les voir. On a été super contents devant les deux premiers qu’on a pu repérer, qui se baladaient pépères dans les branches d’un arbre. Mais bon ils n’ont pas été très sympas avec nous (ce qui n’est pas cool du tout, vu que nous on venait en paix), surtout quand le premier a décidé brusquement de sauter de l’arbre et de foncer vers nous, évidemment suivi par le deuxième, peut-être (on dit bien peut-être) en raison des hurlements spontanés qui auraient pu nous échapper ! Le bestiau fait quand même un bon 80 centimètres de long et est assez costaud, et voilà que le truc saute de 15 fois sa hauteur et enchaine atterrissage – sprint droit devant (il court trèèèèès vite), pile vers nous ! A ce moment-là, absolument seuls dans ce décor de ruines bouffées par la végétation, on s’est un peu vu dans un remake de Jurassik Park au moment de la charge des vélociraptors (oui oui, au moins tout ça !)… Les iguanes ayant finalement décidés de nous contourner et de poursuivre leur route ailleurs (on a appris ensuite qu’ils ne mangeaient pas les humains -soulagement-), on a pu poursuivre notre exploration tranquillement, tout en veillant à ne jamais oublier que la chose que tu cherches au sol est peut être juste au-dessus de toi, en ce moment même… 

Au final, on a pu en voir une petite dizaine (beaucoup plus cool que les premiers), aussi bien au sol qu’en l’air, dont une femelle, qui se reconnaît à sa couleur vert fluo (alors que les mâles sont de couleur brune). 

Ayant survécu à toutes ces émotions, on a pu réembarquer dans notre kayak et continuer à longer l’ilet jusqu’à notre deuxième étape, la plage Trapèze, LE spot pour le pique-nique et la baignade : c’est une petite plage face à un magnifique fond blanc, qui sépare l’Ilet Chancel d’un second Ilet (Ilet de la grotte) qui lui fait face à 200 mètres environ. Un endroit assez tranquille en ce vendredi, 2-3 bateaux seulement et une classe de lycéens en sortie kayak… pas mal le cours de sport !

Pour le retour, comme pour les Ilets Thierry et Oscar, on est aidé par le courant et on rejoint la côte assez rapidement.

Et voilà pour la découverte de ces premiers ilets… qui ne sont pas les seuls ! Le prochain au programme : l’Ilet Madame, face à la pointe Larose !

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